Getting up together
Chapitre 62
M Cosme on cœur manque d’exploser lorsque j’entends les paroles
d’Ange. Ce n’est pas possible, je dois être en plein rêve. Il
m’a embrassé. Il me dit qu’il me veut. Lui, le mec à lles. Lui, la star des Rosters. Ange Solano. Le garçon que j’aime. Celui qui a bouleversé ma vie entière. Celui qui m’a ouvert les yeux sur qui j’étais. Je n’aurais jamais cru qu’un jour, il me regarderait avec cette lueur de désir qui fait pétiller ses prunelles sombres. Dieu sait pourtant que j’en ai rêvé. Ses lèvres charnues, son parfum musqué, son torse ferme… Ange peuple chacune de mes nuits. Il hante mon esprit et occupe toutes mes pensées. J’ai essayé de l’oublier. Je passe tout mon temps avec Nicholas pour tenter de tomber amoureux de lui et mettre de côté le Mexicain. Mais rien à faire. C’est lui que j’aime, lui et lui seul.
— Tu ne veux pas de moi ? me demande-t-il devant mon silence. Je ne te plais pas ?
Je secoue la tête. Oh, Ange, si tu savais à quel point tu me plais…
— C’est juste que…, bafouillé-je. Pourquoi maintenant ? Est-ce que tu fais ça pour les bonnes raisons ?
— Les bonnes raisons ?
J’acquiesce.
— Explique-moi, réclame-t-il. Qu’est-ce qui te fait peur ?
— Tout, Ange… Je… Pourquoi tu m’embrasses ce soir ? Est-ce que t’as bu ? Est-ce que tu te sens abandonné à cause de Nicholas ? Est-ce que tu veux te faire pardonner pour la dernière fois ?
Une ombre voile son regard et il secoue la tête.
— Non, bien sûr que non !
— Tu en es certain ?
C’est vrai que depuis quelques semaines il me reproche de l’avoir délaissé au pro t de mon petit ami.
— Tu es un mec à meufs, continué-je. Je ne comprends pas pourquoi tu es ici avec moi, ce soir, pourquoi tu m’embrasses... Et, ça me fait peur parce que…
Je souf e doucement. C’est horrible de se mettre à nu. Pourtant, c’est Ange. La personne qui me connaît le mieux. En à peine un an, il est devenu mon meilleur ami, mon con dent, mon tout. Mais ce que je m’apprête à lui dire, j’avais pensé le garder en moi jusqu’à la n de mes jours. Pour protéger notre amitié.
— Quoi ? Parle-moi, Cosme.
Ses doigts viennent caresser ma bouche encore pleine de son baiser. Sa peau est brûlante, sans doute tout autant que la mienne.
— Je suis amoureux de toi, Ange. Depuis un bon moment déjà…, lui con é-je. C’est en prenant conscience de mes sentiments pour toi que j’ai compris que j’étais attiré par les garçons.
Je m’interromps, un peu mal à l’aise. Ce n’est pas une discussion que j’imaginais avoir avec lui. Lui avouer que je bandais à chaque fois qu’il s’approchait de moi, qu’il me frôlait ou que je regardais son torse.
— Je me suis mis avec Nicholas pour essayer, chuchoté-je. Mais dans ses bras, c’est à toi que je pense. Tout le temps. Ça me fait mal tellement je t’aime. J’imaginais que je n’aurais jamais le droit de te dire tout ça. Que je devrais vivre avec mes sentiments enfouis en moi pour toujours.
Je me mords la lèvre et hausse les épaules.
— Si tu joues avec moi juste parce que tu es jaloux de Nich ou n’importe quel autre truc, je ne sais pas, c’est le moment d’arrêter là, décrété-je. Tu peux aller te coucher, on ne parlera jamais de ce qui est arrivé ce soir et on oubliera tout ça. Mais si tu éprouves vraiment quelque chose pour moi…
Il ne me laisse pas nir ma phrase. Une fois de plus, il prend possession avec avidité de ma bouche pour la faire sienne. J’ai l’impression d’être un prisonnier privé de liberté trop longtemps qui sort en n et affronte la lumière du jour. J’en ai presque les jambes qui ageolent. Je m’accroche à son cou et mon corps se colle au sien.
— Cosme, souf e-t-il entre mes lèvres. Je t’aime. Je ne sais pas comment c’est arrivé, pourquoi je ressens un tel truc, mais je t’aime et je te veux. Plus que je n’ai jamais voulu quelqu’un.
Je m’écarte de lui. Ses prunelles sombres sont voilées par un désir incertain. Il semble aussi paumé que moi.
— J’ai un peu peur, Cosme, poursuit-il. C’est nouveau tout ça pour moi.
— Le fait que je sois un mec, deviné-je sans peine.
Il opine et je hausse les épaules.
— J’ai eu peur en prenant conscience que j’étais en train de tomber amoureux de toi. Pendant plusieurs semaines, des mois même, j’ai préféré faire l’autruche et me cacher la vérité. Me persuader que ce n’était que de l’amitié.
— Sauf que c’est plus que ça… Même Isma m’a demandé s’il y avait un truc entre nous.
Surpris, je le dévisage.
— T’as répondu quoi ?
— Qu’il était fou, qu’il se faisait des lms. Mais au fond de moi, je sentais qu’il avait visé juste.
Il me xe de nouveau et l’intensité de son regard me fait perdre pied. J’aime tellement ses yeux. Cette fois, c’est moi qui mets n à la distance entre nos deux visages. Je veux qu’il m’embrasse comme si nous allions crever demain. Je le désire, lui, tout entier.
Il me pousse doucement jusqu’à ce que je tombe sur mon lit. Son corps se dresse au-dessus du mien. Il ôte son tee-shirt et le jette par terre. Sa respiration est saccadée, la mienne aussi, je crois. Il se laisse rouler sur le côté et pose sa tête sur mon torse déjà nu. Ses doigts viennent caresser ma peau et il lâche un soupir d’aise.
— Je devrais trouver ça bizarre, mais en fait c’est comme si j’étais là où je devais être, me dit-il.
— Moi aussi, murmuré-je. J’ai tellement rêvé de goûter tes lèvres, de sentir ton corps contre le mien, t’imagines pas…
— Maintenant, si, pouffe-t-il avant de poser sa bouche dans mon cou.
Un frisson me parcourt. C’est fou, l’effet qu’il me fait. C’est différent avec Nicholas. C’est bon, mais pas si fort ni intense. Ange, c’est ma Kryptonite, ma faiblesse, ma force aussi. C’est contradictoire. Il est tout ce dont j’ai besoin. Tout ce que j’aime. Tout ce que je déteste pourtant. Quand je pense que, l’an dernier, je ne pouvais pas le supporter. J’aurais voulu qu’il se barre d’ici, sorte de ma vie et arrête de me faire chier avec ses potes. Et aujourd’hui… Il est en train d’embrasser chaque parcelle de ma peau, mes doigts se perdent dans ses cheveux un peu trop longs et j’en redemande.
— Ange, susurré-je. Je… J’ai envie de toi. J’ai envie de toi, tout entier. Promets-moi que tu ne m’abandonneras pas. Jamais.
Il se redresse, plus sérieux. J’ai déjà froid sans ses lèvres sur mon torse.
— J’ai besoin de toi, Cosme. Je trébuche sans toi. Tu es mon roc, mon phare, mon repère.
Il esquisse un sourire et hausse les épaules.
— Je me sens un peu faiblard de te balancer ça, mais c’est la vérité. Grâce à toi, j’ai l’impression de devenir l’homme que je veux être. L’alcool, la violence… Avec toi à mes côtés, je peux gérer. Je peux tout supporter.
— Et je suis là pour ça, af rmé-je.
— Putain, je ne sais pas ce que tu m’as fait, mais je t’aime. Je n’ai jamais ressenti un truc aussi fort. C’est fou.
— Alors, embrasse-moi encore, lui demandé-je. Montre-moi comment tu m’aimes.
Il sourit et se tourne vers moi. Ses lèvres goûtent de nouveau aux miennes. Mes bras se nouent à son cou et je me colle à lui. Bordel, je sens comme il a envie de moi. Autant que moi. Et c’est bon. C’est la meilleure sensation au monde, je peux l’af rmer. On s’embrasse. Encore et encore. Je ne savais pas que c’était possible d’avoir autant de souf e. Et que c’était aussi délicieux.
Il nit par s’écarter et pose ses prunelles sur moi.
— Tu crois qu’on peut prendre notre temps ? me demande-t-il, soudain plus timide. C’est nouveau pour moi… J’ai envie, mais… Ça me fait un peu peur.
Je ris devant sa gêne évidente.
— Pour être tout à fait honnête, je n’ai jamais été jusqu’au bout avec Nicholas, confessé-je. Alors ça me va. Petit à petit ?
Il hoche la tête.
— Oui, parfait. Pas trop lentement quand même, hein ? Je suis une bête de sexe.
Je lève les yeux au ciel. Ange Solano reste celui que j’ai toujours connu. Et c’est ce que j’aime.
— Et j’ai hâte que tu me montres tout ce que tu sais faire, plaisanté-je.
Je l’attire contre moi et le serre contre mon torse.
— On dort un peu ? proposé-je.
Il acquiesce et s’installe plus confortablement.
— Donne-moi ta main, quémande-t-il.
Ses doigts se nouent aux miens. Il ferme les yeux. Très vite, il sombre dans le sommeil. L’émotion de cette soirée sans doute. Un peu de tout. J’observe ses traits qui se détendent et souris. Il est beau. Et il m’aime. Tout autant que je l’aime. J’ai du mal à le croire. Jamais je n’aurais pensé que ce serait possible, que je m’endormirais dans ses bras, contre lui. Bordel, qu’est-ce que j’aime ce type.
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