Getting up together
Chapitre 61
J Ange e glisse ma clé dans la serrure. Tiens, la porte n’est pas
fermée. Pourtant, il est déjà tard.
J’ai ni l’entraînement à vingt-deux heures et nous sommes allés manger un truc avec Wes et Isma. Je ne pensais pas rester longtemps, mais il est presque deux heures du matin !
La lumière est allumée dans la cuisine.
Spontanément, je m’y dirige. Un verre d’eau après tout ce gras ne serait pas de refus.
Lorsque j’aperçois Cosme, de dos, en train de boire du lait à même la bouteille, j’esquisse un sourire attendri. Je suis heureux de le voir.
Depuis la grosse dispute que nous avons eue il y a plus d’une semaine, il s’est éloigné de moi. Et je déteste ça. Je m’en suis même ouvert à Tyler. La souffrance comprimait mon cœur à un tel point que j’avais l’impression de manquer d’air.
Mais petit à petit, je sens le jeune homme s’adoucir. Revenir vers moi. Parfois un peu mal à l’aise ou sur la défensive. Comme s’il craignait une nouvelle attaque de ma part. Il faut dire que j’ai été violent la dernière fois. Je l’ai traité de tapette.
Sous l’emprise de l’alcool, je n’ai pas mesuré mes mots ni mes actes. Je l’ai repoussé parce que sa main a ef euré mon épaule. J’ai pété un câble parce que je commençais à me poser des questions sur ce que j’éprouvais pour lui. Suite à ma discussion avec Tyler, j’ai beaucoup cogité. Sans oublier Isma à la soirée qui m’a demandé ce qu’il y avait entre Cosme et moi, conscient que notre amitié était sans doute plus ambiguë que ce que je voulais croire.
Merde, je suis vraiment tombé amoureux de lui. Moi. Ange Solano, le mec le plus dragueur du lycée, celui qui sautait sur toutes les lles potables, me voilà en train de mater Cosme Salinger et de me rendre compte que j’ai envie de le serrer contre moi.
— Salut…
Il se retourne brusquement et laisse presque échapper la bouteille.
— Ah, tu es là, se contente-t-il de me dire. Ça a été l’entraînement ?
— Oui, nickel. Mais je rêve de me poser un peu. On a été bouffer avec Isma et Wes. Et toi, ta soirée ?
Il hésite un instant avant de hausser les épaules.
— Plutôt cool, j’étais avec Nicholas.
Il prononce son nom à voix basse comme s’il avait honte. Depuis notre dispute, j’ai remarqué qu’il se con ait moins à moi, surtout au sujet de son homosexualité. Il doit penser qu’une part de moi ne le tolère pas. S’il savait…
Car à ce moment précis, le seul sentiment qui me vient lorsqu’il évoque son mec, ce n’est pas du dégoût, mais de la jalousie. Au début, j’ai tenté d’expliquer cette sensation par le fait que Cosme et moi étions sans cesse fourrés ensemble et que cette relation l’éloignait un peu de moi. Mais je dois admettre la vérité. Je déteste tout simplement l’idée qu’il embrasse Nicholas. Qu’il le désire. Je souhaiterais qu’il n’y ait que moi.
C’est égoïste et puéril, j’en suis conscient, mais je suis incapable de réfréner ce que je ressens.
— Tu veux un truc ? me propose-t-il.
— Un verre d’eau, s’il te plaît, réclamé-je.
Après l’entraînement, j’ai besoin de m’hydrater. Une fois de plus, j’ai tout donné pour être au top de ma forme. Le coach m’a félicité d’ailleurs ! Selon lui, je vais tout déchirer au prochain match !
Il me sert et attrape le paquet de gâteaux. Après avoir croqué dans un biscuit, il se tourne vers moi avec un sourire.
— Alors ça a été ton entraînement ? me demande Cosme.
— Et ta soirée ? me contenté-je de lui dire. Nicholas va bien ?
Ma voix est sèche. Bien plus que je ne le voulais. Il me regarde d’ailleurs avec étonnement et hausse les épaules.
— Oui très bien, pourquoi ?
— Tu passes tout ton temps avec lui !
Cosme arque les sourcils et s’approche de moi. Il pose le paquet de gâteaux sur le comptoir avant de me faire face.
— Et alors ? Depuis quand ça te dérange ? De toute façon, je sais très bien que tu n’approuves pas ma relation.
— Pas du tout ! Je l’aime pas, lui, c’est différent ! grondé-je.
Devant mon ton agressif et ma stature qui le domine de toute ma hauteur, il recule. Une fois de plus, il a peur de moi. Merde. C’est pas ce que je voulais.
— Cosme…, murmuré-je. Je… Putain, je suis con. Désolé…
— Qu’est-ce que t’as ? Je croyais qu’on avait dépassé ça, souf e-t-il. Qu’on essayait de tourner la page sur la dispute de la dernière fois.
J’acquiesce, mais ne dis rien. Après avoir vidé mon verre d’un trait, je le repose sur la table sans affronter le regard du jeune homme. L’émotion embrouille mes pensées. Tout se mélange.
— Ange ? insiste-t-il. Parle-moi.
— Nicholas, chuchoté-je.
— Quoi, Nicholas ?
— Tu… Tu passes ton temps avec lui, répété-je.
Il pince les lèvres. Une ombre voile son regard tandis qu’il soupire.
— Et alors ? C’est mon mec, rétorque-t-il à voix basse. C’est normal.
— Je… Tu me manques, Cosme. J’ai besoin de toi.
Il se rapproche de moi d’un pas vif. Sa main se pose sur mon avant-bras et il secoue la tête.
— Je ne t’abandonne pas, Ange. Jamais. Je te l’ai promis. C’est juste que…
Il semble hésiter un instant. Ses doigts se glissent sur ma joue pour essuyer une larme que je n’avais pas senti couler.
— C’est compliqué, ajoute-t-il. Mais, je suis là. Si tu as besoin de moi, tu m’appelles. Tu m’envoies un message. Peu importe ce que je fais, où je suis, avec qui, je viendrai.
— Tu ne m’abandonneras pas ? Malgré ce qu’il s’est passé la dernière fois ?
— Pas tant que je suis sur cette planète, me répond-il après quelques secondes. Pas tant que tu me voudras dans ta vie.
— Je t’aime, Cosme. Bordel, je t’aime.
Sans ré échir davantage, je m’empare de son visage et ma bouche se colle à la sienne. Je sens un petit hoquet de surprise lui échapper. Il ne s’attendait pas à ça. Moi non plus ! C’est un foutoir incroyable dans mon cerveau, mais je n’ai plus envie que ça s’arrête. Rapidement, ma langue force la barrière de ses lèvres pour aller à la rencontre de la sienne. Il ne tarde pas à répondre à mon baiser avec la même avidité. Putain, c’est trop bon. Je n’aurais jamais cru que je pourrais apprécier à ce point-là embrasser un mec. En fait, ça ne m’a jamais traversé l’esprit avant Cosme.
Au bout de quelques secondes, il s’écarte de moi. Dérouté, il me contemple avec interrogation.
— Qu’est-ce que tu fous ? chuchote-t-il d’une voix hachée.
Je secoue la tête et l’attrape pour le coller de nouveau contre moi. J’ai besoin de le sentir. Ma bouche s’égare tout près de son oreille.
— Je ne sais pas, Cosme. Je suis complètement paumé. La seule chose dont je suis certain là, c’est que je veux t’embrasser encore.
Je dépose mes lèvres dans le creux de son cou. Il réagit. Un simple frisson qui semble le traverser. Son regard est voilé par le désir. Cela devrait m’effrayer, mais c’est tout le contraire. J’ai envie de lui moi aussi. Je crève de découvrir son corps, de le caresser, de le parsemer de baisers. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Quand est-ce que je me suis mis à fantasmer sur Cosme Salinger ?
— Ange…
Sa façon de prononcer mon prénom, cette voix rauque, il n’en faut pas plus pour que je le fasse taire en plaquant de nouveau mes lèvres contre les siennes.
— Laisse-toi faire, murmuré-je.
Je lui attrape la main et l’entraîne dans sa chambre. Après avoir refermé la porte, je me tourne vers lui et lui adresse un sourire un peu timide. Je ne suis pas si à l’aise que ça en fait. C’est la première fois que j’embrasse un mec. En n, la deuxième si on compte notre baiser de la Saint-Valentin ! Je m’approche de lui et caresse avec douceur sa joue.
— Cosme… Je…
Il se mord la lèvre inférieure. Ses prunelles claires sont posées sur moi et ne me quittent pas.
— Ange, t’es sûr de toi ? me questionne-t-il. Tu ne vas pas te réveiller demain et me dévisager comme si j’étais un monstre ? Me dire que tu n’aurais jamais dû m’embrasser ? Parce que…
Il baisse les yeux et soupire.
— La dernière fois, tu m’as insulté… Et… C’était dur…
Mon cœur se serre devant la tristesse qui envahit soudain son regard.
— Puis, je ne supporterai pas qu’on revienne en arrière si on avance encore d’un pas, toi et moi, poursuit-il.
Je secoue la tête et attrape son menton entre mes doigts pour le forcer à me faire face de nouveau.
— Cosme Salinger, je te veux, déclaré-je. Ouais, ça me fait ipper. Je ne comprends rien à ce que je ressens. Je ne vais pas te mentir. Mais je suis sûr à trois cents pour cent que je te désire !
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