Le royaume de cristal

Amanda Hocking · Chapitre 31 sur 80

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Le royaume de cristal

Chapitre trente et un

TRENTE ET UN

 

Angoisse

 

U ne douleur fulgurante. C’est ce qui me réveillait sans cesse. Je n’avais pas souvenir d’avoir été éveillée ou endormie. Tout n’était qu’une vive douleur floue.

Mon flanc droit me donnait l’impression d’être en feu, comme si on m’avait ouverte pour me remplir de charbons ardents, et une douleur sourde battait dans ma tête, au-dessus de mon œil droit. Je me souvenais d’avoir été secouée. Mon corps ballotté dans tous les sens, en dehors de mon contrôle.

À un moment donné, je devins suffisamment alerte pour comprendre que j’étais étendue à l’arrière du VUS. Dans le siège du conducteur, Ulla regardait sans cesse par-dessus son épaule en me disant que tout irait bien.

Je m’efforçais de lui dire que j’allais bien et qu’elle ne devait pas s’en faire, mais je n’arrivais qu’à émettre un étrange gargouillement. Je n’arrêtais pas de me dire que je risquais de mourir, mais chaque fois, la douleur s’intensifiait, brouillant mes pensées.

Après un moment, cinq minutes ou cinq heures, je ne sais pas, le VUS s’arrêta, et je roulai en avant, ce qui me fit suffisamment mal pour que je pousse un cri de douleur.

Ulla s’excusa en me demandant si tout allait bien, mais avant de pouvoir lui répondre (je doutais de toute façon d’avoir été en mesure d’articuler une réponse), la portière du côté conducteur s’ouvrit, et une voix d’homme se fit entendre.

— Qui es-tu ? demanda l’homme.

— Qui es-tu ? répliqua Ulla.

— Où est Bryn ? demanda l’homme.

C’est à ce moment que je perdis connaissance.

Je voulais rester consciente et découvrir ce qui se passait, mais la douleur était atroce. Elle enveloppa tout, et ma vision s’estompa.

Puis, je sentis une main sur mon visage, forte et froide sur ma peau. Je luttai pour ouvrir les yeux, mais mon œil droit refusait d’obéir. La vision de mon œil gauche se précisa lentement, et je vis un visage flotter au-dessus de moi.

Des yeux gris sombre remplis d’inquiétude, des boucles noires qui tombaient en avant. Il me fallut un instant pour comprendre qu’il s’agissait de Konstantin.

— Oh, petit lapin blanc. Qu’as-tu fait ? murmura-t-il.

— Vais-je mourir ? parvins-je à souffler d’une voix beaucoup trop faible pour être la mienne.

— Non, je ne te laisserai pas mourir, me promit Konstantin. Plus vite ! lança-t-il à Ulla. Nous devons y être maintenant.

Il souleva doucement ma tête pour la poser sur ses genoux. J’avais toujours mal, mais je tâchai de masquer ma grimace du mieux que je le pus. Il prit ma main dans la sienne, et je sentis qu’elle était poisseuse de sang.

— Serre ma main si tu as trop mal, dit-il.

Je voulais lui dire que j’avais toujours trop mal, que la douleur était tellement intense que j’avais l’impression de suffoquer, de me noyer dans une mer de feu, mais je n’y arrivai pas. Je serrai sa main en attendant que l’obscurité m’enveloppe à nouveau.

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