Le royaume de cristal

Amanda Hocking · Chapitre 74 sur 80

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Le royaume de cristal

Chapitre soixante-quatorze

SOIXANTE-QUATORZE

 

Piégée

 

L es draperies de velours blanc le long des murs se mirent à onduler, et une douzaine d’hommes vêtus de noir, des soldats de Viktor qui s’étaient cachés dans l’espace entre le tissu et le mur de pierre froide, s’avancèrent.

Derrière Konstantin et moi, les portes se fermèrent brusquement. Viktor jeta la tête en arrière et éclata de rire, ses longs cheveux noirs ondulants au rythme de son rire. Une longue cicatrice rouge courait sur son visage, juste au-dessus de son œil gauche, pour descendre sur sa joue droite, un souvenir du père de Ridley avant que Viktor ne le tue.

— Le fils prodigue revient à moi, dit Viktor avec un large sourire en s’adressant à Konstantin.

— Je n’ai jamais été ton fils, cracha Konstantin.

Je me tenais prête, épée à la main, attendant que les soldats de Viktor attaquent, mais Konstantin restait debout, épée dans son fourreau, le regard fixé sur Viktor.

Le sourire de Viktor s’effaça enfin.

— Je t’ai dit ce qui t’arriverait si tu venais à nous trahir. Et je savais que tu reviendrais pour recevoir ton châtiment.

— Non, rétorqua Konstantin en secouant la tête et en pointant Viktor de son épée. Je t’avais dit que je reviendrais un jour pour te punir.

— Assez, gronda Viktor. Capturez-les. La reine veut les torturer elle-même.

Les soldats s’avancèrent vers nous. Je me plantai dos à dos avec Konstantin. L’étroitesse de la pièce constituait notre seul avantage, ce qui nous permettait de compter l’un sur l’autre. Sans oublier le fait que Konstantin était le meilleur épéiste que je connaissais.

Je mis de côté ma peur, l’inquiétude que j’éprouvais pour Ridley, ma colère à l’égard de Viktor et Mina. Je vidai ma tête, et quand un soldat abattit son arme sur moi, je réagis uniquement par instinct. Je laissai mon corps bouger naturellement, comme il avait été formé, bloquant toutes les attaques, plongeant quand je voyais une ouverture.

Du coin de l’œil, je continuais de chercher un moyen de libérer Ridley tandis que nous tournoyions dans la pièce en combattant les soldats à mesure qu’ils nous attaquaient. La cage était suspendue au plafond par une longue chaîne, et je trouvai enfin l’endroit où elle était fixée au mur, entre les draperies.

Viktor était assis sur le trône au centre de la salle, et il nous regardait comme si nous lui avions offert un spectacle pour le divertir. Je compris alors amèrement que c’était précisément ce que nous étions en train de faire. Il avait préparé cette mise en scène dans l’espoir de piéger Konstantin ou moi et il avait eu la chance de nous attraper tous les deux.

Au-dessus de moi, j’entendis la cage secouée, et en levant les yeux, j’aperçus que l’oiseau s’était envolé quand Ridley s’était mis à faire basculer sa cage en se servant de son poids, tendant la chaîne fixée au mur de brique.

La cage servait normalement à garder des colombes, que Mina relâchait durant les cérémonies spéciales. Elle n’avait pas été conçue pour soutenir le poids de Ridley.

— Bryn ! s’écria Konstantin en essayant d’attirer mon attention sur le combat.

Je me retournai et vis un soldat foncer sur moi. Je le frappai d’un coup de pied dans l’estomac pour l’envoyer valser contre le mur. Il lâcha son épée, qui tomba par terre. Je courus jusqu’à lui avant qu’il n’ait le temps de se relever et je le transperçai de mon arme.

Je regardai autour de moi et constatai que le sol était jonché de cadavres. L’expression satisfaite de Viktor s’était transformée en rictus de colère. Nous avions tué tous ses hommes sauf trois, et Konstantin s’occupait de deux d’entre eux.

Le troisième courut vers moi, et je me jetai sur lui en plongeant mon épée dans son ventre. Ridley poussa soudain un cri d’avertissement, et avant même que j’aie le temps de réfléchir, sa cage tomba à quelques centimètres de moi.

Je plongeai hors de danger, évitant de justesse d’être écrasée sous la cage de métal, mais je lâchai mon épée dans le mouvement. La cage rebondit sur les cadavres et alla heurter bruyamment le mur.

Je courus aider Ridley à ouvrir la porte, mais il blêmit en prenant une expression horrifiée.

— Attention, Bryn ! s’écria-t-il.

Je fis volte-face, juste à temps pour voir Viktor derrière moi, épée ensanglantée à la main.

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