Le royaume de cristal

Amanda Hocking · Chapitre 75 sur 80

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Le royaume de cristal

Chapitre soixante-quinze

SOIXANTE-QUINZE

 

Représailles

 

J e sentis la pointe acérée de l’épée déchirer mes vêtements et percer la chair tendre sur le côté gauche de mon abdomen, juste au-dessus de ma hanche. Je reculai en titubant, les yeux à la recherche de mon épée. Konstantin était occupé à achever le dernier homme de Viktor à l’autre extrémité de la pièce et ne pouvait pas me lancer une arme.

Viktor me lança un sourire méprisant. Je vis alors mon épée, son manche taché de rouge, à quelques mètres sur ma gauche, directement à côté de la cage. Je m’apprêtais à tenter ma chance, mais Ridley ouvrit la porte de la cage d’un coup de pied, puis il en émergea et s’approcha de Viktor pour lui barrer la route.

— Assez joué, cracha Viktor. Finissons-en.

Il se jeta sur Ridley, qui esquiva son attaque d’un bond de côté en l’agrippant par le bras. Ridley lui tordit le poignet dans le dos, et même lorsque Viktor eut finalement lâché son épée, il continua de lui tordre le bras jusqu’à ce que les os de sa main et de son poignet émettent un craquement audible.

Viktor était plus grand que Ridley, mais il était aussi plus vieux et moins en forme. Je savais que Ridley ne le laisserait pas reprendre le dessus.

Viktor poussa un grognement de douleur, et Ridley le lâcha pour le laisser se relever.

— Je croyais que tu voulais en finir, vieil homme, cracha Ridley tandis que Viktor s’éloignait de lui en reculant.

— Rien n’est encore terminé, lui assura Viktor en lui lançant un sourire tordu.

Ridley s’approcha de lui et le fit trébucher d’un coup de pied dans les jambes. Viktor s’écroula sur le corps de ses soldats morts, étendu dans une position inconfortable, dos courbé sur la pile de cadavres, tête contre le plancher de pierre froide.

Ridley sauta sur Viktor et l’agrippa par ses cheveux graisseux, puis il frappa sa tête contre le plancher à trois reprises. Viktor n’était pas mort, pas encore du moins, mais il ne bougeait plus.

— Ça, c’était pour Bryn, dit Ridley en se relevant.

La cicatrice sur ma tempe, que Viktor m’avait infligée en frappant ma tête contre un mur de pierre, sembla pulser pour signifier son accord.

Konstantin avait tué les deux derniers hommes de Viktor, et il reprenait son souffle à l’autre extrémité de la pièce. Comme Viktor était hors d’état de nuire, Ridley se tourna vers moi.

— Est-ce que ça va ? me demanda-t-il en regardant mon chemisier taché de sang.

— Oui, ce n’est qu’une blessure superficielle.

Pourtant, la blessure était beaucoup plus douloureuse que je ne voulais le laisser paraître.

— Et toi, ça va ? lui demandai-je en montrant sa chemise déboutonnée qui laissait entrevoir des ecchymoses sur tout son corps.

— Hé, fit Konstantin en nous interrompant.

Nous nous tournâmes vers lui, et il lança son épée à Ridley, qui l’attrapa facilement. Je vis alors que Viktor Dålig s’était relevé et qu’il s’approchait de nous d’un pas chancelant. Du sang coulait le long de son visage, mais il avait ramassé une épée, qu’il maniait tant bien que mal de sa main gauche, celle que Ridley n’avait pas cassée.

Ridley s’approcha de Viktor, qui voulut l’attaquer, mais Ridley riposta en lui faisant lâcher son arme. Viktor releva la tête bien haut et se mit à rire.

— Qu’y a-t-il de si drôle ? lui demanda Ridley.

— J’aurais dû te tuer dès que Helge t’a amené ici, répondit Viktor sans arrêter de rire. J’aurais dû te découper, comme je l’ai fait pour ton père.

Ce furent les dernières paroles de Viktor. Ridley lui enfonça son épée dans le ventre. Viktor tomba à la renverse et s’effondra sur le trône. Il poussa quelques soupirs rauques et mourut.

— Et ça, c’était pour mon père, lança Ridley.

— Il serait fier de toi, lui dis-je pour le réconforter.

Ridley se tourna en posant un regard sombre sur moi. Je me redressai en appuyant d’une main sur la blessure que m’avait infligée Viktor. Ridley posa doucement sa main sur mon visage.

— Tu es certaine que ça va ? me demanda-t-il.

— Ouais, répondis-je en souriant. Si tu vas bien, je vais bien.

Konstantin reprit son épée et l’essuya sur sa chemise, puis il se tourna vers nous.

— Poursuivons, vous voulez bien ? Il reste encore beaucoup d’ennemis à éliminer.

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