Acadissima
La guignolée
D ans la noirceur, Jean-Baptiste s’installa sur les bottes de paille. Il étendit l’une des couvertures sur ses jambes et s’enroula dans l’autre, comme dans une cape. Il enleva ses bottes détrempées et ses chaussettes
mouillées. Il passa ses doigts sur ses orteils, ils étaient comme du bois. Il
couvrit ses pieds de ses deux mains. Il était presque incapable de bouger ses
orteils. Il savait qu’il devait absolument les mouvoir, sinon il les perdrait.
Les chevaux étaient indifférents à ses préoccupations. Ils donnaient de
temps en temps un coup de sabot. Jean-Baptiste entendait leurs grosses
mâchoires crisser. Il ramena, autant qu’il put, ses pieds vers ses cuisses et,
les tenant dans ses mains, tenta de les réchauffer. Parfois, il piochait dans sa
besace et, lentement, mastiquait un biscuit de Tonine. Les biscuits goûtaient
le sucre d’érable, elle n’avait pas lésiné, la servante du docteur. Est-ce que
le docteur les aimait, ces biscuits sans sucre ?
Jean-Baptiste posa sa besace sous sa tête. Recroquevillé dans les
couvertures, il somnola une partie de la nuit. Des aiguilles lui lacéraient les
pieds. C’était comme s’il les avait enfoncés dans une fourmilière et que ces
petites ouvrières s’activaient à le piquer voracement, chacune équipée d’un
dard féroce. Elles attaquaient, grouillantes, rapides, enveloppantes,
douloureusement éparpillées. Elles s’insinuaient entre les plis les plus
étroits, poussant à l’intérieur sur des vaisseaux ténus. Épuisé, Jean-Baptiste
se laissa dévorer. Parfois, il sentait le souffle d’une grosse baleine, il hochait
la tête pour ne pas avaler l’écume de mer, celle des chevaux qui bavaient sur lui. Durant la nuit, le vent s’affala. On n’entendit plus que le souffle des
chevaux.
Jean-Baptiste rêva que ses pieds étaient pris en tenailles dans un piège à
ours. La douleur le réveillait, puis il retombait dans une sorte de torpeur.
Sans cesse, il essayait de bouger ses orteils. Il remontait la couverture sur
son cou, replaçait sa tuque jusqu’au bas de ses oreilles durcies. Il pensait
qu’un brin de paille lui agaçait les narines, mais c’était sa peau qui dégelait.
Il crut entendre des bruits. Non ? Pourtant si, c’était bien le son de
grelots qui tintaient joyeusement. Il se réveilla, aussitôt ses pieds lui
lancèrent des flèches incandescentes. Il grommela. Les chevaux battaient du
sabot. Il y eut un hennissement dehors, les chevaux s’agitèrent. Le jour était
levé, depuis quand ? Il devait être tôt le matin, ou le ciel était-il encore
couvert ? Il n’y avait plus de vent. Les grelots cessèrent. Jean-Baptiste
entendit des bruits de pas sur la neige.
Il posa ses jambes sur le sol. Il tenta de se lever, il ne semblait pas
commander à ses pieds de bois.
Un homme l’observait. Jean-Baptiste voyait sa silhouette à contre-jour.
La forme trapue, massive, le manteau, les grosses mitaines, tout se fondait
dans la lueur de l’aube qui l’éclairait par en arrière.
— Baptême ! Qu’est-ce que tu fas icitte toué ?
La voix était métallique, brutale, méchante.
— Me suis égaré.
— C’est pas une raison pour être icitte !
Jean-Baptiste ne répondit pas.
— Dehors ! Dégage !
Les pieds de Jean-Baptiste étaient lourds, broyés.
— Debout !
Jean-Baptiste ne pouvait se lever.
— Debout, j’te dis. Pas de vagabonds icitte !
— J’ai les pieds gelés.
— Hein ?
L’homme entra davantage dans la grange. Il observa.
— T’es qui, toué ?
— Jean-Baptiste à Jeanne et Alcide. Je viens de Fond-des-Brisants.
— Pis moi, suis le roé de France.
— Je viens de Fond-des-Brisants, répéta Jean-Baptiste.
— Ah ! dit-il en faisant la moue. T’as l’air mal amanché. T’as pas viré
une brosse hier ? T’as pas trouvé mon gin, toujours ? Aussitôt, l’homme se
dirigea vers un recoin de la grange. Il revint rassuré.
— Bon, ben, tu vas pas passer la journée à te prélasser comme ça. J’vais
t’amener chez le docteur. Faudrait que tu t’accotes à moi jusqu’à la carriole.
Les chevaux, j’vous vois tantôt. Il les tapota et s’avança vers Jean-Baptiste.
— Laisse faire ton barda, j’reviendrai l’prendre.
La voix était plus douce.
Jean-Baptiste plaça ses pieds dans les bottes raides comme des pierres.
Il passa son manteau, sa tuque et ses mitaines, raides, elles aussi.
En claudiquant et en criant intérieurement, Jean-Baptiste, appuyé sur
l’homme, réussit à atteindre la carriole. La blancheur du jour surprit Jean-
Baptiste, il cligna des yeux. L’homme lui mit une couverture sur les jambes.
— Monsieur le prince est installé, m’en vas quérir vos hardes.
Il revint avec la besace, les chaussettes.
— Elles sont dures comme du bois… Hey, le jeune ! Respire ! T’es
blême. Respire, târieu ! Tu vas pas t’évanouir, hein ? Respire, tu m’entends
! C’est ça. Bon. C’est mieux. Encore ! T’es donc ben faible. Pas de temps à
perdre.
Il donna un coup de guides et le cheval tira la carriole. Jean-Baptiste
avait les yeux mi-clos, l’homme ne savait si c’était la lumière qui
l’aveuglait ou la mort qui rôdait.
— Envoye, Souveraine ! Envoye de l’avant !
La puissante jument sentait-elle l’urgence ? La carriole glissait
fougueusement sur la neige. Les grelots tintaient, c’était joyeux, le ciel était
clair, la neige passait du rose de l’aurore au bleu du ciel. Piligan était en
avant, le clocher était bien en vue, à moins d’un mille. Jean-Baptiste ne se
rendait compte de rien. Il avait tout donné, ses forces le lâchaient. L’homme
était inquiet. C’est à la plus vive allure que la carriole fonça vers la maison
du docteur. Souveraine s’arrêta. Jean-Baptiste sembla retrouver un peu ses
esprits.
— Ben, ce que tu m’as fait peur, toué, ça va ?
Jean-Baptiste cligna des yeux, hocha faiblement de la tête.
— Ouais, bouge pas, je vais chercher de l’aide.
Que se passa-t-il ensuite ? Quelle heure était-il ? Jean-Baptiste était
étendu dans le cabinet du docteur qui, penché sur lui, examinait ses pieds.
— Ah ! Tu reviens à nous, Jean-Baptiste ?
— Me suis égaré, la tempête.
— Tes pieds ? Les sens-tu ?
— Un p’tit peu.
— Un p’tit peu, c’est mieux que pas. Peux-tu les bouger ?
— J’essaie.
— Essaie encore.
— Bon, c’est pas si pire, affirma le docteur. Il toucha les orteils.
— C’est sensible ?
— Un peu.
— Excellent. Es-tu capable de te mettre debout ?
— Sur les talons.
— Parfait, je te conduis à la cuisine. Tonine va s’occuper de toi, je
passerai te voir plus tard.
— Merci, docteur.
— Mets cette robe de chambre. On se revoit.
Faible, l’esprit et le corps chancelants, Jean-Baptiste boita sur les talons
vers la cuisine.
Tonine s’affairait au fourneau, rangeait sa table de travail.
— Bon, pour ta première journée de travail, t’es matinal à matin !
Vacillant, près de s’évanouir, Jean-Baptiste hocha de la tête. Il faisait
très attention de ne pas se cogner les orteils.
— Je suis au courant. Bon, étends tes jambes sur les bûches. Ne les
colle pas au poêle ! Tu es tellement insensible que tu risquerais de te les
brûler. Ça picote ?
— Pas mal.
— Ça picote, c’est bon ! dit en souriant Tonine. T’es maigre comme un
pet. Faut que tu te remplumes. Je vais te préparer un bouillon. Pis après, tu
pourras t’allonger dans le banc de quêteux, dans l’arrière-cuisine, là ousque
dort parfois Armand quand il fait mauvais, comme hier, tiens. Mais celle-là,
on l’a pas vue venir. Elle s’est abattue comme une claque sur un innocent.
Y est bon mon bouillon, hein ? Pis, m’a te bailler une belle tranche de pain, pour tremper dans ta soupe. Ça va te remonter. Bon, j’arrête de bagouler.
T’es mieux ?
— Un peu.
— Pis après un petit somme, ça ira mieux.
— J’espère.
— C’est Ti-Jo qui t’a ramené. Heureusement qu’il allait voir ses
chevaux à sa grange.
— Oui.
— Un bon gars. Un peu porté sur la boisson, par exemple. Mais c’est un
bon monsieur. Ses chevaux, c’est sa vie. Je pense qu’il les aime plus que sa
femme. Il est fantasque. Un jour bonjour, un jour adieu. Je veux pas être
médisante, mais un peu baise-piastre. Bourru, mais doux comme…
— Comme ?
— Un agneau, peut-être, mais ça ne lui va pas. Bon, pis pour tes
besoins, t’as une toilette dans la cuisine arrière. Montre-moi tes pieds. Ça
bouge ?
— Un peu plus.
— Bon, on n’aura pas besoin de t’amputer.
— Hein ?
— Ben, qu’est-ce que tu crois ? C’est de même que ça arrive souvent.
On en perd des bouts, parfois. Tiens, voilà monsieur Grandmaison. Bonjour
docteur !
— Il va mieux, le jeune ?
— Je pense, répondit Tonine.
— Voyons tes orteils. Mieux ? Bouge-les. C’est bon. T’es passé proche,
Ti-Gars. Tu aurais pu perdre des orteils, et plus.
— Je te l’avais dit : amputé ! ajouta Tonine.
Jean-Baptiste sourcilla.
— Bon, tu t’en sors à bon compte. Tu pourras brûler un cierge à l’église,
suggéra Tonine.
— Bien, madame.
— Je te reverrai cet après-midi, précisa le docteur. Selon moi, tu es hors
de danger. Salut.
— Merci, docteur.
Le docteur repartit.
— Ben voilà, mon snoreau, t’es hors de danger. Fais que, vas te coucher
et puis récupère des forces. T’es capable de te lever ? Asseye pour voir.
C’est bon. Je te prends des couvertes dans l’armoire. Faut que tu retrouves
la chaleur ! Salut.
— Merci, Tonine.
— Ben ça m’a fait plaisir. Pis comme première journée de travail, tu
démarres fort ! ajouta-t-elle en souriant. Faut que j’épluche les patates, elles
commencent à germoner. Bon somme, le jeune !
— Merci !
Bien au chaud dans le banc-lit, Jean-Baptiste dormit une heure. Il rêva à
nouveau qu’une armée de fourmis lui piquait l’intérieur des pieds. Il se
réveilla, regarda aussitôt ses pieds, ils étaient enflés. Il se leva, ressentit une
douleur lancinante comme s’il marchait sur des morceaux de verre. Appuyé
sur ses talons, il referma le banc-lit. Sur une chaise, Tonine avait placé ses
chaussettes sèches et des pantoufles. Il rangea la couverture sur le banc-lit
et se rendit à la cuisine en pantoufles.
— Ah ! Le prince se réveille !
— J’ai dormi.
— Oui, monsieur ! Ça va ?
— Mieux.
— Voilà, tes bottes sont séchées et tes pantalons aussi. Tu vas pas rester
en robe de chambre toute la journée.
Jean-Baptiste se rhabilla, se chaussa.
— J’aimerais donner un coup de main à Armand que je vois déblayer
l’entrée.
Au même moment, le docteur entra dans la cuisine.
— Déjà debout ? Comment ça va ?
— Bien, docteur.
— Et tes pieds ?
Jean-Baptiste s’assit, se déchaussa, enleva ses chaussettes.
Le docteur examina, puis palpa les orteils.
— Si je touche, ça fait mal ?
— Un peu.
— Tu sens mes doigts ?
— Oui, bien sûr.
— Moi, je n’étais pas si sûr quand tu es arrivé. Quand tu marches, pas
de douleur ? Bouge tes orteils. C’est beau. Tu es presque d’aplomb. Bravo !
— Merci, docteur. Je vais aider Armand.
— Bien, pas trop longtemps. Il faut manger et te reposer. Il fait beau
maintenant. La tempête est finie. Tu reviendras demain. Aujourd’hui, en fin
de journée, Armand te conduira chez vous avec le cheval. C’est bon ?
— Oui. Merci, docteur.
— Tu as eu de la chance, mon gars !
— Je crois que oui.
— J’en suis certain !
Le docteur sortit. Jean-Baptiste passa par la porte de côté et Tonine le
vit parler à Armand. Peu de temps après, les deux dégageaient la neige de
l’entrée. Jean-Baptiste y alla très doucement.
Au bout d’une heure, ils entrèrent dans la cuisine annexe et Armand
déclara :
— Tonine, je reconduis Jean-Baptiste chez lui. Je pense qu’il doit y
avoir pas mal de neige là-bas et va falloir que l’on ouvre son chemin avec le
cheval. Je reviens tantôt.
— Bonne idée. Oh ! Prends ça, le jeune. Ça va te remonter à soir. Elle
lui tendit un panier. À demain !
— À demain, madame, et merci beaucoup.
— Tonine, Tonine !
— Bien, madame Tonine.
Sur la galerie, Armand ne put s’empêcher de confier à voix basse à
Jean-Baptiste :
— Pour moi, tu lui es tombé dans l’œil, à Tonine.
— Sais pas.
— Ben moi si ! s’esclaffa Armand.
La route était enneigée, mais des carrioles avaient déjà ouvert le
chemin. Jean-Baptiste était songeur. Il se demandait, depuis son réveil,
quelle erreur il avait commise. Son père ne serait pas fier de lui. Comment
avait-il pu, lui, fils de la forêt et de la mer, s’égarer ainsi ? C’est vrai que le
rideau blanc était tombé d’un coup.
Armand n’avait pas besoin de guider Bijou, il allait d’un train régulier,
suivant les traces sur la route.
Jean-Baptiste se faisait des reproches. N’aurait-il pas dû bâtir un abri de
neige alors qu’il était dans le bois, comme il y avait pensé furtivement ? Il
n’aurait pas autant gelé.
Il leur devait une belle reconnaissance à Ti-Jo et à ses chevaux !
Armand voyait que son compagnon était songeur. Il ne voulut pas le
déranger. Le jeune était vivant, c’était l’essentiel.
Jean-Baptiste s’endormit au chant des grelots. Bijou trottait allègrement.
Armand regarda son passager. Le docteur avait eu raison de lui
demander de reconduire le jeune chez lui.
— Après sa nuit éprouvante, avait dit le docteur, et avec sa fragilité,
même s’il est vaillant, allez-y, notre entrée est suffisamment déblayée pour
aujourd’hui.
Jean-Baptiste rêvait, les grelots de l’après-midi se confondaient avec
ceux de l’aube de son sauvetage.
Enveloppé dans son manteau, une couverture sur ses jambes, comme
Armand, respirant l’air frais, Jean-Baptiste s’abandonna au tangage et au
roulis de la carriole. Cela sentait la crinière, le poil chaud du cheval, les
provisions mitonnées par Tonine.
Il faisait bon vivre, se laisser vivre, porter, en cet après-midi d’hiver, et
le soleil furtif n’y pouvait rien, Jean-Baptiste dormait.
Il se réveilla en sursaut. Le cheval venait de ralentir. On avait quitté le
chemin du rivage pour celui de la maison. Maintenant, Bijou avait de la
neige jusqu’au poitrail. Armand donna un petit coup de guides, la bête
cambra les reins, d’un coup Bijou hissa la carriole au-dessus de la neige
fraîche. Il repartit d’un pas lent, sûr et puissant. La vapeur montait de ses
naseaux et de ses poils trempés de sueur.
— Vas-y, Ti-Pit, vas-y ! lançait Armand.
Bijou baissait la tête, courageux, docile, volontaire.
Jean-Baptiste regarda Armand, tous deux souriaient.
— Ça te prend un cheval icitte !
— On en a un, de temps à autre.
Ils atteignirent la maison. Sur les côtés, la neige du toit rejoignait la
neige du sol.
— Te voilà arrivé, Ti-Gars.
— Merci ! J’aurais peiné tout seul.
— Ouais.
— Bon, je te décharge. Bijou est trempé. J’veux pas qu’il tombe
malade. Dis-moi, tu ne vas pas enlever la neige sur le toit aujourd’hui ? Sois
prudent.
— Je ne monte pas dessus. Père a patenté une gratte avec un long
manche. Elle est dans la grange. Jean-Baptiste regarda vers le bâtiment
enseveli sous la blancheur.
— Pis j’ai juste à tirer, la neige suit. C’est comme ça que l’on faisait
avec ma mère.
Le visage de Jean-Baptiste s’attrista.
Le soleil commençait à déjouer les nuages, il n’était pas loin.
Armand observa la maison. Elle était tout en bois rond, un vrai camp de
bûcheron. Le toit pouvait endurer tout l’hiver, la maison était d’équerre, elle
défierait les siècles. De beaux pins, le père Beausoleil avait bien choisi et il
s’y connaissait.
— C’est du solide, c’te maison !
Normalement, il aurait dit cabane, mais la maison était trop imposante,
non par la taille, mais dans sa construction. Armand restait songeur.
— Elle vous plaît ?
— Pour sûr ! Armand réfléchissait. Allait-il lui dire au jeune ? Pis
pourquoi pas ? Puisqu’ils allaient devenir compagnons de travail, il devait
lui dire.
— Me semble que tu peux pas rester seul icitte.
— J’suis bien. C’est chez nous.
Armand hésita. Il se lança, même si ce type de conversation n’était pas
du tout son genre :
— Ça te prendrait une creyature…
Jean-Baptiste fut surpris.
— J’suis jeune encore.
— Quel âge ?
— Dix-huit ans, dix-neuf ans cet automne.
— Ouais… Bon, faut que j’y aille.
Jean-Baptiste plia la couverture, la replaça dans la carriole. Il prit son
panier, sa besace, ses raquettes et tendit la main à Armand.
— Merci, monsieur.
— Armand, répondit-il en souriant. Appelle-moi Armand. On se revoit
demain ?
— Pour sûr ! Bon retour !
Un coup de guides, et le cheval repartit lestement vers le chemin du
rivage. La vapeur sortait de ses naseaux. La neige revolait en arrière de la
carriole. Les patins glissaient sur la surface. Le soleil lançait de longs
rayons sur la mer, comme dans les images des anges. Le ciel s’habillait de
rose et de bleu. La tempête était finie. Avec une raquette, Jean-Baptiste
dégagea un peu la neige de la porte abritée par la galerie. Il entra dans la
maison.
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