Underground T4 : Verity

Emilia Robinst · Chapitre 17 sur 62

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Underground T4 : Verity

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Chapitre 14

 

Coleen

 

Les portières des deux Range Rover claquent presque d’une seule et même tonalité dans le parking où nous sommes garés, sous Rogers Park, là où se déroulent les combats de free-fight. L’entrée des fighters se situe à l’arrière, histoire d’isoler ces stars du ring de leurs fans et des spectateurs, dont l’admission principale se fait par un escalier de métro.

Dans le couloir qui nous conduit à notre vestiaire, je peux déjà sentir la chaleur se déposer sur ma peau, et la frénésie des combats alimenter ma soif de victoire. Je n’ose imaginer ce que cela doit être pour mon homme. La main logée contre ma nuque pour me garder tout près lui, l’autre tenant fermement son sac de sport, il a, comme à son habitude, une démarche fière et assurée. Dans le genre conquérant, on ne peut guère faire mieux.

À nos côtés, le reste de l’équipe nous emboîte le pas. Jodie et Stan sont en train de s’asticoter alors que Dennis semble être occupé à chuchoter je-ne-sais quelle chose salace dans l’oreille de ma meilleure amie, puisque celle-ci n’arrête pas de glousser tout en le repoussant. Le coach Anderson, lui, a le nez rivé sur son carnet de notes, noirci au crayon à papier. C’est un vieux de la vieille, comme on dit. Un entraîneur qui prend encore des notes, qui enregistre les vidéos de son poulain pour les regarder à l’infini et déceler la moindre de ses faiblesses afin de les corriger à l’entraînement. Dennis a bien essayé de lui montrer comment fonctionne un iPhone, mais rien n’y fait. Anderson laisse toute cette nouvelle technologie aux « p’tits jeunes ».

Je me détache quelques secondes de Parker pour récupérer les badges à l’entrée afin de les restituer à chacun d’entre nous. Autour de mon cou, le mien indique « Agent sportif - VIP » en bleu noir avec ma photo.

Mon homme remet innocemment sa main sur ma nuque. Comme s’il n’y avait pas une horde de journalistes qui nous attendait de l’autre côté du hall d’accueil.

Dès que nous passons le pas de la lourde porte en métal, je suis aveuglée par des dizaines de flashs. Ma rétine en prend un sacré coup. Par réflexe, je détourne la tête tandis que des Men in Black maintiennent une distance raisonnable entre les photographes et nous, évitant ainsi quelques débordements de la part de reporters trop ambitieux… ou de fighters trop mal lunés, aussi.

— Oméga, une photo. Une photo. S’il vous plaît !

— CBS Sports souhaiterait une interview, monsieur Adams.

— Qu’est-ce que ça fait de revenir combattre sous la bannière de l’Illinois en tant que Legender ?

Une demi-douzaine de journalistes s’écharpe presque pour avoir la primeur de poser leur question à Parker, cependant, celui-ci s’en cogne comme de l’an quarante. C’est ce qui me fait savoir qu’Oméga n’est pas encore sorti de sa tanière. S’il avait été là, les reporters auraient sans doute été comblés de bonheur.

Je ne dis rien et leur adresse un petit sourire d’excuse tout en gardant en mémoire la demande de CBS Sports. Une interview pour une grande chaîne sportive ? Je ne vais clairement pas laisser passer cette occasion. D’un signe de tête, j’indique au gars en polo bleu canard que j’ai enregistré sa demande. Je le recontacterai plus tard. De toute façon, il y a des chances que je le retrouve en train de traîner à côté du bar, tout à l’heure.

Le box qui nous est attribué n’a rien à voir avec celui de l’époque, où j’ai rencontré le loup solitaire du Michigan. Le placard à balai, à la chaleur suffocante, qui devait faire quatre mètres de long sur deux s’est transformé en un putain de vestiaire de trente mètres carrés avec une super salle de bains, douche à l’italienne et tout le bordel. Il y a même la clim’ ! Sans parler des boissons énergisantes et toutes les barres de céréales, en veux-tu en voilà, qui sont fournies. C’est le défilé des grandes marques alimentaires qui ne souhaitent qu’une chose : devenir le sponsor du champion en titre de la ligue.

Il y a aussi des serviettes de sport, des draps de bain, du gel douche, du déo… un canapé, la télé… bref, un confort exceptionnel. De quoi motiver les troupes.

En vrai, c’est surtout l’équipe qui est aux anges de pouvoir profiter d’un tel « luxe ». Oméga, lui, pourrait se préparer – physiquement comme mentalement – dans les toilettes d’un avion.

La porte claque derrière nous et, à l’instar d’un balai de danse classique répété un millier de fois si ce n’est plus, chacun vaque à ses petites occupations. Sabrina sort tout son matos médical, au cas où, alors que Jodie, assise en tailleur sur la table centrale, déroule les bandes de frappes. Elles glissent doucement entre ses doigts d’experte.

Le coach a déjà tendu la corde à sauter à mon homme pour que celui-ci commence à s’échauffer tandis que Dennis allume la télé pour regarder en direct ce qu’il se passe dans la salle du ring et dans la cage. C’est bien pratique, ça !

Stan, lui, est vautré sur le canapé, pieds posés sur le rebord, la tête sur les coussins. Il textote à fond, ses pouces bougeant à la vitesse de la lumière. Il est sûrement en train de parler avec Debbie.

Je reste debout, adossée à l’un des murs, puis sors mon portable pour demander à ma mère si, encore une fois, tout se passe bien avec San et si elle a réussi à la mettre au lit. Ma copine Kate, la femme de l’Assommoir, un fighter ami, avait raison. Les enfants, ça devient notre pire drogue. En particulier quand ils ne sont pas avec nous.

Ma mère me rassure. Je peine à croire que San est déjà en train de dormir… J’imagine que ce sont les superpouvoirs d’une grand-mère. La seule fois que j’ai vu la mienne, j’avais sept ans, et la pauvre était complètement à l’ouest. Elle était atteinte d’Alzheimer. À un stade très avancé. Sale maladie quand on y pense. On en arrive à ne plus se rappeler le nom de ses enfants.

Je lève les yeux de mon portable quelques secondes pour m’assurer que tout se passe bien avec Parker. Torse et pieds nus, habillé uniquement de son bas de survêtement gris, il saute à la corde, face à la télé, où défilent les portraits de ses trois adversaires officiels, l’identité des deux newbies n’étant pas révélée par « manque d’intérêt ». Après tout, jamais un nouveau n’a réussi à battre un champion.

Je profite de ce moment de latence pour me connecter aux réseaux sociaux, histoire d’administrer un peu les pages de mes athlètes, notamment celle d’Oméga dont je m’occupe à 100 %. Pour les autres, je m’assure juste qu’ils ne publient pas n’importe quoi sur leurs profils. Comme une sextape par exemple… ou un changement de sponsor prématuré !

Malgré la clim’, que l’on met au plus bas pour ne pas souffrir de la différence de température dans la salle du ring, il règne une chaleur lourde et humide, typique du milieu de free-fight. Chaque recoin est imprégné d’une odeur de sueur, de sang, de vaseline. D’adrénaline aussi. Et de peur, évidemment.

Je m’apprête à ranger mon portable lorsqu’une ombre s’étire jusqu’à moi, me cachant de la lumière des néons blancs, accrochés sur le plafond, plutôt bas. Je lève les yeux de mon téléphone au moment où une grande main s’en saisit pour le jeter sur la table, contre les huiles de massage et les bombes cryogéniques. Je vois qu’on est d’humeur impatiente, ce soir, pensé-je quand mon regard se perd dans celui de Parker. Ses prunelles arborent à présent la couleur du métal. Un magnifique argenté qui ne laisse aucun doute possible quant à la personne que j’ai en face de moi

— Salut, Oméga, murmuré-je, un sourire en coin.

Je glisse fébrilement mes bras autour de sa nuque, puis viens déposer un léger baiser sur ses lèvres, entrouvertes.

— Comment tu te sens, bébé ? Ça va ? questionné-je.

Ses grandes mains me caressent de mes poignets à mes épaules, avant de dessiner les courbes de ma silhouette, mises en valeur par ma robe noire en tissu stretch dont la fermeture Éclair au niveau de la poitrine le fait plus que languir.

— Ouais… Viens, ma louve. Je veux te sentir près de moi.

Mon sourire s’agrandit. Je le suis jusqu’au banc, là où il s’assied, jambes écartées, face à Jodie. Il lui tend machinalement les poings pendant que je me glisse derrière lui, mes bras s’enroulant autour de ses épaules, ma pommette contre la sienne. J’observe Jodie déposer des carrés de coton sur ses articulations métacarpophalangiennes, abîmées par dix ans de combats à mains nues dans la cage. Elle lui enrubanne ensuite les mains, puis les doigts, de ses éternelles bandes de frappes élastiques, avant de faire des « huit » au niveau des poignets.

Pendant ce temps-là, je dépose de tendres baisers sur sa tempe, sa nuque. Je sens la tension monter à vitesse grand V dans son corps. Sa peau s’échauffe sous mes lèvres. Elle frémit rien qu’en pensant à ses combats.

À ses côtés, le coach lui donne ses dernières recommandations. En particulier celles qui concernent le fameux Vlad.

— Déconne pas avec lui, Oméga, OK ? Parce que de là où il vient, au fin fond de sa Russie natale, c’est déjà un champion. Il en a dans le bide et dans la cervelle. Ce n’est pas un figurant.

Oméga décroche son regard des mains de Jodie, posées sur les siennes, pour le river sur le visage d’Anderson, concentré, mais tout de même inquiet. Le petit sourire insolent qui se dessine sur la bouche de mon mâle ne rassure pas vraiment son coach.

— La boxe russe, ça existe ? demande Oméga à Dennis et Stan, installés sur les canapés.

— À partir du moment où la birmane existe, je serais tenté de dire oui, ricane Stan en jouant avec ses bracelets en cuir.

— Ouais, bah, en attendant, on parle quand même de boxe américaine, ici, rétorque Oméga, les coudes posés contre ses cuisses. Ce petit Ruskov de mes couilles, il est pas prêt de se pavaner avec sa ceinture de champion. C’est clair ?

— Les fighters russes sont connus pour leur patience et leur stratégie, alors sans le sous-estimer ni te foutre dans le rouge direct, prends les devants. Compris ? ordonne Anderson en se lissant sa moustache.

— Compris, Coach.

— En plus, tu devrais aimer lui taper dessus, lâche Dennis en regardant le profil de ce fameux Vlad sur son portable. Le mec, il a autant de croix gammées sur le corps que les bâtiments du IIIe Reich, tiens. Encore un suprémaciste blanc en puissance !

J’entends Sabrina tchiper.

— Curtis, on dirait ta mère quand tu fais ça, rappelé-je à ma meilleure amie.

Elle m’assassine de son regard aussi docile que celui d’une petite biche.

— Sous-entendu qu’avec ta gueule d’Hispanique, Parker, ce mec va s’en donner à cœur joie dans la cage, relève Jodie en attrapant son sérum physiologique.

— Détendez-vous, râle Oméga en relâchant la tête vers l’arrière pour qu’elle lui mette quelques gouttes dans les yeux. C’est juste un combat. De présélection, en plus. Et jusqu’à preuve du contraire, le champion, ici, c’est moi, pas ce trou du cul. Je vais le battre, c’est certain.

Les gars se checkent du coin de l’oeil. Je sais très bien à quoi ils pensent.

Je passe mes doigts dans les cheveux de mon mâle, puis lui fais tourner la tête vers moi. Nos regards s’accrochent l’un à l’autre. Je me glisse sur ses genoux, en position « koala » et croise mes jambes autour de ses hanches. Je caresse sa bouche de la pulpe de mes pouces.

— Tu vas gagner, bébé, personne ne doute de ça. Maintenant, c’est l’état dans lequel tu vas descendre du ring qui nous préoccupe. Ne le laisse pas t’atteindre et te blesser inutilement. D’accord ?

Je l’embrasse, essayant de taire l’inquiétude qui grandit entre mes entrailles comme à chaque fois que je sais mon homme dans la cage. Je suis toujours tiraillée entre l’adrénaline et l’euphorie de ces moments où il va en ressortir victorieux, et l’angoisse, la terreur, de penser qu’un jour, peut-être, il n’en redescendra pas sur ses deux pieds. À l’instar de mon frère.

Comme pour me rassurer, Oméga enlace ma taille. Il me serre tout contre lui avant de venir me lécher doucement la bouche, m’offrant ainsi son plus beau baiser : celui d’un loup pour sa femelle.

— Je gère, ma louve.

Il m’embrasse une nouvelle fois, puis me fait quitter ses genoux.

— Allez, va t’installer. Je veux te voir à ta place quand je suis sur le ring. C’est le meilleur moyen de me garder concentré.

— OK, fais attention à toi. Je t’aime.

Je l’embrasse à mon tour, ma langue roulant sur la sienne à mesure que mon cœur choque ma poitrine. Sa main glisse dans mes cheveux, puis le long de ma colonne vertébrale avant de terminer sa course sur mes fesses qu’il empoigne sauvagement. Sa bouche ripe sur la mienne en un sourire amusé.

— Dépêche-toi, bébé, sinon, y a des chances que tu finisses à quatre pattes, et là… je serais plus aussi performant sur le ring.

Je lève les yeux au ciel tout en lui collant une petite droite dans l’épaule, ce qui le fait rire. Quel obsédé !

Je quitte le vestiaire avec Stan, mon bodyguard de l’Underground. Du moins jusqu’à ce que Varenko reprenne ce poste quand on sera en tournée. Stan pourra alors faire un peu de sparring avec Oméga avant les combats.

— Je suis étonné que tu n’aies pas déjà fini à quatre pattes, toi, ricane Stan pendant que nous arpentons les longs couloirs bétonnés, direction la salle du ring.

Je lance un regard noir au parrain de ma fille.

— Je laisse Oméga me parler comme ça parce que c’est mon mec, mais toi… répète un peu ça et je te jure que je te fous une vraie droite, répliqué-je, menaçante, ce qui fait rire cet imbécile aux éclats.

Comme pour me narguer, il me serre contre lui tout en me pinçant les côtes dans le but de me chatouiller. Évidemment, je me défends en lui balançant mes petits poings dans le ventre.

— J’aime tellement t’emmerder, me dit-il en me relâchant enfin. Je ne sais pas comment l’expliquer.

— Parce que tu es un casse-couilles de première ! Voilà !

Nous remontons le couloir, la salle du ring n’étant qu’à quelques mètres.

La musique électro est envoyée au maximum des capacités de l’enceinte. Plus on se rapproche de la porte qui donne accès à la grande salle, plus mes tympans vibrent.

Avec Stan, on continue de se chamailler.

Une fois dans la salle du ring, je mets quelques secondes à m’habituer à cette agression visuelle ainsi qu’auditive. La musique réduit mon oreille interne à l’état de cendres, sans parler de cette odeur qui me soulève le cœur avant de le faire battre à tout rompre. Puis, il y a toute cette marée humaine comme une tache de sang noir qui grossit, encore et encore, autour du monstre d’acier qu’est la cage de l’Underground.

Nous avançons de quelques mètres, direction l’imposant bar, entièrement construit en verre, afin de se boire un petit gin tonic pour se rafraîchir et, surtout, pour patienter. S’il y a bien une chose que je déteste faire ici, c’est attendre.

Je m’apprête à reprendre Stan sur l’une de ses boutades misogynes, sachant que, en réalité, ce mec est tout sauf macho, quand un mastodonte, habillé en noir des pieds à la tête me percute de plein fouet, m’arrachant presque l’épaule gauche au passage.

— Eh ! m’exclamé-je.

— T’es sérieux, mec ! aboie Stan. Enlève tes lunettes de soleil, Ducon, tu verras peut-être mieux où tu mets les pieds !

L’homme en question doit bien avoisiner le mètre quatre-vingt-dix pour le même poids. Grand, baraqué, de sombres tatouages celtiques sur les bras, il porte une casquette dont la visière dissimule une partie de son visage, plutôt rectangulaire, habillé d’une courte barbe. Ses lunettes de soleil me font arquer un sourcil. Qui est ce mec ? Il se prend pour qui ?

Je m’attends à ce qu’il se répande en excuses, en particulier lorsque je devine son regard traîner sur ma silhouette et plus longuement sur mon badge, mais non. Cet imbécile esquisse un sourire, nous adresse un simple signe de la main, puis tourne les talons, continuant son chemin dans le tumulte des spectateurs qui grouillent tout autour de nous.

— Il se fout de ma gueule, là ? râle Stan. EH, CONNARD, JE TE PAR…

— Laisse tomber ! le coupé-je en le retenant par le bras. Laisse tomber… inutile que ça parte en bagarre.

Un peu plus loin, le mec se retourne vers nous, ses cheveux bruns dépassant de sa casquette. Il m’offre à nouveau un sourire, le genre qui me glace presque instantanément, puis disparaît définitivement dans la foule qui s’agglutine autour du ring telles des abeilles sur un pot de miel.

Figée sur place, j’enregistre à peine ce qu’est en train de me dire Stan. Ce mec-là… je l’ai déjà vu. Par contre, où ? Je n’en ai aucune idée.

— Oh, oh, ça va, C ? me demande Stan en agitant sa main devant mes yeux. Il t’a fait mal ?

— Quoi ?! Non, pas du tout, le rassuré-je en secouant la tête pour retrouver mes esprits. C’est qu’un pauvre type, rien de plus. Allez… j’ai soif, et je veux un gin tonic. Tout de suite.

Je lui signale de me suivre, néanmoins Stan ne peut s’empêcher de laisser traîner son regard dans la foule, plus ou moins colorée en fonction de la couleur des fighters que supportent les fans. Il y a deux ans, le rouge était à l’honneur. À présent, c’est une belle voie lactée qui tourbillonne autour du ring. La plupart des gens – des femmes surtout – portent de l’argent, la nuance d’Oméga. Évidemment j’en suis très fière. Un brin jalouse même si je gère de mieux en mieux ce sentiment. Comparé à Parker.

— Stan ! appelé-je. Oublie, d’accord ? On s’en fiche.

— Mouais… t’as raison, marmonne-t-il avant de se tourner vers moi, reléguant définitivement cet incident dans un coin de sa tête. D’ailleurs, tu veux pas changer de cocktail un peu ? Un petit Cuba libre, ça te tente pas ?

— Non ! ris-je. Le gin to’, c’est ma drogue.

Il n’y a pas moyen. Désolée, Stan.

***

Première rangée, septième siège sur la gauche. C’est ma place.

C’est la mienne depuis la toute première fois où mon chemin a croisé celui du loup solitaire du Michigan.

Ici, je suis pile dans son axe de vision quand il est sur le ring. Et il est, bien sûr, pile dans le mien. Je ne loupe rien de ses performances. De ses jeux de jambes, de la complexité de ses enchaînements ni de son célèbre uppercut, celui qui parvient à terrasser ses adversaires en seulement quelques secondes. J’ai déjà vu mon mâle gagner un combat en un round de dix-sept secondes rien qu’avec cette attaque. De quoi ravir la compétitrice et amoureuse de la boxe que je suis. Sans parler de la femme, conquise par l’homme.

Sur ma droite, Sabrina me file un coup de coude dans les côtes. Elle me montre d’un signe de tête le petit jeune d’à peine vingt ans qui va, d’ici quelques secondes, affronter mon mâle.

— Je parie que son nom c’est Hulk, me lance Sabrina, un brin moqueuse. T’as vu son teint ?

— Tu ferais pas la maligne si c’était à ton tour de monter là-dedans, souligné-je, un sourire tout de même au coin des lèvres, en désignant l’imposante cage de l’Underground, dont les mensurations équivalent presque à une pièce à vivre d’une maison.

— C’est sûr ! En même temps, je suis assez saine d’esprit pour ne jamais me retrouver là-dedans.

— Tu t’es bien retrouvée assise ici.

— La faute à qui ?! ironise-t-elle alors que je me mets à rire.

— Ouais, mais grâce à moi, t’as un super job et un super mec !

— C’est vrai…

Elle me lance un clin d’œil tout en passant sa paume dans les cheveux de Dennis, installé près d’elle, occupé à discuter avec Stan au sujet de ce fameux Vlad. Qu’est-ce qu’ils ont tous avec ce fighter, putain ? Bientôt, on va m’annoncer que dans la série qu’est l’Under, il remplacera le Constrictor de la saison 1 et le Mexicain de la saison 2.

Je vois Dennis attraper la main de Sabrina dans la sienne, puis, toujours en parlant avec Stan, lui embrasser la paume, ce qui me fait sourire.

Le volume de la musique diminue soudainement. Les basses se font plus souples et les projecteurs se tournent exclusivement sur le ring, annonçant ainsi la venue du speaker dans la zone de combat. Vêtu d’un pantalon à pinces, d’une chemise rose et de baskets fluorescentes dont la semelle s’illumine, il indique la prochaine rencontre. Dès que de ses lèvres s’échappe le mot Oméga, j’entends des hurlements éclater tout autour de moi. Les cordes vocales de, je pense, quatre-vingts pour cent de la gent féminine se libèrent en une seule et même tonalité, à savoir celle d’un cri hystérique qui, à s’y méprendre, pourrait ressembler aux pleurs d’un enfant de trois ans qui vient de se coincer le doigt dans une porte, ou une cane se faisant assaillir par une demi-douzaine de canards en pleine saison des amours.

— Elles ont de la voix, relève Sabrina, un sourcil arqué.

Moi, je mate tranquillement mes ongles fraîchement vernis alors que plusieurs flashs égayent mon visage.

— Ces photographes, je les boufferais bien au petit déjeuner, marmonne Dennis.

— Ça te changera de ta petite figue sucrée ! ricane Stan alors que Sabrina éclate de rire.

— Tu parles de moi, là ?

— À moins qu’il ait une autre nana, je crois pas.

— Ferme-la, Stan, soupire Dennis, un sourire tout de même au coin des lèvres.

Sur le ring, le speaker appelle les prochains combattants. Il commence, comme le veut la tradition, par le petit nouveau. Un certain Nigel Galls.

— Il n’a pas de surnom, pas de profil ? me demande Sabrina, surprise, alors que je fais « non » de la tête, constatant que les écrans géants qui surplombent la cage ne font défiler aucune image du newbie.

— Ils ne sont pas obligés d’en avoir un. Ils ne pèsent pas assez dans le game, précisé-je. Les Sharks s’en foutent. C’est de la chair à canon, c’est tout.

— Gabe en avait un, pourtant.

— Gabe est un Lincoln. tout le monde voulait le voir à l’œuvre.

— Ceux qui ne se donnent pas de surnom, c’est qu’ils se croient perdant d’avance. Ils n’imaginent pas leur victoire, déclare Dennis en tirant sur la visière de sa casquette. Les pauvres, ils ont à peine mis un pied dans la cage, qu’ils savent qu’ils seront là pour au moins deux ou trois ans…

Comme un chien attaché à sa niche par une chaîne en acier, pensé-je en esquissant une grimace. Ç’a été le cas pour Parker… quand il avait dix-huit ans. Il a mis presque trois ans à se faire un nom et une place parmi les fighters de New York, puis encore trois autres années pour se hisser dans le top 10. Ce n’est pourtant qu’à vingt-six ans qu’il est entré dans la Légende.

Le newbie n’en mène pas large. Plutôt grand, les épaules carrées, une silhouette qui laisse deviner des heures à soulever de la fonte en musculation, on sait tout de même qu’il va se faire dévorer sans même lever le petit doigt.

— Je ne vois vraiment pas l’intérêt de la ligue de foutre un champion en face d’un bébé fighter. Sérieux, râle Sabrina en s’imaginant sans doute à quoi va ressembler la tête de ce pauvre Nigel en sortant de cet enfer.

— Ça leur met la pression, explique Stan, avachi sur son siège, les bras croisés, le pied droit posé contre la rambarde de sécurité. Ça confirme leur position dominante sur ces pauvres gars. En mode, « Nous sommes tout, vous n’êtes rien ! » Au mieux, il découvre un nouveau talent et ils peuvent miser dessus. Sinon, ça leur fait une tête en plus à démolir pour entraîner les champions. Ce petit con a de la chance, Parker aime bien les newbies. Il ne leur met pas trop la pâtée. Il les laisse respirer. Un peu…

— C’est parce qu’il a une certaine éthique, souligné-je, plutôt fière.

Parker Adams n’est pas qu’une grosse brute qui ne sait pas se contenir. Il peut l’être, comme n’importe quel fighter dont la vie est régie par la violence depuis toutes ces années, mais la plupart du temps, quand Oméga est « tranquille », c’est un homme réfléchi, patient, responsable et dont la loyauté n’a d’égal que son honneur.

Le speaker poursuit sa présentation. Il appelle à son tour mon loup dans la zone de combat… Moi qui croyais avoir subi la pire des épreuves pour mes pauvres oreilles, ce n’est rien comparé aux lamentations plaintives et aux exclamations surexcitées que j’entends lorsque les portes du vestiaire, à vingt mètres du ring, s’ouvrent sur la stature impressionnante de mon mâle. Il est encadré par Jodie et le coach. Sa silhouette, sublimée par les projecteurs, est dissimulée par une sorte de fumée argentée, histoire d’encore plus souligner sa suprématie et son titre de champion. Il y a des lumières de partout, et je m’attends bientôt à une explosion de confettis et de paillettes… Honnêtement, c’est n’importe quoi. C’est un athlète de haut niveau, pas un chanteur de rock.

— J’en peux plus de cette ligue, bougonné-je. Tu vas voir qu’un jour, ils vont vouloir le maquiller pour aller combattre.

Les gars se mettent à rire. Néanmoins, ils savent que j’ai raison. L’Under pousse le vice à l’extrême.

Pourtant, je dois bien avouer que son entrée dans la salle du ring me laisse toute pantelante. Je peux critiquer le millier de gonzesses qui se liquéfient sur leur siège, j’en fais clairement partie. Je deviens haletante, moite et toute fébrile lorsque je le vois descendre le long corridor qui lui est réservé, en mode gladiateur pénétrant dans l’arène. Ses épaules roulent au rythme de ses pas. Ses mains sont entièrement bandées d’argent, des doigts jusqu’à la moitié de l’avant-bras.

Ici, je dois peut-être le partager visuellement avec tout le monde, en revanche, une fois les combats terminés, ce beau gosse n’appartient qu’à moi.

Nos regards se croisent au moment où il arrive dans son carré de préparation. Mon coeur s’accélère. Ma respiration s’emballe. Je lui envoie un baiser dans les airs alors qu’un sourire s’invite sur ses lèvres. Il m’adresse un petit clin d’œil arrogant avant de me le renvoyer, faisant ainsi jaser le public et le speaker.

— Oméga est plus que chaud, ce soir ! hurle ce dernier dans le micro. Le sera-t-il tout autant dans la cage ? À votre avis ?

— Ouiiiii !

— J’ai rien entendu !

— OUIIIII !

Nos regards sont toujours ancrés l’un dans l’autre. Nous ne rompons le contact visuel que lorsque Jodie lui étale une seconde couche de vaseline sur ses pommettes et ses arcades sourcilières, les zones les plus fragiles de son visage.

— T’as toujours ton implant contraceptif, C ? Parce qu’il y a des chances que dans neuf mois, San soit grande sœur ! ricane Dennis.

— Laisse mon utérus tranquille, Reed ! Et occupe-toi de celui de ta nana, OK ?

— Ah non, moi, le mien est déjà colonisé par un stérilet ! s’exclame Sabrina, en croisant ses longues jambes habillées d’un jean noir. Désolée, la place est prise.

— Je suis pas jaloux ! Vraiment, rassure Dennis, le teint soudainement blême.

Ah, les mecs, tous pareils… Ils ne veulent pas de bébé jusqu’au moment où cette envie de « reproduction » devient une obsession !

Je reporte mon attention sur le ring, là où l’arbitre invite chacun des combattants à monter dans la cage pour venir se checker en guise de respect et de bienveillance. Bienveillance… Ce mot me fait rire. Parce que je n’ai clairement pas l’impression qu’il y en ait beaucoup quand deux mecs bourrés de testostérone et d’adrénaline s’écharpent dans une cage de neuf mètres cinquante de diamètre.

Oméga a à peine posé un pied sur le ring qu’il adresse un petit sourire amusé au newbie. Leurs poings s’entrechoquent pour valider le combat. Le pauvre Nigel transpire tellement que ça goûte sur les tatamis.

— Il va se pisser dessus, marmonné-je.

— Je me pisserais dessus, moi aussi, m’avoue Sabrina.

La cloche résonne bruyamment dans toute la salle, annonçant ainsi le premier round. Le premier sur trois, sachant que, de toute façon, pour ce genre de rencontre, il n’y en a toujours qu’un seul. Parker est patient, certes, mais il ne faut pas abuser non plus. Il ne les laisse jamais « respirer » plus de deux minutes.

***

Déjà quatre combats sur cinq de gagnés !

Ce soir, le loup solitaire du Michigan est déchaîné. En même temps, existe-t-il un moment où il n’est pas… surexcité, à fond, emballé, sous adrénaline, enflammé, exalté… et j’en passe ?! Je ne crois pas.

Debout sur mes hauts talons argentés, je hurle à m’en éclater les poumons. Survoltée moi aussi par toute cette excitation, les mains de part et d’autre de ma bouche, je crie mes encouragements à mon mâle qui remporte son deuxième combat « officiel ». Gunter descend de la cage en titubant, l’arcade sourcilière bousillée, du sang plein le visage. Le fighter de Boston vient de se faire lessiver en deux rounds. Il se tient anormalement l’épaule gauche alors que son staff saute sur lui pour le prendre en charge et le ramener dans son box.

Sur le ring, martelant le sol d’un pas victorieux, Oméga fait le beau. Il sautille partout, tel un jeune loup tout fou qui parade. Les bras levés en signe de triomphe, il se fait applaudir, acclamer même, par la foule en délire. Il hurle à la mort, la tête rejetée en arrière, la gorge déployée, ce qui accroît encore plus la frénésie de ses fans qui s’agitent dans tous les sens.

Il finit par s’arrêter juste devant moi. Je me sens soudainement toute nerveuse sur mon siège. J’aime être au centre de son attention, c’est vrai, j’adore voir dans son regard que personne d’autre, à part moi, n’existe dans son esprit. Peut-être pas quand trois caméras et au moins dix appareils photos sont braqués sur nous.

Malgré la taille des grilles, Oméga touche aisément le sommet. Ses mains s’accrochent au grillage, juste au-dessus de sa tête, ce qui étire ses bras et son torse, mettant ainsi en relief l’intégralité de ses muscles, gorgés de sang, luisants de sueur et de vaseline. Sa respiration est un poil saccadée. Ses côtes s’élèvent mécaniquement tandis que son diaphragme se creuse. Il est essoufflé, c’est sûr. Néanmoins, je connais mon mâle. Il a encore de l’énergie en réserve. Beaucoup. Tant que la veine au niveau de son front n’est pas apparue, c’est qu’il n’a toujours pas atteint sa red zone.

Son aura magnétique, brûlante, m’englobe et m’attire en son sein. J’ai l’impression d’être la princesse dans sa grande et haute tour. Pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi libre depuis qu’il est ma tour.

— Tant de phéromones, comment résistes-tu, Coleen ? se moque ma meilleure amie.

Qui a dit que j’y parvenais ?

Ses yeux gris s’accrochent aux miens. Mes joues rosissent malgré mon sourire fier lorsqu’il tend son index vers moi avant de pointer son propre cœur, puis de m’envoyer un petit baiser dans les airs. J’entends des cris derrière moi. Inutile de lever le visage vers les écrans géants. J’imagine que cette séquence y défile en boucle.

— OH ! Moi aussi je veux un bisou, bordel ! s’exclame Stan, hilare.

Il n’obtient qu’un doigt d’honneur comme simple réponse de la part d’Oméga, ce qui le fait encore plus rire.

Mon mâle retourne au centre du ring, là où il se remet à sautiller pour ne pas refroidir ses muscles, attendant patiemment que son prochain adversaire se présente. Celui-ci arrive au bout de deux minutes. Je ne peux m’empêcher de le dévisager de mon regard surpris alors qu’à mes côtés, j’entends Sabrina s’étouffer.

Le fameux Vlad est à peu près d’un gabarit similaire à celui de Parker, avec quelques centimètres et kilos en moins quand même. Le crâne rasé, deux yeux bleus, un nez cassé, un simple trait en guise de bouche, une peau ivoire en dépit de la dizaine de croix gammées qui s’entortille sur son corps, celui que l’on appelle le Ruskov paraît sortir tout droit d’un film historique faisant l’apologie des Nazis, voire de la suprématie blanche. De quoi ravir Parker, j’imagine. Encore plus lorsque, du coin de l’œil, mon mâle le voit s’attarder sur Jodie et le coach, avant de tourner ses yeux polaires sur notre rangée. Mon regard croise le sien, glacial, moqueur, méprisant aussi. Celui-ci s’arrête, non pas sur mon visage, mais sur celui de ma meilleure amie. Il revient se poser sur mon loup, qui, à présent, lui fait face malgré quelques mètres de distance. Chacun dans leur zone de « confort », ils se toisent longuement, faisant ainsi monter la tension, l’adrénaline et la chaleur dans la salle du ring.

— Je condamne la violence sous toutes ses formes, certes, et souvent je me demande ce que je fous ici même si j’adore mon job, par contre, là… J’espère qu’Oméga va bien lui faire bouffer ses morts à ce connard, grogne Sabrina en se tassant, bras croisés, sur son siège. 

— Vu sa tête, il ne va pas le louper, dis-je d’une voix sombre.

Oméga assiste aux dernières recommandations d’Anderson tandis que Jodie vide sa bombe cryo sur son torse et ses côtes. Mon mâle a un regard de tueur. Je devine qu’il n’écoute son coach que d’une oreille. Toute son attention est rivée sur Vlad, de l’autre côté du ring, occupé à cracher son chewing-gum à même les tatamis. Trou du cul, va !

— On serait au Madison Square Garden, rien que pour ça, Oméga aurait fait une petite entorse au règlement pour lui encastrer la tronche par terre, râle Dennis.

J’acquiesce de la tête. Le MSG est le royaume d’Oméga. New York, son territoire. Je n’oublie pas que si on est à Chicago pour cette saison, c’est uniquement pour moi. Pour que je puisse être présente pour mon père.

L’arbitre monte à son tour dans la cage. Autour de son cou s’agite un sifflet qui lui sert à annoncer les fautes et les temps morts. C’est l’un des rares sons, avec celui de la cloche des rounds, qui rythme les combats.

Oméga et Vlad sont invités à se serrer la main. Contre toute attente, le Ruskov décline ce qui cause une huée générale dans le public. J’arque un sourcil. C’est la première fois que je vois un fighter refuser de faire ça. Je veux dire, même le Constrictor s’y pliait.

— Il vient de signer son arrêt de mort, marmonne Stan, nerveux.

L’arbitre réprimande le fighter au short tricolore, le menaçant d’un blâme pour non-respect du règlement et manque de fair play. Je t’en foutrais du fair play avec un merdeux pareil !

Oméga, lui, attend patiemment que Vlad se plie à cette formalité. Il tient sa première victoire sur son adversaire. Avec son teint de latino, mon loup sait qu’il fait partie des personnes que des gens comme Vladmir Iliev souhaiteraient voir disparaître de la Terre. Je pense qu’après mon ex et les mecs violents envers leur femme ou leurs gosses, les connards racistes sont ceux que Parker Adams aime le plus défoncer dans la cage.

Le Ruskov accepte finalement, au bout de la deuxième intervention de l’arbitre, de checker Oméga. Leurs poings ont à peine le temps de se frôler que Vlad arme son poing droit pour balancer un putain d’uppercut dans la mâchoire de mon mâle. BORDEL ! Je pousse un hurlement de surprise au moment où, les réflexes aiguisés à l’extrême, Oméga lève son bras pour protéger son visage et réceptionner l’onde de choc dans le biceps plutôt que dans la pommette.

Le cœur battant à tout rompre, les intestins serrés, je vois l’arbitre s’interposer tout de suite entre les deux fighters pendant que les coachs courent sur le ring pour attraper leur poulain et les faire reculer. Anderson a juste le temps d’empoigner les poings d’Oméga pour éviter qu’il ne trucide son adversaire alors que le premier round n’a même pas encore sonné.

— OUUUUUUH !

— TRICHEUR !

— SALE TRICHEUR !

— Exclusion ! Exclusion ! Exclusion !

— Il a pas le droit de faire ça !

— SORTEZ CE TRICHEUR !

Le public se déchaîne, continuant de huer le Ruskov, à peine pénalisé pour son attaque en dehors d’un round. Il ne reçoit qu’un blâme, ce qui me met hors de moi. Juste un blâme, sérieusement ?!

Si la tension était déjà montée d’un cran à leur arrivée sur le ring, là, elle est devenue explosive. Oméga est de la dynamite. Son regard est celui d’un loup fou. Il serre tellement les dents que je crains que cela ne brise son protège-dent. D’ailleurs, il vérifie qu’il soit bien installé ce qui fait ricaner Stan.

— Ce connard aurait jamais dû faire ça. Oméga va lui faire bouffer le sol ! Je crois qu’il n’a pas compris à qui il avait affaire.

Les coachs quittent le ring. Le climat est tendu. L’air, à peine respirable. Oméga et Vlad se tournent autour, en chien de fusil. La cloche retentit alors bruyamment.

Le combat est lancé. Attention à la castagne !

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