Underground T4 : Verity

Emilia Robinst · Chapitre 51 sur 62

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Underground T4 : Verity

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Chapitre 48

 

Coleen

 

Hillsboro, Oregon.

Dans la voiture, je n’arrête pas de trépigner. Ça fait presque quinze jours que l’on a déposé San chez la mère de Parker. Je n’en peux plus d’attendre. Et Parker, c’est pire que moi.

La seule chose qui nous a fait tenir, ces deux derniers jours, malgré les interrogations des flics et les questions des journalistes, a été de savoir que l’on allait bientôt pouvoir venir chercher notre fille. Ça, et de voir notre autre bébé en échographie pour la première fois. Il est minuscule. Deux jambes, deux bras, des mains, des pieds. Tout en taille microscopique de trois ou quatre centimètres, certes, néanmoins le minimum est déjà en place. On ne l’a pas annoncé au reste de l’équipe… Seuls Stan et ma mère sont au courant. On garde ça secret, histoire de les laisser tous souffler, avant de passer au raz-de-marée, stade deux, que représentent les prochains mois de ma grossesse. Avec une petite fille de quinze mois seulement, je risque de devoir beaucoup compter sur eux. Mais après tout, n’est-ce pas cela que l’on appelle « une famille » ?

Parker a à peine le temps de se garer devant le portail des Archer, que j’ai déjà sauté de la voiture, courant presque jusqu’à l’entrée. On se chamaille afin de déterminer qui aura le privilège de prendre San en premier dans ses bras. En mec amoureux et attentionné qu’il est, il me laisse cette primeur.

— On a qu’à lui faire un câlin tous les deux, en même temps, proposé-je en caressant sa joue rugueuse. Je sais que ç’a été dur pour toi.

— Je suis revenu la récupérer, comme je l’avais promis, le reste je m’en fous, me rassure-t-il en m’embrassant la paume. Câline-la en premier, qu’importe. Tant que je la vois de mes propres yeux, je suis tranquille.

Je lui souris, mon regard balayant son visage amoché. Il a trois ou quatre strips sur son arcade sourcilière droite, un patch anesthésiant sur le nez, quelques coupures aux lèvres et un bel hématome à la pommette. Honnêtement, vu sa gueule cassée, je suis étonnée que l’on nous ait laissés prendre l’avion sans subir un contrôle de police.

Il toque à la porte. Lucie ne met qu’une minute à nous ouvrir. Son sourire s’évanouit quand elle voit la tronche de son fils.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! s’exclame-t-elle, affolée. ¿Qué es esta

cabeza, dios mío1?

— Je me suis fait ça à l’entraînement, ment-il.

Sa mère me lance un regard intrigué auquel je réponds par une moue gênée. Je lui demande où se trouve notre fille.

Lorsqu’elle nous conduit jusqu’au salon et que mes yeux croisent ceux de mon petit ange, en train de jouer à des jeux de construction avec Louisa, j’ai l’impression que mon cœur va exploser de bonheur. Encore plus quand elle crie « mama » en se jetant dans mes bras. Mes larmes cèdent. Je me mets à pleurer contre ses boucles avant de me reprendre aussitôt pour ne pas la perturber.

— Tu m’as tellement manqué, mon amour, murmuré-je en caressant sa

jolie tête brune. C’était bien chez 2 abuela ? Tu t’es amusée, t’as été sage ?

— Elle a été adorable, me rassure Lucie tandis que je me redresse avec San dans les bras.

Sa joie de me voir n’est rien comparée au moment où elle remarque son père, épaulé au chambranle de la porte. Ma fille est tellement sous pression, que je crains qu’elle n’explose. Elle se jette presque hors de mes bras, atterrissant dans ceux de son père qui la serre contre lui avec une telle force que je me dis qu’il va lui péter toutes les côtes. Pourtant, San rit aux éclats. En particulier lorsque Parker lui dépose une tornade de bisous dans le cou, puis sur son ventre.

— Tu m’as manqué, ma fille, lui murmure-t-il à l’oreille. Papa est revenu… je te l’avais promis. Et je tiens toujours mes promesses.

— Bobo, Papa ? demande-t-elle en essayant de toucher ses hématomes ainsi que les strips à son sourcil.

— Oui, mais j’ai pas mal, ne t’inquiète pas. Ce sont de petits bobos de Papa.

Ils repartent tous les deux en tornade de bisous alors que Lucie passe sa main dans mon dos, entre mes omoplates.

— Tout va bien ? s’enquiert-elle, tout bas. Cette histoire avec ce… ce fighter… est-elle terminée ?

— Tout est fini, oui. Merci ! la rassuré-je. Merci beaucoup pour San, vraiment. Je… je ne sais pas comment vous montrer ma gratitude, Lucie.

— Ce n’est pas nécessaire, 3 querida, me dit-elle avec bienveillance. C’est avec plaisir que je me suis occupée de ma petite-fille, et… je le referai dès que possible.

Elle me tapote doucement l’épaule, puis part en cuisine chercher de quoi nous ravitailler en cet fin d’après-midi.

Mon regard croise celui de Parker, San toujours dans ses bras. Il discute avec sa demi-sœur, qui semble ravie d’avoir assuré le job de « tante », malgré ses quatorze ans. Je pense que l’on devrait leur annoncer ma grossesse. Je suis certaine qu’ils adoreraient. Surtout la mère de Parker… Elle a loupé la première, ce serait dommage qu’elle rate la deuxième.

 

1. C’est quoi, cette tête, mon dieu ?↩

2. Grand-mère ↩

3. Chérie↩

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