Underground T4 : Verity

Emilia Robinst · Chapitre 56 sur 62

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Underground T4 : Verity

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BONUS 4

 

DONOVAN

 

Depuis plus de vingt minutes, je me casse le cul à chercher la source de tous mes ennuis. J’ai nommé… Ysée Anne Deborah Birmingham. Ma chère cousine qui est tout autant ma cousine que l’est la reine d’Angleterre. Bref. Elle a disparu de la circulation et évidemment, à qui vient-on demander de la chercher à deux heures du matin ? À moi… bah oui, parce que « Don, t’es un amour, tu peux aller voir où est Ysée, s’il te plaît ? Elle n’a pas l’air d’être dans son assiette en ce moment. Tu la connais mieux que personne. À toi, je suis certaine qu’elle parlera ». Me parler ? La blague… merci, Maman ! La dernière fois que l’on s’est adressé la parole, on s’est engueulés dans sa bagnole. C’est justement parce que je la connais mieux que personne que je SAIS que je cours droit à ma perte avec elle. Ce n’est pas pour rien que je l’évite depuis… depuis ce qu’il s’est passé dans ma chambre universitaire, le mois dernier.

Putain de merde !

Je quitte le domaine de l’hôtel, et prends à droite sur la jetée, celle qui surplombe la mer. Je n’entends que les rouleaux des vagues qui viennent s’écraser en un voile mousseux sur la plage. Fait chier, putain, je devrais être en train de m’amuser. Qu’est-ce que je fais à la place ? Je cherche Ysée.

Mon regard balaye le moindre recoin. Droite, gauche, derrière les arbres, au bord de la piscine. Cette idiote serait-elle capable de prendre un taxi direction l’aéroport et retourner sur le continent sans prévenir personne ? Non… pas la Ysée que je connais, en tout cas. En même temps… Je m’arrête net de marcher, les mains enfoncées dans mes poches. Est-ce que je la connais si bien que ça ? Honnêtement ? Les sourcils froncés, je me pince les lèvres. Oui, honnêtement oui… et elle ne ferait jamais ça.

Je suis sur le point de rebrousser chemin lorsque mon regard s’accroche sur une petite zone lumineuse dans l’obscurité, à seulement quelques mètres des vagues qui s’écrasent en un bruit que je trouve apaisant. L’avantage d’avoir grandi dans une baraque proche de l’océan.

Avec un profond soupir, je croise les bras sur mon torse. En contrebas, Ysée est assise sur le sable, face à la mer. Ses genoux sont repliés contre sa poitrine, ses bras sont croisés dessus. Elle semble regarder les étoiles. Le dos nu plongeant que lui fait sa robe pointe en une sorte de flèche entre ses reins, là où je sais que deux fossettes existent. Deux fossettes qu’enfant, je trouvais bizarres. Maintenant, en tant qu’adulte, je les trouve plus que sexy.

Je décroise les bras et marche rapidement jusqu’aux escaliers pour rejoindre Ysée sur la plage, dans ce petit coin tranquille qu’elle s’est dégoté juste derrière les rochers. Pas de bol, je l’ai retrouvée. Je sais qu’elle m’évite, tout comme elle sait que je l’évite. Enfin… que j’évite toute cette situation ambiguë entre elle et moi. Je l’évite parce que… parce que je ne sais pas la gérer. Putain, Birmingham, tu vas finir par avoir ma peau !

Je retire mes pompes cirées et vernies, ainsi que mes chaussettes. Je m’enfonce dans le sable, marchant droit devant moi, vers Ysée et ce petit feu de camp qu’elle a concocté afin de se tenir « chaud », bien que je sache pertinemment qu’il s’agit d’une balise de détresse, en mode « je suis ici, venez me chercher ». Quand on n’a pas envie d’être retrouvé, on ne se met pas sur la plage avec un feu. Non. On se planque dans un placard de service, par exemple.

Quand j’arrive enfin à sa hauteur, je lâche mes chaussures à côté des flammes. Je les contourne, faisant face à Ysée. Je ne peux pas m’empêcher de pousser un sifflement de mécontentement. Après tout, c’est moi qui la cherche depuis plus de vingt minutes.

— Bordel, Ysée, t’étais passée où ? demandé-je, les sourcils froncés. Tout le monde est inquiet. Ta sœur a dit que tu étais partie te coucher.

Les yeux toujours rivés vers les étoiles, toutes plus brillantes les unes que les autres, elle ne m’accorde aucun regard. Le menton fièrement relevé, les bras croisés sur ses genoux repliés, je n’aperçois que ses pommettes hautes, recouvertes de taches de rousseur, ainsi que ses longs cheveux caramels, bouclés pour l’occasion et entortillés en une tresse surpiquée de fleurs.

— Allô, les étoiles, ici Hawaï. Me recevez-vous ?

Ma petite boutade a le mérite de lui faire baisser le regard. Finalement, j’aurais préféré qu’elle continue de fixer le ciel. Au moins, je n’aurais pas à faire face à deux grands yeux charbonneux, aussi brillants et brûlants que deux boules de feu. Je déglutis, mal à l’aise.

— Sérieusement, Donovan, fous-moi la paix, commence-t-elle, d’une voix sombre et sèche. Ce n’est pas le moment. Je fais bonne figure depuis qu’on a posé les pieds sur cette putain d’île… mais faut pas abuser. Retourne à la fête et laisse-moi.

OK… plus virulent tu meurs. Je sens que l’on va se retrouver dans la même situation que la dernière fois. Sauf que je n’ai pas du tout envie de m’engueuler avec elle. Pas ce soir. Pas maintenant.

Je me retiens de lâcher un soupir et desserre mon nœud de cravate. Plein le cul de ce truc. J’enlève ce tord-cou et retire ma veste qui terminent en boule sur le sable. Je défais mes boutons de manchette pour remonter ma chemise sur mes avant-bras. Ce soir, je suis prêt à prendre le taureau par les cornes !

À suivre…

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