Underground T4 : Verity

Emilia Robinst · Chapitre 34 sur 62

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Underground T4 : Verity

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CHAPITRE 31

 

 

CONNOR

 

De nos jours…

Assis dans ma bagnole, je fais le guet tel un connard depuis plus de trois heures.

J’ai mal au dos, à la nuque et au cul tant ce 4x4 de mes couilles est inconfortable, mais je n’ai pas le choix.

Ça fait des jours que je cours après Rudy et que cette enflure parvient à m’éviter. Il se planque à l’instar d’un sale rat dans son trou ! Malheureusement pour lui, je connais ses petites habitudes et comme tous les lundis, il récupère sa tune chez Boxing Academy. Que l’on soit en juillet, qu’il ait amené Black Mask dans l’Under, ou que je le cherche partout, ne changera rien à sa cupidité. Hormis une balle dans le crâne de ce vieux roublard, je ne vois pas ce qui pourrait l’arrêter.

Je suis occupé à jouer à une course de voitures sur mon téléphone lorsque Brets, à ma droite, me file un coup de coude entre les côtes.

— Quoi ?! aboyé-je en relevant la tête.

— Il arrive, m’indique-t-il en me montrant un énorme Hummer noir, aux vitres teintées, qui s’immobilise à l’arrière de la boutique, là où nous sommes garés depuis un moment.

— Vous êtes sûrs que c’est lui ? demande Rico, installé derrière, en se penchant entre nos deux sièges.

Je jette un regard dans le rétro central. Cet imbécile a mangé tellement de frites qu’il a encore de la sauce BBQ au coin des lèvres.

— Mec, respecte-toi et arrête de bouffer comme un goret, bordel ! sifflé-je avant de reporter mon attention sur ce qu’il se passe à une trentaine de mètres de nous.

Le fameux Hummer se gare prestement sur une place de livraison, puis Rudy en descend. Il se hâte vers la porte de service. Habillé d’un jean délavé et d’une chemise, on ne penserait pas que ce vieillard de soixante piges a un compte en banque rivalisant avec celui d’une star hollywoodienne.

— On fait quoi, maintenant ? demande Rico en s’essuyant le coin de la bouche d’un revers de main. On le défonce ?

J’arque un sourcil.

— T’as vraiment de la merde à la place du cerveau, toi ! lancé-je, dépité. 

Exaspéré d’être le seul avec assez de jugeote pour mener à bien un projet, je les abandonne dans la bagnole. Le vent qui se lève me fouette les joues. Je traverse la route à l’image d’une flèche, manquant de me faire renverser par une moto. J’adresse un doigt d’honneur à ce connard de motard et m’engouffre dans l’arrière-cour. D’un simple coup de pied, je défonce la porte, m’introduisant ainsi dans la réserve.

La pièce est plutôt vaste malgré un plafond plutôt bas. Je slalome entre de multiples étagères remplies de matos de boxe, puis quitte cette réserve afin de m’inviter dans le bureau de Rudy.

J’ouvre la porte sans même toquer au préalable. Rien à foutre !

Comme c’était à prévoir, ce connard sursaute sur son siège, une paire de lunettes vissée sur son nez, ses mains suspendues au-dessus d’une douzaine de liasses de billets. Toutes de grosses coupures. Entre 50 et 100 $.

Je referme la porte derrière moi avant de m’y adosser, croisant mes bras sur mon tee-shirt noir.

— Connor, commence Rudy d’une voix hautaine. Que me vaut l’honneur de ta visite ? J’ai cru comprendre que tu me cherchais.

— Miguel Johnson… ça te parle ? lancé-je, un sourcil arqué.

Le tressaillement de sa lèvre supérieure sans parler du dilatement de ses pupilles me suffisent largement comme réponse. Je me décolle de la porte, avançant droit vers le bureau. J’attrape l’une des chaises qui traînent contre le mur, la retourne pour m’y asseoir à l’envers, les bras croisés sur le dossier. Rudy m’épie tel un aigle face à sa proie. Dommage pour toi, Ducon, j’ai rien d’une petite souris flippée !

— Ce nom me dit vaguement quelque chose, oui, commence-t-il en posant ses lunettes sur la plus haute pile de billets de 100 $. C’est un flic, non ?

Il se fout de ma gueule, en plus.

J’esquisse un sourire. Glacial. Le feu a beau être mon élément, là, je me sens davantage iceberg qu’incendie. Je m’éclaircis la gorge, avant de rapprocher la chaise du bureau. Le raclement des pieds sur le vieux parquet est la seule chose que l’on entend dans ce bureau aux murs blancs, remplis de photographies de boxeurs, éclairé par une petite lucarne ronde, de l’autre côté de la pièce.

— Ouais, c’est un flic. C’est même celui que t’as payé il y a dix ans pour récupérer les affaires personnelles de mon frère. Dont son téléphone portable, précisé-je d’un ton étrangement calme. Tu sais, celui qui sert à ME MENACER, MOI, MA GONZESSE ET LE RESTE DE MA FAMILLE ! hurlé-je. À COMMENCER PAR DEBBIE ET MA PETITE SŒUR ! DONC, ÉPARGNE-MOI TON AIR SURPRIS, CONNARD ! C’EST CLAIR ?!

Cette fois-ci, je suis hors de moi. J’en ai marre que l’on se foute de ma gueule, non-stop, depuis plus d’un mois. Faut que ça cesse. Très vite !

Face à moi, Rudy n’a toujours pas cillé. Malgré mon regard de tueur, mes narines dilatées et mes mains crispées sur son bureau, il ne paraît pas étonné de me voir dans cet état. Pourtant, dans ses prunelles bleu pâle, ça tourne à vive allure. À tel point que ça me donnerait presque le tournis.

— Très bien, je vais te raconter la vérité, rétorque Rudy en récupérant toutes ses liasses de billets avec calme afin de les ranger dans sa mallette en cuir. En revanche, je te préviens, tu ne vas pas aimer.

— Dis toujours.

Mon cœur pulse dans mes tempes. Je suis furieux. Contre tout le monde, mais surtout contre lui.

— Quand Gaylord nous a quittés, je… je pensais avoir tout perdu. J’avais des dettes, alors… histoire de faire patienter certains bookmakers, j’ai vendu ses effets personnels.

Je fronce les sourcils. C’est quoi ce délire, encore ?

— Tu les as vendus ? répété-je, peu certain de croire en ces putains de bobards.

— Oui. Sur un site spécial. Je savais que les enchères grimperaient étant donné qu’on parlait des affaires du Lord Rouge et… ç’a été le cas. J’ai touché un bon petit pactole.

— T’as vendu les affaires de mon frangin ?!

— Black Mask a acheté le téléphone portable, me précise-t-il, tandis que mon visage passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ce n’est que du business, Connor. J’ignorais qui il était à l’époque. Je ne le savais même pas au moment où j’ai accepté de devenir son coach. Il me l’a caché… tout comme il m’a caché que c’était lui qui s’amusait à vous foutre la pression.

— Mais tu l’as découvert, terminé-je, un sourcil arqué. Et tu le laisses aller dans la cage, samedi soir, face à Oméga…

— Ce n’est que du business, je te le redis, me lâche-t-il avant de remettre ses lunettes sur son nez. J’ai pigé qui était l’acheteur de ce téléphone quand tu es venu m’en parler, le mois dernier. Je me moque de vos petites affaires. J’ai parié gros sur la défaite d’Oméga. Angel Dubh est mon seul espoir de ne pas tout perdre, tu comprends ça ? Les soucis des Lincoln, je m’en tamponne le cul.

Malgré la froideur et la netteté de ses mots, je constate que ses mains tremblent légèrement. Il évite mon regard, tel un gamin pris en pleine bêtise. Eh bien, Rudy, quelle est cette fameuse bêtise ? Que me dissimules-tu, exactement ?

— Si tu t’en tamponnais vraiment le cul, Rudy, tu ne serais pas autant sur la défensive, précisé-je en me levant de ma chaise. Tu n’aurais pas passé ces derniers jours à te planquer comme un rat ! Tu me caches autre chose… et je te jure que je vais le découvrir.

Sans perdre une seconde de plus, je tourne les talons, prêt à quitter son bureau lorsque sa voix s’élève avec gravité dans la pièce :

— Connor ?

Je me retourne, le défiant de mon regard sombre.

— Je ne sais pas ce que Gabe, Coleen ou toi cherchez, commence-t-il avec prudence, néanmoins laisse-moi te donner un petit conseil d’ami… en souvenir de mon affection pour ta famille.

J’arque un sourcil, mauvais.

— Je t’écoute ?

— Vous n’allez pas aimer ce que vous allez déterrer. Crois-moi.

— Et qu’est-ce qu’on va déterrer, d’après toi, hein ?

— Une merde colossale.

— Une ? Non… rectifié-je, en sortant une clope pour me l’allumer. Plutôt, ta merde colossale. Et c’est pour ça que tu veux pas qu’on creuse. Je sais pas ce que t’as trafiqué il y a dix ans, Rudy, mais je te jure qu’on va trouver. Tu nous connais mieux que personne. On lâchera rien. Surtout si ça concerne le mec qui a buté notre frère !

Sur ce, je claque la porte derrière moi, puis quitte l’arrière-boutique de Boxing Academy. Certes, je n’ai pas toutes les réponses à mes questions, cependant j’ai découvert au moins une chose. Le téléphone de Gaylord est bel et bien entre les mains de ce fils de pute de Black Mask.

***

Dans la salle de sport que j’ai aménagée dans les sous-sols de l’Octogone, je boxe depuis plus de deux heures. Depuis que j’ai raccroché avec Gabe et Coleen après leur avoir dit que j’avais enfin mis la main sur ce putain de portable. Qui sait quelles autres choses sa mémoire contient… Maintenant que j’ai cette info, je vais tourner la situation à mon avantage. La ligne téléphonique prépayée de mon frère doit être encore activée, sinon, je ne vois pas comment il aurait pu récupérer ses photos, ou même l’adresse de Debbie. À moins qu’il ait gardé tout cela depuis plus de dix ans ? On va voir ça…

Il est hors de question que je le laisse continuer à nous prendre en chasse. Ou que ce connard d’Adams lui règle son compte dans la cage. Puis quoi encore ? Mes couilles sur un plateau ? Je suis un Lincoln. Pas lui.

Je balance un crochet dans l’un des punching-balls suspendus au plafond, mon esprit focalisé sur le SMS que j’ai envoyé sur le portable de Gaylord. Mon « faut qu’on parle ! » a au moins eu le mérite de me faire comprendre que la ligne est toujours viable. La petite icône « lu » est là pour me le prouver. J’en étais sûr !

Ce seul message suffit à attirer son attention. D’autant plus que je lui ai précisé que je savais que le téléphone de mon frère était en sa possession. Je pars du principe que ce bâtard ne pourra pas s’empêcher de jubiler. 

Je retire mes gants, épuisé. Mentalement, en tout cas. Parce que physiquement, j’ai une patate du tonnerre. Je fourmille de partout. C’est encore pire lorsque je m’imagine face à Black Mask.

En récupérant ma serviette d’entraînement pour m’essuyer le visage et le torse, je jette un coup d’œil à mon téléphone. Toujours aucun retour. Les seuls messages que j’ai reçus proviennent de Mavis. Cette idiote m’envoie une photo de son bide toutes les heures. J’en peux plus. Le mouflard ne fait même pas la taille d’une orange ! Qu’est-ce qu’elle veut ?! Que je m’extasie sur ça ?! Sérieux, elle est enceinte de trois mois ! Pas huit. C’est à peine si son tour de taille a pris deux centimètres.

Je me frotte la nuque avec exaspération et enfile un tee-shirt.

Je m’apprête à quitter la salle de sport afin de rentrer à l’hôtel quand mon téléphone vibre. C’est un SMS.

#De quoi veux-tu parler ?

BINGO !

J’esquisse un sourire. Parfait. Maintenant, j’ai vraiment toute son attention.

Je me pose sur l’un des bancs en métal pour répondre.

#Qu’est-ce que tu nous veux ? écris-je, le cœur comprimé.

J’en ai ras le cul de ne pas savoir. J’exige des réponses. Tout de suite. Je ne suis pas Coleen, qui s’obstine à penser que rien n’est grave, mais qui envoie tout de même sa fille à l’autre bout du pays, ou Gabe, qui se demande encore si on doit en parler à nos parents. Putain, on a une photo de notre mère tenant une mitraillette à vingt ans et la seule chose à laquelle ces deux abrutis songent, c’est au cancer du daron.

La réponse arrive en quelques secondes.

#Tu le sais… Je suis certain que ta sœur te l’a dit.

Je sors une cigarette et me l’allume, les neurones en pleine effervescence. Mis à part qu’il voulait se venger, je crois qu’elle ne m’a rien raconté d’autre. Visiblement, ça a un rapport avec nos parents. Je me demande juste lequel.

Je tire longuement sur ma clope avant de recracher la fumée par le nez. J’écris à toute vitesse.

#Je ne suis pas Coleen ! C’est quoi ton lien avec nous ? Avec mes parents ?

#Je ne peux pas te l’expliquer. Trop compliqué.

J’écrase ma cigarette à même le sol. Sans déconner…

#Mais je peux te montrer…

Son nouveau message me prend de court. Me montrer quoi ?!

#Qu’est-ce que tu veux me montrer ?!

Je me sors une deuxième clope. Puis une troisième.

En quinze minutes, je ne reçois aucune réponse. Je le relance.

#?

#???

#Mec… t’as intérêt à me répondre, bordel !

N’ayant pas de retour, je l’appelle. Tu vas décrocher, enculé de ta mère !

— Le numéro demandé n’est plus attribué… perçois-je à l’autre bout du fil.

— C’est quoi ce délire ?! lâché-je, surpris, en regardant mon écran.

Comment ça le numéro n’est plus attribué ?!

Je tente une nouvelle fois un SMS, mais celui-ci ne s’envoie pas. Le point d’exclamation qui m’annonce une erreur m’indique bien que ce fils de pute a dû mettre le téléphone de mon frère hors service, sûrement en brisant la carte SIM. Putain… Énervé, je tape de toutes mes forces dans la porte. MERDE !

Je sors de la salle de sport pour remonter dans mon bureau.

Il est à peine vingt-et-une heures. En ce lundi soir, l’endroit est désert. Ça tombe bien, je ne suis pas d’humeur à ce que l’on m’emmerde ce soir. Je veux que l’on me foute la paix !

Quand j’arrive à l’étage, j’ai toujours le nez collé à mon téléphone. Je m’excite comme un connard avec mes messages bien que je sache que Black Mask ne les recevra pas. Je suis tellement sur les nerfs d’avoir ce sentiment d’être la proie et non le chasseur que je ne parviens pas à redescendre. J’ai juste envie d’éclater la gueule de quelqu’un !

Je traverse le couloir, long et sombre. J’ai besoin d’un petit combat. Même du street-fight, je m’en branle. Il me faut un punching-ball. Vivant.

— Vince ! appelé-je à voix haute.

Je relève la tête de mon écran, persuadé de voir ce connard me regarder avec ses yeux vides. Ce mec, tu colles ta tronche à la sienne, c’est l’océan que t’entend !

— VINCE ! hurlé-je, réalisant que je suis seul dans le couloir.

Il est passé où ce trou de balle ? Il est censé surveiller mon bureau. Histoire qu’aucun merdeux ne s’y aventure en mon absence.

Alors que je regarde autour de moi, les lumières des néons clignotant étrangement au-dessus de ma tête, mon téléphone sonne. C’est Debbie.

Je rejette l’appel. Pour elle non plus, je ne suis pas d’humeur.

— Vince ?! Bordel, t’es…

La fin de ma phrase reste en suspens.

Ma gorge se serre quand j’arrive devant mon bureau, dont la porte entrouverte laisse dépasser une paire de jambes et des baskets blanches, recouvertes de sang. Putain de merde…

Aux aguets, je sens mon cœur s’accélérer. L’adrénaline monte en flèche le long de ma colonne vertébrale. D’une main tremblante, j’ouvre un peu plus la porte, découvrant le corps de Vince gisant par terre, inerte, les yeux grand ouverts fixant le plafond. Putain de merde !

Sa poitrine est maculée de sang, son visage, moucheté de toute part. Sur le sol, de grandes coulées d’hémoglobines glissent jusqu’à mes pompes.

Putain.

De.

Merde.

— Tu veux toujours que je te montre ?

BORDEL !

Je sursaute comme un taré, avant de me retourner face à une silhouette assise à mon bureau, dans mon fauteuil. Tapi dans la pénombre, la capuche de son sweat dissimulant son visage, je comprends tout de suite qu’il s’agit de Black Mask.

— Dix ans après, t’as toujours la même gueule, Connor, me dit-il d’une voix cassée.

Dans ma poitrine, mon cœur bat si fort qu’il choque mon sternum.

— Je t’aurais bien répondu la même chose, Gary, insisté-je, mais j’ai jamais vu ta tronche d’enculé… répliqué-je avec froideur. Qu’est-ce qu’elles ont tes pommettes ? De l’acnée purulente ? Une cicatrice à la Frankenstein ?! Ou t’as simplement une gueule à la Chucky ?!

Le bas de son visage, éclairé d’un minuscule rayon de lumière provenant d’une des fenêtres, s’étire en un sourire léger.

Le reflet métallique qui inonde ma rétine attire mon attention sur ce qu’il tient dans sa main droite…

— Mec… t’es sérieux, là ?! lancé-je, secoué d’un rire nerveux. Tu me menaces ?! 

— J’ai la main posée sur un flingue, et je te tiens en joue… J’appelle plus ça une « menace », connard. J’appelle ça une exécution.

— Si tu crois que j’ai la trouille, sifflé-je.

Dans ma poche, mon portable sonne une nouvelle fois.

— Non, je sais que t’as pas la trouille, me répond ce fils de pute, tout sourire. Tu seras pas comme l’autre tocard, me précise-t-il en parcourant le cadavre de Vince.

Malgré moi, je suis son regard avant de revenir vers lui.

— Je ne te vois pas me supplier… T’es pas fait comme ça. On n’est pas faits comme ça.

— On ? Comment ça, « on » ?! demandé-je, la respiration sifflante.

Mon pouls bat si fort que ma vision s’illumine de milliers de petits points noirs. Bordel de merde…

— Je t’ai dit que j’allais te montrer… non ?

Je n’ai pas le temps d’esquisser le moindre mouvement que Black Mask se redresse. D’un geste souple, il retire enfin sa capuche, me dévoilant son visage pour la toute première fois.

J’ai l’impression que ma mâchoire va se décrocher.

— Putain… c’est quoi ce délire ?! murmuré-je, sous le choc. C’est… impossible…

— Je t’ai dit que ça serait trop long à expliquer. 1 Slán, Connor.

L’instant d’après, la détonation que j’entends dans tout le bureau bousille mes oreilles. Puis, vient le noir. Juste le noir. Et une douleur tellement intense à la poitrine que je ne peux plus respirer.

 

1. Adieu, Connor.↩

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