Adaptabilité totale
Approfondissez les partenariats avec l’extérieur
Approfondissez les partenariats avec
l’extérieur
Confrontées à une rupture des modèles traditionnels d’approche du marché
et des chaînes logistiques, beaucoup d’entreprises en ont profité pour se
coélever, autant avec leurs clients qu’avec leurs fournisseurs, en vue
d’étendre leur rayonnement et de les attirer aussi à eux. Les outils virtuels
ont donné un coup d’accélérateur et également de l’ampleur à ce genre de
collaboration, permettant aux entreprises d’utiliser de nouvelles sources
d’information et d’idées auxquelles elles ne s’étaient encore jamais
directement frottées. Dans le nouveau monde du travail, ces partenariats
approfondis avec l’extérieur, issus du chaos de la pandémie, se sont révélés
être une pratique collaborative cruciale.
Chez Dow Inc., le choix audacieux et inclusif de nouer des partenariats
extérieurs a contribué à faire de 2020 une année d’innovations et de
mutations. Selon Dan Futter, directeur commercial, l’entreprise y a généré
80 % de débouchés supplémentaires, ce qu’elle n’avait jamais réalisé,
même dans ses meilleurs exercices historiques. La nouvelle stratégie de
mobilisation numérique a été le catalyseur de cette croissance. Avant 2020,
Dow comptait sur ses relations avec ses partenaires existants et sur les
foires et salons pour se créer des opportunités commerciales. Lorsque la
crise sanitaire a entraîné l’annulation de tous les événements publics, Dow a
dû repenser son approche clientèle.
« Si vous nous aviez demandé ce que nous faisions, se souvient le
directeur commercial, la plupart de nos collaborateurs auraient
répondu : “Nous essayons de remplacer ce que nous avons toujours
fait en face-à-face.” Bref, on aurait dit le copiécollé numérique de nos
anciennes méthodes de travail. Vers le mois de juin, c’est devenu :
“Hé ! Nous ne sommes pas obligés de tout reproduire à l’identique.
Cette stratégie axée sur le télétravail est différente. Elle nous rend
plus performants et surmonte certains inconvénients qui peuvent
exister à faire les choses en personne.” »
Chez Dow, le recours aux outils numériques leur a ouvert les portes des
petits clients – ces milliers de chimistes et de formulateurs qui utilisent les
produits de la marque mais n’ont jamais entretenu de relations directes avec
l’entreprise.
« Ce que nous avons réussi à prouver, continue Dan Futter, c’est que
la prévalence accordée au numérique est un facteur prodigieux de
démocratisation. Nous pouvions désormais parler à n’importe qui
n’importe quand, sans nous soucier ni des fossés qui nous séparaient
ni de la manière dont nous traitions entre nous. Nous avons mis en
commun notre savoir-faire et les bonnes idées des clients comme
encore jamais auparavant. C’était l’occasion rêvée pour convier
davantage de personnes à notre table. »
Les informations commerciales, autrefois filtrées par la chaîne de
distribution, atteignent maintenant Dow directement via ses clients de
première ligne – et à une échelle que nul n’aurait osé imaginer.
« Avant, je m’adressais à un seul chimiste à la fois et, aujourd’hui, ce
sont des centaines qui m’écoutent en même temps, se réjouit-il. Alors
que je n’avais que le feedback de mon distributeur, je peux
maintenant interroger les individus impliqués sur tel ou tel marché,
avec les perspectives qui en émanent. Cela nous fournit des retours
beaucoup plus réels et on ne fait encore qu’effleurer la surface d’un
incommensurable champ des possibles. »
En 2020, Dow a connu la croissance grâce à une approche totale de
l’inclusion et de la collaboration. Au lieu d’échanger des mails, l’entreprise
s’est profondément impliquée dans la collaboration virtuelle et synchrone
avec ses partenaires et elle n’a aucunement l’intention de faire marche arrière. En plus d’engager de nouveaux dialogues, les outils numériques
virtuels cocréent des solutions en temps réel avec les partenaires extérieurs.
« Avant, je devais franchir toutes sortes de barrières de sécurité pour
lancer un WebEx externe, se remémore Dan Futter. Et je n’avais
jamais partagé mon espace d’équipe avec la clientèle. Là, nous nous
sommes dit : “Pourquoi maintenir autant de garde-fous ? Créons un
programme commun, un espace d’équipe. Nous pouvons partager nos
informations vingt-quatre heures sur vingt-quatre d’un bout à l’autre
de la planète. Quelle est la prochaine innovation ? Qu’avons-nous
découvert ? Qu’avons-nous testé ? Qu’avons-nous appris ?” »
Selon Anup Sharma, vice-président directeur Global Business Services
(GBS) de LyondellBasell Industries, 2020 a été un point d’inflexion dans
l’établissement de ce genre de partenariat : « Nous avons décidé de tirer
parti de cette période de rupture pour défier les normes habituelles de la
relation avec nos fournisseurs. »
LyondellBasell, un des géants mondiaux de la plasturgie, de la chimie et
du raffinage, s’est allié à Air Products, fournisseur international de gaz
industriel, via un effort collaboratif visant à transformer les produits de
chaque entreprise en générateurs potentiels de valeur pour les deux. De
l’avis de LyondellBasell, la collaboration tourne autour de trois thèmes
majeurs : les investissements mutuels, la fiabilité et la durabilité. Les deux
entreprises procèdent, au fil du temps, à des modifications en matière de
process, de réunions et de mentalités afin d’élargir la relation collaborative
à toute l’organisation – ce qui débouche sur un cycle régulier de critiques
transformatrices.
Rob Whitfield explique en quoi cette restructuration de la relation
transactionnelle classique entre deux mastodontes de l’industrie chimique –
parfois collaborateurs, parfois fournisseurs, parfois concurrents – leur a
permis de décupler les opportunités d’avenir.
« Il y avait déjà eu des efforts pour travailler de manière plus proche,
mais les entreprises coexistaient plus qu’elles ne se dépassaient dans
des domaines où elles auraient pu accomplir tant de choses ensemble,
raconte-t-il. Dès qu’il s’agissait d’innover autour des ressources, elles
en laissaient beaucoup trop sur la table. Pour gagner 10 %, elles
négligeaient des opportunités qui auraient généré des résultats 10 fois
supérieurs. »
La crise de la Covid a généralisé le principe des réunions virtuelles et
donné un nouvel élan à ce type de collaboration. Des conversations qui
avaient débuté de manière individuelle sont devenues des discussions
d’équipe, puis des discussions trans-sociétés.
C’est ce modèle de collaboration externe qui est à l’origine de l’ouvrage
ici présent et du volume énorme de recherches qui le soustendent. Ferrazzi
Greenlight fait partie des nombreux cabinets de conseil à avoir connu un
brusque coup d’arrêt au printemps 2020. Pour nous, ce fut l’occasion
d’approfondir nos investigations et de soigner, voire de construire, des
relations encore plus ancrées sur le long terme.
Depuis des années, je m’associe à Frank Congiu, de LHH, pour
organiser des dîners entre directeurs des ressources humaines. L’un d’eux
s’est d’ailleurs tenu à Manhattan le 4 mars 2020, veille des premières
mesures de confinement qui allaient paralyser les États-Unis. Très vite,
nous avons décidé de rassembler tous les DRH que nous invitions depuis
des années et de leur offrir un forum où, en cette période tourmentée, ils
pourraient s’entraider. J’ai convié mes amis et clients de chez World 50,
Dell, Anaplan, Verizon, SAP, EY, Salesforce et beaucoup d’autres à faire la
même chose avec leurs clientèles respectives. Le but était juste de rendre
service, sans rien attendre en retour. S’en est suivie une série de tables
rondes virtuelles, au cours desquelles nous avons parlé de la crise et de la
façon dont nous pourrions la transformer en point de bascule pour l’avenir
du travail. Quelques mois plus tard, le groupe formerait l’Institut GFTW.
Nous nous sommes assurés que les premières tables rondes débutent sur
une note positive. L’objectif restait la coélévation. Frank Congiu se rappelle :
« Nous commencions toujours par demander aux gens de prendre la
parole en soulignant le bon côté des choses. Les participants
racontaient une anecdote liée au fait qu’ils passaient davantage de
temps avec leurs enfants, qu’ils n’avaient pas pris l’avion depuis des
mois (et qu’ils ne le feraient sans doute pas dans un avenir prévisible)
ou encore qu’ils connaissaient mieux leurs collègues depuis qu’ils
avaient découvert leur maison et leur vie de famille. Dès que nous
attaquions le vif du sujet, les directeurs RH se sentaient donc à l’aise
et étaient plus enclins à partager les solutions de leur entreprise. Cela
s’est transformé en un vaste forum d’échange de bonnes pratiques. »
Résultat ? Malgré un climat de tension extrême, les participants ont pu
communiquer des idées neuves – enracinées dans les preuves de ce qui
fonctionnait ailleurs – à leurs équipes dirigeantes.
« J’ai des clients qui se sont présentés aux tables rondes, d’autres pas,
indique Frank Congiu. Dans l’ensemble, je dirais que les personnes
qui sont sorties de leur organisation pour s’appuyer sur leurs pairs ont
été plus efficaces. C’est le pouvoir des idées en crowdsourcing et de
la collaboration avec des partenaires externes. »
Il ajoute que des entreprises comme Synchrony, Wolters Kluwer et IBM
ont constaté une plus forte implication des employés grâce aux pratiques
apprises lors des séances. « Cela s’est produit à un moment où on aurait pu
croire que les chiffres allaient baisser. Les personnes semblent aussi plus
connectées et plus intéressées. Je les soupçonne d’avoir une foule
d’obligations externes, mais elles ont l’air particulièrement reconnaissantes
du modèle de partage et d’engagement que nous avons créé. » Selon Frank
Congiu, c’est une triple réussite – pour LHH, pour les clients et pour lui-
même en termes de développement personnel. « Une chose que je n’ai pas nécessairement apprise, mais dont j’ai eu la confirmation, c’est
l’importance de diriger avec générosité. »
Cette idée simple et puissante de l’inclusion – tendre la main pour attirer
les personnes à soi – a entraîné la naissance de l’Institut GFTW et de ce
guide. Vous êtes en train de lire le fruit d’une collaboration plus poussée
avec les clients et les partenaires qui, en fin de compte, est directement issu
de la pandémie.
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