Adaptabilité totale
Sachez rester compétitif dans le nouveau monde du travail
Sachez rester compétitif dans le nouveau
monde du travail
L’adaptabilité totale est le meilleur moyen de décrire ce que chaque
entreprise peut et doit faire dans les dix-huit prochains mois pour gagner
cinq ans d’un coup. Sinon, vous mordrez la poussière que vos concurrents
auront laissée derrière eux. En 2020, malgré l’épuisement lié à la pandémie,
nous avons mis un bon coup d’accélérateur à un changement qui, au départ,
aurait dû s’étaler sur plusieurs années. À l’avenir, vous ne pourrez prospérer
et remporter la bataille qui s’annonce que si vous utilisez la méthodologie
de recherche proposée par l’adaptabilité totale et que vous procédez de
façon à renforcer votre organisation – et non à l’épuiser. L’urgence d’une
mutation est réelle. Le défi consiste à conserver son énergie, sa passion tout
au long de la transformation et à ne pas s’effondrer sous l’effet des tensions
ou du rythme qu’elle implique.
S’ils souhaitent rester compétitifs après la pandémie, les responsables
vont devoir maîtriser les principes de l’adaptabilité totale chaque jour de
l’année et à chaque poste de leur organisation. Certes, les entreprises ont
chacune leurs spécificités, mais le cadre instauré par l’adaptabilité totale
incitera l’ensemble des managers à aller de l’avant, à rattraper le temps
perdu, à accueillir de nouvelles réalités et à effacer toujours plus de
frontières.
Bien que, de nos jours, le terme transformation pâtisse d’une utilisation
à outrance, l’adaptabilité totale exige un véritable effort transformatif. Les
traditionnels business models, méthodes de travail et autres structures de
gestion du personnel ne préparent pas à un avenir qui survient plus vite que
la plupart d’entre nous ne l’auraient envisagé. Prenez quelques instants pour
visualiser ce qui, selon vous, pourrait être la réalité de votre métier ou de
votre profession à cinq ans. Si vous refusez d’être un simple suiveur, de
perdre du terrain face à vos concurrents, il y a fort à parier que toutes vos
idées doivent être mises en place dans les dix-huit prochains mois. La barre de la réussite est aujourd’hui beaucoup plus haute et, conjointement, le
terrain est devenu plus abrupt. Vous devez donc instaurer un ensemble
inédit de comportements, de process et de pratiques qui engendreront non
pas 10 % d’améliorations par rapport aux exercices précédents mais, plutôt,
une transformation à la puissance dix, qui vous préparera à un avenir plus
mouvant que vous ne l’imaginiez.
La différence réside exclusivement dans la manière dont on choisit
d’aller de l’avant.
Enchâssée dans notre capacité humaine innée à nous adapter, notre
propension instinctive à trouver du sens se réveille, même après que le ciel
nous est tombé sur la tête. Les catastrophes ont toujours servi de catalyseur
d’innovation et de progrès. Le Grand Incendie de Chicago en 1871, par
exemple, a permis à la ville d’adopter les lois les plus efficaces au monde
sur la prévention des incendies. Après une grave épidémie de choléra qui a
décimé sa population au xix e siècle, New York a imposé des mesures
d’assainissement et de santé publique comme nulle part ailleurs. Quant au
séisme meurtrier de Kobe en 1995, il a permis d’instaurer au Japon les
normes les plus strictes et les plus judicieuses qui soient en matière de
sécurité des constructions. Sur le même modèle, si nous continuons d’aller
de l’avant, la pandémie de Covid nous fournira, au travail, un nouvel
ensemble de codes de classe internationale.
Les catastrophes ne font pas que détruire. Elles révèlent la vérité. Elles
dévoilent les faiblesses des structures humaines – à la fois physiques et
sociales – qui étaient devenues inutiles depuis longtemps quand le drame
s’est produit. C’est ce qui s’est passé en 1871, quand des centaines de
bâtiments tout en bois et tassés les uns contre les autres ont embrasé en
quelques heures le centre-ville de Chicago. Ce fut aussi le cas en 2020,
quand hiérarchies et bureaucraties ont vu leurs défaillances affichées au
grand jour, alors que les équipes et les réseaux d’équipes déclaraient : «
C’est dans ces conditions-là que nous sommes les meilleurs. »
La pandémie a révélé, à petite comme à grande échelle, une foule de
choses qui ne fonctionnent plus depuis longtemps au travail : hiérarchie
verticale (top-down), surplanification, épuisement, principe de réaction, bureaucratie, statisme et mission sans prise de hauteur. Aujourd’hui, nous
sommes tous invités à rejoindre un nouveau monde du travail qui émerge
depuis de nombreuses années, un univers collaboratif et inclusif, agile,
résilient, flexible qui, tout en ayant le sens de l’anticipation et en sachant se
réinventer, reste mû par sa finalité.
Les nouveaux modes de pensée ne viennent pas aisément. Parfois, il faut
être plongé dans un monde étranger, inédit, pour prendre conscience que
notre univers familier ne nous rend pas service.
OceanofPDF.com