Adaptabilité totale

Keith Ferrazzi · Chapitre 5 sur 55

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Adaptabilité totale

Sachez rester compétitif dans le nouveau monde du travail

Sachez rester compétitif dans le nouveau

monde du travail

 

L’adaptabilité totale est le meilleur moyen de décrire ce que chaque

entreprise peut et doit faire dans les dix-huit prochains mois pour gagner

cinq ans d’un coup. Sinon, vous mordrez la poussière que vos concurrents

auront laissée derrière eux. En 2020, malgré l’épuisement lié à la pandémie,

nous avons mis un bon coup d’accélérateur à un changement qui, au départ,

aurait dû s’étaler sur plusieurs années. À l’avenir, vous ne pourrez prospérer

et remporter la bataille qui s’annonce que si vous utilisez la méthodologie

de recherche proposée par l’adaptabilité totale et que vous procédez de

façon à renforcer votre organisation – et non à l’épuiser. L’urgence d’une

mutation est réelle. Le défi consiste à conserver son énergie, sa passion tout

au long de la transformation et à ne pas s’effondrer sous l’effet des tensions

ou du rythme qu’elle implique.

S’ils souhaitent rester compétitifs après la pandémie, les responsables

vont devoir maîtriser les principes de l’adaptabilité totale chaque jour de

l’année et à chaque poste de leur organisation. Certes, les entreprises ont

chacune leurs spécificités, mais le cadre instauré par l’adaptabilité totale

incitera l’ensemble des managers à aller de l’avant, à rattraper le temps

perdu, à accueillir de nouvelles réalités et à effacer toujours plus de

frontières.

Bien que, de nos jours, le terme transformation pâtisse d’une utilisation

à outrance, l’adaptabilité totale exige un véritable effort transformatif. Les

traditionnels business models, méthodes de travail et autres structures de

gestion du personnel ne préparent pas à un avenir qui survient plus vite que

la plupart d’entre nous ne l’auraient envisagé. Prenez quelques instants pour

visualiser ce qui, selon vous, pourrait être la réalité de votre métier ou de

votre profession à cinq ans. Si vous refusez d’être un simple suiveur, de

perdre du terrain face à vos concurrents, il y a fort à parier que toutes vos

idées doivent être mises en place dans les dix-huit prochains mois. La barre de la réussite est aujourd’hui beaucoup plus haute et, conjointement, le

terrain est devenu plus abrupt. Vous devez donc instaurer un ensemble

inédit de comportements, de process et de pratiques qui engendreront non

pas 10 % d’améliorations par rapport aux exercices précédents mais, plutôt,

une transformation à la puissance dix, qui vous préparera à un avenir plus

mouvant que vous ne l’imaginiez.

La différence réside exclusivement dans la manière dont on choisit

d’aller de l’avant.

Enchâssée dans notre capacité humaine innée à nous adapter, notre

propension instinctive à trouver du sens se réveille, même après que le ciel

nous est tombé sur la tête. Les catastrophes ont toujours servi de catalyseur

d’innovation et de progrès. Le Grand Incendie de Chicago en 1871, par

exemple, a permis à la ville d’adopter les lois les plus efficaces au monde

sur la prévention des incendies. Après une grave épidémie de choléra qui a

décimé sa population au xix e siècle, New York a imposé des mesures

d’assainissement et de santé publique comme nulle part ailleurs. Quant au

séisme meurtrier de Kobe en 1995, il a permis d’instaurer au Japon les

normes les plus strictes et les plus judicieuses qui soient en matière de

sécurité des constructions. Sur le même modèle, si nous continuons d’aller

de l’avant, la pandémie de Covid nous fournira, au travail, un nouvel

ensemble de codes de classe internationale.

Les catastrophes ne font pas que détruire. Elles révèlent la vérité. Elles

dévoilent les faiblesses des structures humaines – à la fois physiques et

sociales – qui étaient devenues inutiles depuis longtemps quand le drame

s’est produit. C’est ce qui s’est passé en 1871, quand des centaines de

bâtiments tout en bois et tassés les uns contre les autres ont embrasé en

quelques heures le centre-ville de Chicago. Ce fut aussi le cas en 2020,

quand hiérarchies et bureaucraties ont vu leurs défaillances affichées au

grand jour, alors que les équipes et les réseaux d’équipes déclaraient : «

C’est dans ces conditions-là que nous sommes les meilleurs. »

La pandémie a révélé, à petite comme à grande échelle, une foule de

choses qui ne fonctionnent plus depuis longtemps au travail : hiérarchie

verticale (top-down), surplanification, épuisement, principe de réaction, bureaucratie, statisme et mission sans prise de hauteur. Aujourd’hui, nous

sommes tous invités à rejoindre un nouveau monde du travail qui émerge

depuis de nombreuses années, un univers collaboratif et inclusif, agile,

résilient, flexible qui, tout en ayant le sens de l’anticipation et en sachant se

réinventer, reste mû par sa finalité.

Les nouveaux modes de pensée ne viennent pas aisément. Parfois, il faut

être plongé dans un monde étranger, inédit, pour prendre conscience que

notre univers familier ne nous rend pas service.

 

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