Adaptabilité totale
Étendez l’action des coachs personnels au distanciel
Étendez l’action des coachs personnels au
distanciel
Nos travaux ont montré qu’au niveau le plus intime de l’inclusion
collaborative – celui qui a connu une formidable montée en puissance
pendant les confinements et les périodes de distanciation sociale de 2020 –,
les cadres souhaitaient davantage s’ouvrir au monde pour donner leur avis
ou leurs recommandations. Tout au long de la pandémie, de nombreux
responsables ont créé des réseaux de soutien personnel de conseillers et de
coachs. Nos discussions à l’Institut GFTW ont révélé comment ils allaient à
la rencontre des autres, et de manière plus approfondie, essentiellement
parce qu’ils éprouvaient le besoin inédit de partager leurs idées. À cet
égard, ils ont pu s’appuyer sur la démocratisation des outils virtuels et sur le
temps libre que leur offrait le déclin des voyages d’affaires.
À titre personnel, nous sommes nombreux à avoir recontacté des amis
perdus de vue afin de vivre des moments de partage ouverts, plus à nu, et de
nous faire coacher par nos semblables. L’environnement virtuel est l’endroit
idéal pour récupérer les conseils de ses confrères à l’intérieur comme à
l’extérieur de l’entreprise, voire en dehors de son secteur d’activité. Nos
idées ont passé l’épreuve du feu face à des personnes que nous respections
et que nous admirions, ainsi que devant un éventail plus diversifié
d’individus – par exemple, de vieilles connaissances qui avaient une vision
complètement extérieure à notre culture d’entreprise. Chez Ferrazzi
Greenlight, nous avons eu la chance incroyable que des leaders éclairés
comme Peter Diamandis, Jim Kwik et Vishen Lakhiani assistent à certaines
réunions. En retour, nous avons été honorés de rejoindre leurs équipes et de
les aider.
S’il y a bien une leçon de taille que la crise sanitaire nous a apprise, c’est
qu’il est possible de se coacher généreusement les uns les autres, sans
même avoir à se côtoyer en chair et en os. Avant la pandémie, nous nous
serions peut-être croisés par hasard à une réunion de vente ou au bar d’en bas quand, le soir, les collègues partagent leurs déboires et leurs anecdotes
en s’apitoyant sur leur sort ou en résolvant leurs problèmes. Quand le
télétravail généralisé a coupé court à toutes ces occasions de se renseigner
de manière informelle, certains responsables ont décidé d’officialiser ce
qu’on pouvait jusque-là apprendre fortuitement. Avec autant d’employés
stressés et limités par le temps, il était urgent de leur proposer des
ressources de coaching en peer-to-peer.
WW (ex-Weight Watchers) s’est toujours vanté de proposer des coachs
certifiés sachant prêter main-forte aux membres (clients) et de promouvoir
l’aide mutuelle entre membres. Quand elle a adapté son business model au
spectre numérique en offrant des ateliers numériques, l’entreprise a aussi
lancé des séances de formation pour ses nouveaux coachs en ligne. Une fois
par semaine, ces derniers se réunissaient par groupes de trois afin de
partager leurs soucis et leurs solutions quant à leur transition vers une
activité à distance. Ils se demandaient comment dispenser les meilleurs
ateliers possibles, impliquer les membres de loin ou encore concilier leurs
charges personnelles (s’occuper des enfants, faire l’école à la maison…)
avec leurs responsabilités de coach. Au sein d’un nouveau contexte de
travail, le coaching est devenu un système formel de soutien et de
progression entre pairs.
Chez Merrill-Lynch, où existait déjà le solide Advisor Growth Network
en peer-to-peer, l’isolement lié à la pandémie a entraîné la création d’un
podcast bihebdomadaire modéré par les pairs, auquel se connectaient trois à
quatre mille conseillers financiers de la société. « C’est du jamais vu, se
réjouit le directeur général Andy Sieg, qu’autant de conseillers cessent leurs
activités à telle heure pour écouter ce que l’entreprise et leurs homologues
ont à dire. »
Le dynamisme et la libre circulation des idées entre responsables à
l’Institut GFTW sont, au fond, un immense exercice de transversalisation –
véritable antidote dans notre monde placé en quarantaine, où l’inclusion est
facteur d’innovation et de croissance. À mesure que le travail d’équipe en
coélévation prend forme, on souhaite forcément continuer d’étendre son
rayonnement pour attirer davantage de personnes à soi. Hélas, il ne suffit pas de diriger un équipe cocréatrice dynamique quand on évolue au sein
d’une structure dirigeante hiérarchique et rigide. Ces nouveaux outils et
bonnes pratiques n’exprimeront pas leur plein potentiel de vitesse et de
flexibilité s’ils restent contrôlés par une bureaucratie lente et autocentrée.
La création de valeur dans notre nouveau monde du travail se définit par
l’autonomisation des équipes et l’orientation client – principes essentiels du
management agile, thème du chapitre suivant.
OceanofPDF.com