Adaptabilité totale
Garantissez la qualité du travail par le feedback d’équipe
Garantissez la qualité du travail par le
feedback d’équipe
En fonctionnant par sprints pour obtenir des résultats axés client, l’agilité
propose une nouvelle méthodologie de travail. On troque son obsession de
productivité individuelle contre un esprit de responsabilité mutuelle entre
membres des équipes interfonctionnelles et auto-organisées. La présence de
personnes issues de services différents apporte son lot de vérifications et
d’équilibrages tout au long du processus. Une fois encore, la clé est de
veiller à ce que les bonnes parties prenantes soient impliquées. Si les
membres d’une équipe transversale franchissent la ligne d’arrivée
ensemble, c’est que le groupe aura rempli ses objectifs en traitant de
manière proactive des problèmes qui auraient pu tout gâcher s’ils n’avaient
pas été pris à temps. On appelle parfois cette approche un pre-mortem.
Il peut arriver que des managers s’interrogent sur la productivité de leurs
équipes agiles. Privés de bilans de microgestion, ils veulent s’assurer que
leurs employés se donnent au maximum. Ils devraient plutôt se demander :
comment m’assurer que mon personnel travaille ensemble et qu’il travaille
bien ? Ce questionnement touche au cœur de la façon dont les dirigeants
gèrent et conçoivent leur organisation en termes de responsabilités… et le
problème dépasse certainement la manière dont les équipes sont organisées.
L’avantage des sprints est que, pendant les jours d’action – voire les
heures, selon l’urgence du projet –, les collaborateurs décident eux-mêmes
de ce qui doit être fait, par qui et d’ici quand. Ce type de reddition des
comptes entre pairs est le meilleur allié du manager débordé. À force de
passer votre temps à vouloir rendre tout le monde responsable de ses actes,
vous ne dirigez pas vraiment. Vous pédalez dans la semoule et vous ne
rendez service à personne. Il est même fort probable que vous ralentissiez
l’équipe et l’entreprise.
Les groupes agiles fonctionnent de sorte que ce n’est pas à un individu
d’atteindre un but ou de boucler un projet : cela relève d’une responsabilité collective. Une telle approche se situe dans la droite lignée de l’engagement
collaboratif à « franchir la ligne d’arrivée ensemble ». Si quelqu’un
trébuche ou qu’il rencontre un écueil, un collègue s’arrête, se retourne et en
amène un troisième. La démarche implique, certes, de partager les
ressources ou le temps, mais il est surtout essentiel de partager les
responsabilités.
Le fait de passer au management agile et d’intégrer des sprints offre un
cadre de responsabilité. Néanmoins, comment être certain que les employés
communiquent entre eux et qu’ils se transmettent les informations
nécessaires pour se tenir tous mutuellement responsables du projet ? Nous
vous recommandons une technique que nous avons baptisée le
bulletproofing2.
Quand Ferrazzi Greenlight commence à travailler avec une organisation,
une des leçons marquantes de ses audits initiaux est souvent le temps
gaspillé en comptes rendus, au cours desquels, les uns après les autres, les
employés expliquent par le menu ce sur quoi ils travaillent. Quel gâchis, au
lieu de collaborer réellement et de résoudre les problèmes ! C’est surtout le
cas des équipes fonctionnant sur le principe de responsabilités réciproques.
Grâce au bulletproofing, le compte rendu devient une présentation
orientée. Quelqu’un parle pendant un quart d’heure des gros projets sur
lesquels il/elle travaille, des risques, des défis et – le plus crucial – de ce
que les autres peuvent faire pour l’aider. Après quoi, l’équipe se scinde en
sous-groupes de trois afin de lancer une discussion constructive sur la
présentation. Dix minutes suffisent. En revanche, la taille du groupe n’est
pas négociable. Il faut être trois. Avec davantage de personnes, la franchise
prend vite la poudre d’escampette.
Chacun de leur côté, les sous-groupes abordent les points suivants :
Quel défi ou quel risque devrions-nous porter à l’attention du groupe
entier ?
Quelles innovations ou idées originales peuvent être bénéfiques ?
Quelle aide ou quelles ressources pouvons-nous proposer ?
Au terme des ateliers, tout le monde revient livrer ses conclusions à
l’ensemble des participants. Le plus beau, dans le bulletproofing, c’est
qu’on ne se contente pas d’apporter un retour d’information. L’enjeu est
aussi de diminuer les risques en mettant au jour les difficultés potentielles
que l’orateur seul n’aurait pas pu prévoir. On recueille de nouvelles idées.
Et, par-dessus tout, on souligne les interdépendances du groupe.
Les équipes agiles auxquelles on a confié une mission claire et des
ressources adaptées peuvent s’auto-organiser et s’autogérer. Elles décident
quelles approches, quelles personnes, quelles ressources sont nécessaires
pour remplir leurs objectifs. Bref, on passe de normes axées sur l’autorité
hiérarchique à une culture centrée sur le client. La responsabilité circule de
chaque membre vers l’équipe, et de l’équipe vers chaque membre. Le
collectif entier – et pas uniquement le patron – livre son feedback sur les
performances. À ce niveau-là, la reddition des comptes entre pairs est un
nouveau muscle qu’il faut faire travailler régulièrement pour qu’il atteigne
son plein développement. Vos collègues prendront conscience qu’ils ont
besoin du succès des autres et alors, seulement, ils franchiront la ligne
d’arrivée ensemble.
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