Adaptabilité totale
Diagnostiquez la résilience de votre équipe
La résilience est un thème récurrent des entretiens de recherche et des
consultations que l’Institut GFTW mène avec des salariés de World 50, un
de nos partenaires historiques. Grâce, notamment, aux discussions des
groupes de consultation, nous avons compris que les entreprises avaient
grand besoin de déterminer les facteurs de stress chez leurs employés et de
cocréer des solutions.
De nombreuses équipes coachées par nos soins ont été gravement
affectées par les inquiétudes liées à la pandémie. Leurs responsables se sont
sentis au plus bas, parfois au bord des larmes. En me rensei-
gnant sur la résilience d’équipe, je me suis aperçu que les ressources
disponibles s’attachaient surtout à la sérénité mentale et émotionnelle des
salariés.
À l’Institut GFTW, nous nous sommes assuré le concours de WW et de
Headspace, deux des marques les plus éminentes et les plus passionnées
dans le domaine du bien-être au travail, afin qu’elles multiplient les
entretiens sur le phénomène de résilience d’équipe. C’est là que nous nous
sommes rendu compte que les dynamiques relationnelles à l’origine des
réussites collectives étaient aussi primordiales dans la résilience globale
nécessaire pour performer.
Les équipes à la pointe de la coélévation sont également plus résilientes.
Leurs membres expriment mieux leurs besoins, ils résolvent les problèmes
ensemble et s’enhardissent plus vite. La culture d’équipe est résiliente, au
sens où l’absence de réaction défensive ou d’insécurité entre collaborateurs
permet aux employés en difficulté d’appeler à l’aide.
Nous nous sommes ensuite associés, chez LHH, avec Mary-Clare Race
et Taryn Marie Stejskal, respectivement fondatrice et responsable résilience
du Resilience Leadership Institute. Notre ambition était d’élaborer, sur la
résilience d’équipe, de nouvelles idées qui viendraient compléter l’immense
travail déjà accompli sur la résilience personnelle (citons, par exemple, les recherches de Carol Dweck sur la mentalité de croissance). Nous avons pris
note des actions et comportements observables au sein des équipes au
moment d’évaluer leur résilience – par opposition à la tentative de mesurer
les pensées et attitudes individuelles – et nous avons établi que les
comportements suivants étaient les indicateurs les plus fiables d’une bonne
résilience collective.
Performance. L’équipe remplit-elle ses objectifs ? Un des marqueurs
les plus limpides de la résilience est de savoir si une équipe accomplit
ses missions et atteint les objectifs qu’on lui a fixés. Les délais sont-
ils respectés ? La qualité du travail est-elle au rendez-vous ? Ou
l’aiguille des indicateurs classiques de résultats part-elle dans la
mauvaise direction ?
Franchise. Cet indicateur clé d’efficacité est déterminant, lui aussi,
pour estimer la résilience. Les collaborateurs sont-ils en capacité de
se montrer ouverts et honnêtes dans leurs échanges et leurs retours
d’information ? Les membres d’une équipe non résiliente ne peuvent
pas se dire la vérité en face ni identifier et décrypter collectivement
les défis auxquels ils se heurtent. Le manque de franchise reflète un
manque de confiance, preuve que la résilience a volé en éclats. Au
lieu de mettre cartes sur table, les personnes se dénigrent à voix basse
ou offrent à leurs responsables une critique non sollicitée et peu
flatteuse de leurs collègues. Dans le pire des cas, certains salariés
vont jusqu’à rudoyer ou dominer les autres ;
Ingéniosité. Confrontés à un défi, à un problème, les membres de
votre équipe élaborent-ils ensemble une solution créative et efficace ?
Une équipe ingénieuse consacre son énergie aux solutions et reste
concentrée sur les résultats, sans se soucier des conditions
extérieures. Une équipe non résiliente, elle, perd son temps à ruminer
l’injustice d’une tâche ou à se plaindre de la somme de travail requise
pour résoudre une difficulté. Elle va se complaire dans le doute sur le
bien-fondé de ce qu’on lui demande, alors qu’une équipe résiliente,
même en exprimant des doutes identiques, trouvera des solutions en
travaillant dessus ;
Compassion et empathie. Les membres de votre équipe se soucient-
ils réellement les uns des autres ? Partagent-ils autant les réussites
que les défaites ? Dans une équipe résiliente, le bien-être de chacun
est une préoccupation majeure et sincère. Impossible de mobiliser la
résilience collective si on n’a que faire de son voisin de bureau ou si
on ne s’engage pas à partager équitablement les succès et les échecs.
La résilience s’exprime souvent dans le désir profond de coélever
l’équipe au lieu de chercher la reconnaissance ou la réussite
individuelle ;
Humilité et vulnérabilité. Vos collaborateurs savent-ils demander ou
accepter de l’aide ? Une équipe non résiliente rechigne à admettre
qu’un problème est devenu ingérable, et ses membres hésitent à
solliciter un collègue proche ou un autre employé de l’entreprise. Les
problèmes ont alors tendance à se cacher sous le tapis et plus
personne ne veut se charger de concevoir une solution ;
Persévérance productive. Votre équipe sait-elle changer de cap tout
en maintenant son objectif ? Ce que Taryn Marie Stejskal appelle «
persévérance productive » est l’aptitude à s’adapter et à naviguer sans
heurts entre le maintien de la mission et les modifications de
trajectoire. Une équipe non résiliente refuse de changer de voie quand
les circonstances l’exigent et s’en tient strictement au plan, ou bien
elle bifurque d’un seul coup et perd son objectif de vue ;
Grati-osité. Votre équipe est-elle capable de grati-osité, c’est-à-dire
de gratitude et de générosité ? Taryn Marie Stejskal a forgé ce mot
pour décrire le talent qui allie ces deux caractéristiques. La gratitude
survient quand on décide de voir le bon côté d’un défi et en quoi cela
a permis de s’améliorer, alors qu’au départ, on ne l’aurait pas choisi.
La générosité consiste à partager ces histoires au grand jour – plutôt
que de distribuer des conseils au compte-gouttes – afin que les autres
tirent leçon de l’expérience. Une équipe non résiliente évite la
réflexion ou se pose en victime ;
Intention positive. La mentalité de votre équipe est-elle d’afficher les
meilleures intentions ? Cet ultime comportement est une mentalité ou
une perspective : n’oubliez pas de mettre en place une intention
positive entre les collaborateurs. Les individus peuvent rencontrer des
problèmes personnels ou vivre le stress d’une façon qui vous
échappe. En étant convaincu que votre équipe fait du mieux possible,
vous lui communiquez soutien, patience et empathie. Au lieu de
supposer que X ou Y n’a pas effectué une tâche, demandez-lui si
vous n’avez pas raté un mail ou réfléchissez à comment l’aider.
Pour surveiller au mieux son niveau de résilience, l’équipe pratiquera ce
genre de diagnostic une fois par mois via la RCP (résolution collaborative
de problèmes). Imaginez une RCP en deux étapes : d’abord, vous dressez la
liste des facteurs de stress qui affectent l’entre prise, puis vous collaborez à
toute vitesse pour définir des solutions pratiques. Adapter la RCP au
diagnostic de résilience d’équipe permet d’en tirer le meilleur parti : un
engagement collectif total, grâce auquel on assume la responsabilité des
problèmes du groupe et des solutions cocréées.
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