Adaptabilité totale
Utilisez des pratiques à haut rendement pour soutenir la résilience collective
Utilisez des pratiques à haut rendement pour
soutenir la résilience collective
En tant que responsable, considérez la résilience comme si chacun de vos
collaborateurs avait un compteur sur le front, une jauge qui mesure son
niveau d’énergie et d’implication. À vous de tout faire pour que l’aiguille
reste au beau fixe ou pour redresser la barre. Aujourd’hui, dans le nouveau
monde du travail, la surveillance du niveau d’énergie est devenue l’affaire
de tous. Les troupes restées soudées pendant la crise de 2020 sont celles
dont les managers, aidés de leurs employés, ont veillé à ce que les batteries
soient toujours chargées à bloc.
Chaque salarié est néanmoins différent, avec sa propre façon de réagir
aux facteurs de stress qui oppressent l’équipe. Jan Bruce, directeur général
et cofondateur de la plateforme de résilience numérique meQuilibrium, met
en avant des recherches laissant entendre que les personnes les plus
créatives et les plus innovantes – celles qui ont le plus de chances d’être
impliquées dans des projets ultrastratégiques – sont les plus exposées au
risque de burn-out professionnel. Or, on compte aussi sur elles pour être les
plus résilientes.
Élever le niveau global de résilience d’un groupe demande un niveau de
conscience de soi et d’empathie que tout le monde ne possède pas toujours
a priori. Les responsables doivent évaluer l’état de leurs équipes, identifier
les points faibles, puis proposer des stratégies qui aideront les
collaborateurs à faire tomber les barrières et à ériger les bases de la
confiance, de la transparence et de la conscience de soi. Nos travaux sur les
pratiques à haut rendement ont établi que les comportements managériaux
suivants offraient les meilleurs résultats.
Engagez-vous à bâtir une résilience mutuelle L’esprit même de la coélévation est que nous nous engagions, malgré
l’adversité, à soutenir la croissance des uns et des autres. Utilisez le
processus de recontractualisation décrit au chapitre 2 pour vous assurer que
la résilience d’équipe est un élément clé du contrat social explicite qui régit
les comportements de votre main-d’œuvre. Discutez de tous les avantages
souhaitables de la résilience d’équipe et mettezvous d’accord pour
encourager le succès de chacun à entretenir ces comportements. Veillez à ce
que le contrat définisse des attentes claires concernant l’unité du groupe et
le soutien entre pairs. Si quelqu’un rencontre des difficultés, l’équipe
entière aura le devoir contractuel de lui venir en aide. Si elle semble
indifférente aux déboires d’un des siens, rappelez-lui l’existence du contrat
et vos attentes.
Privilégiez le feedback positif, plus important que jamais
Les retours d’information fréquents et rapides contribuent à la bonne
marche des méthodes de travail collaboratives et agiles. Défendre la
résilience d’équipe nécessite que ce feedback soit formulé en termes
positifs.
Sur ce point, le travail à distance ou hybride ajoute un niveau de défi
supplémentaire. Les managers doivent en avoir conscience et s’engager à
offrir le renforcement positif qui, jusque-là, était délivré en personne, sur un
mode plus informel. Par exemple, on oublie vite de féliciter un intervenant
après une présentation Zoom, dès lors qu’il a disparu de l’écran. Le travail
d’équipe à distance ou hybride requiert aussi une communication ouverte et
transparente, transmise à intervalles rapprochés. Lors de notre séance WW,
Bill Martin, d’AEG, nous a raconté que, durant toute la pandémie, il
envoyait régulièrement des messages à ses employés pour les rassurer et
leur dire que leur poste serait maintenu au trimestre suivant. Voilà une
bonne pratique à mettre en œuvre pour n’importe quel trimestre de
n’importe quelle année.
Partagez votre histoire ; assumez vos défis
Il faudrait que la croissance et le développement professionnels des équipes
incluent des exercices dont l’objectif serait d’améliorer leur résilience. Afin
de créer un climat de confiance et d’honnêteté, les responsables doivent
encourager les employés à exprimer leurs craintes, à décrire leurs défis
relationnels et, ensuite, solliciter l’équipe en vue d’ébaucher des solutions.
Utilisez la RCP dans un espace de sécurité psychologique, de sorte que tout
le monde puisse cartographier le voyage de sa propre vie (les hauts et les
bas), puis en partager les moments forts avec ses collègues. L’animateur de
la réunion peut demander à chacun de dévoiler ses sentiments sur l’état de
l’équipe et d’évaluer les soucis du groupe, tels qu’il les voit. Il incitera les
participants à endosser leur part de responsabilité dans les problèmes
existants et s’assurera que chacun ait son mot à dire.
Ayez recours aux observateurs indépendants
Les responsables résilients invitent des experts extérieurs à proposer, entre
autres, une vision objective de la dynamique d’équipe. Engagez un coach
spécialisé en résilience collective. Vous aiderez ainsi vos effectifs à porter
un jugement sans filtre sur leur travail.
Montrez que vous n’êtes pas indifférent
Un responsable doit régulièrement démontrer qu’il porte un intérêt sincère
aux progrès de son équipe. Comment ? En posant des questions
d’approfondissement pour comprendre les difficultés sous-jacentes qui
entravent la résilience. Interroger ne constitue néanmoins que la moitié de
l’équation : le manager doit aussi écouter attentivement les réponses
obtenues. C’est là qu’un déficit de résilience peut se révéler.
Imposez la pause Quelques minutes, quelques heures ou quelques jours loin du bureau (ou de
l’ordinateur, le cas échéant), c’est souvent juste ce qu’il faut. Tout ce qui va
d’une coupure de 10 à 30 minutes jusqu’à la prise des congés payés que
vous avez mérités peut être une aubaine pour la santé mentale.
« Aujourd’hui, il est important que les patrons encouragent leurs
salariés à prendre des vacances, qu’ils partent physiquement ailleurs
ou pas, indique la psychologue clinicienne Sera Lavelle, du centre
médical new-yorkais Health Hypnosis & Integrative Therapy. Les
recherches montrent sans ambiguïté qu’en posant davantage de
congés, on a une meilleure productivité, un meilleur équilibre vie
professionnelle/vie privée et, à long terme, moins de risques de faire
un burn-out ou de tomber malade. »
Les collaborateurs doivent être incités à se ménager des pauses ou à se
fixer des temps de travail sans réunions. Chez Grey Horse
Communications, agence de relations publiques et de communication
établie à New York, la direction a mis au calendrier général une notification
à 15 heures chaque jour du printemps pour rappeler à tous de faire une
pause et de sortir prendre l’air. Selon Tom Spahr, vice-président du
développement et de la gestion des talents chez The Home Depot, son
entreprise prône des réunions de 45 minutes autant que des « réunions
ambulantes », où, tout en se promenant, on gère ses affaires par téléphone.
Enfin, bien sûr, il ne suffit pas de vouloir que son équipe soit résiliente
en des temps aussi troublés : il faut bâtir cette résilience à partir de zéro,
puis mettre en place des mesures qui la régénéreront en permanence.
Considérez-la comme une batterie à recharger régulièrement pour faire le
plein d’énergie. Les équipes qui auront pris des mesures en ce sens se
rendront compte qu’elles sont mieux armées et, surtout, plus à même de
relever n’importe quel défi.
Misez sur la résilience pour embaucher À mesure que nous affinons notre compréhension du sujet, la résilience
d’équipe devient un atout de plus en plus recherché dans les protocoles de
recrutement et de promotion. Quand vous avez devant vous deux ou trois
candidats aux compétences équivalentes, demandez à chacun de se
remémorer une situation épineuse qu’il a eu à gérer, puis écoutez-le bien
raconter l’histoire. A-t-il pris à sa charge de résoudre le problème ? A-t-il
demandé de l’aide et fait preuve d’ingéniosité ? Ou rejette-t-il la faute sur
une tierce personne ? Pendant qu’il parle, soyez attentif aux comportements
de diagnostic essentiels à une bonne résilience collective. Guettez la
compassion, l’humilité, la gratitude, la générosité. Demandez-lui quelle
leçon il a tirée de l’expérience. Le niveau de résilience propre à chaque
personnalité se révélera. Au moment de finaliser le recrutement, vous
estimerez peut-être que le candidat qui possède le moins de compétences
techniques sera le plus apte à favoriser la résilience d’équipe. De toute
façon, les compétences techniques pourront être acquises plus tard, et les
personnes très résilientes ont tendance à être particulièrement réceptives
aux nouveaux apprentissages.
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