Black riders, Tome 2 - Girl Crush

C.j. Ronnie · Chapitre 43 sur 76

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Black riders, Tome 2 - Girl Crush

43 - Brandon

43

 

Brandon

 

Ma tête va imploser. Jamais je ne parviendrai à retenir toutes ces informations. Tout se mélange dans mon esprit. Dans deux jours, j’ai un contrôle de biologie cellulaire. Mon cerveau me lâche et annonce forfait alors que la période des examens n’a pas encore commencé. Je ne sais plus dans quel processus intervient l’ADN polymérase. Est-ce dans le cas de sa réparation, de sa recombinaison ou de sa transcription ? Et encore, je ne parle pas de liaison anhydride ou des particularités de l’ADN mitochondrial humain.

Je jette mes cours sur mon lit et me passe la main dans les cheveux à plusieurs reprises pour me remettre les idées en place. Luke a peut-être raison, je me mets trop la pression pour les cours, sauf qu’il faut que je réussisse. J’ai besoin de réussir quelque chose, en ce moment.

À force de surréagir, la douleur lancinante que je cherchais à ignorer monte en puissance. Et je n’ai plus de comprimés, quelle merde !

Je suis allé à la pharmacie hier, mais le pharmacien a refusé de me délivrer ce que je voulais. Logiquement, j’aurais dû venir chercher la prescription dans quinze jours. J’ai essayé d’invoquer l’excuse d’avoir fait tomber les comprimés sur le trottoir, mais il n’a rien voulu entendre.

Jusqu’à maintenant, je n’avais pas conscience de la quantité de gélules que je m’enfilais à longueur de journée. Je savais que je dépassais la dose, mais pas à ce point. Résultat, je dois vivre pendant quinze jours avec cette tension permanente qui me compresse le cerveau. Je suis dans la merde. Je ne vais pas pouvoir survivre aux examens si j’ai tout le temps mal.

Le sachet que Luke m’a refourgué sans que je le veuille se rappelle à mon bon souvenir. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas foutu à la poubelle. J’ouvre le tiroir de ma commode et fouille parmi mes t-shirts. Ma main tombe sur lui, les gélules jaunes et bleues semblent vouloir me narguer. Elles pourraient être ma solution, le temps de pouvoir récupérer mes médicaments à la pharmacie. En quinze jours, on ne peut pas devenir dépendant à la drogue, pas vrai ? De toute façon, ça n’en est pas véritablement, d’après les explications de Luke, ça ressemblerait plus à des fortifiants, des super vitamines.

Je me passe une main sur le visage, perdu. J’essaie de convaincre qui ? Évidemment que c’est de la drogue !

Je reste tétanisé pendant plusieurs minutes à fixer les pilules nichées au creux de ma main.

Finalement, une décharge dans ma tête décide pour moi. J’ai l’impression qu’on vient de m’enfoncer une aiguille dans le cortex cérébral. Je ne me souviens plus de la couleur pour la douleur. Tant pis ! J’en prends une de chaque couleur et les avale d’un coup. Je prends le temps de cacher le sachet au fond de mon tiroir et pars m’allonger sur le lit pour laisser agir les produits.

*

* *

Ces pilules sont miraculeuses. La douleur est enrayée et mon cerveau est comme neuf. Si neuf qu’il absorbe toutes les informations que je lui fais ingurgiter comme une éponge.

En les prenant, j’avais l’impression de toucher le fond, mais toute pensée négative m’a désormais déserté et j’ai l’impression de revivre. Je me sens même en forme pour attaquer les révisions sur la biologie organique. Ces examens, je vais les passer haut la main !

J’entre dans le salon à la recherche d’un volontaire pour me poser des questions sur mes fiches. Je suis persuadé d’être au point, cependant je veux m’assurer que toutes les chances sont de mon côté pour réussir.

Seul Dannyboy est présent. Son attention est entièrement focalisée sur l’écran de la télé et ses mains s’agitent sur la manette de la console de jeux.

— Danny.

— Ouais ?

— Tu penses pouvoir laisser tomber la console et m’aider pour un truc ?

— Tu veux quoi ? Ça a intérêt à être super important, je suis en train de battre le record de Jace. Il me prend trop la tête parce qu’il est numéro 1, il est temps que les choses changent.

J’observe l’écran et je vois qu’il est vraiment à deux doigts de battre le record de Jace. Je m’assois sur un des fauteuils et pose mes fiches sur la table basse. Mes révisions peuvent être repoussées d’une petite heure. Il faut vraiment que j’immortalise le moment où Dannyboy aura supplanté le score de celui qui prend un malin plaisir à me pourrir l’existence.

— Reste concentré et dégomme son score, lui dis-je. Je veux voir sa tête quand il s’apercevra que tu l’as explosé !

Hayley entre à cet instant dans le salon et entend la fin de notre conversation :

— Ce n’est qu’un jeu, vous en êtes conscients ?

— Nous, oui, rétorqué-je le regard rivé sur l’écran, mais Jace non. Ton mec n’a pas la victoire modeste et rien que pour le voir en deuxième position dans le classement, je suis prêt à payer une fortune.

— Danny a vraiment une chance de gagner ? me demande-t-elle.

— Il est à deux doigts si on le déconcentre pas.

— Ferme-la, dans ce cas, et fais-moi une place. Je vais filmer la victoire et l’envoyer à Jace.

— T’es l’incarnation du diable, Glitter Girl.

— C’est surtout que c’est le meilleur moyen de le faire rentrer plus vite à l’appart. Il aurait dû être ici depuis une heure.

— Vous êtes retorses, les nanas, lance Dannyboy.

Hayley détache son attention de l’écran et verrouille son regard au mien :

— On se défend avec les moyens qu’on a à notre disposition, lui lance-t-elle. Tout va bien, Brandon ? me demande-t-elle ensuite avec un ton inquiet.

Sa question me met sur la défensive.

— Pourquoi tu me poses cette question ?

— Tes yeux sont rouges. Et je ne sais pas, je trouve que… J’en sais rien, il y a un truc qui… Ah merde je ne trouve pas mes mots pour décrire mon impression.

La victoire de Dannyboy me sauve la mise.

— Ouiiiii !

Dannyboy saute d’un bond du fauteuil et se met à hurler dans l’appartement et à danser les bras dans les airs :

— C’est qui le meilleur ? C’est qui le patron ? s’exclame-t-il en se tapant contre le torse.

Hayley se précipite pour actionner l’enregistrement de la vidéo.

— T’enregistres, Glitter Girl ? lui demandé-je.

— Oui, chuchote-t-elle.

— Ton mec va être très, très énervé.

— Plus encore, je pense, me confirme-t-elle, une lueur diabolique dans le regard.

Dannyboy reprend enfin ses esprits et, la voix essoufflée, interroge Hayley :

— T’as immortalisé ma victoire ?

— Oui, tout est dans la boîte.

— Parfait, tu me l’envoies sur mon portable ?

— Je le fais en même temps que Jace. Tu as conscience qu’il va vouloir ta tête sur un plateau.

— Je sais. Mais ça en vaut la peine. Au fait, Brandon, tu me voulais quoi ?

— Je cherchais quelqu’un pour me faire réviser mes QCM. Mais Hayley est là, je ne veux pas t’emmerder avec ça.

— Y’a pas de soucis, ça ne me dérange pas.

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