Black riders, Tome 2 - Girl Crush
72 - Brandon
72
Brandon
Pops a quitté l’appartement depuis une heure, nous sommes tous dans le salon, hébétés par la nouvelle qui vient de nous tomber dessus. Peu après, Jace et Splinter sont venus nous rejoindre. Hayley pleure silencieusement dans les bras de son mec. Je tiens Beverly contre mon épaule et, machinalement, je caresse doucement son dos pour la réconforter. Quant à Splinter, il garde le visage fermé, il est encore plus sombre que d’habitude.
Je ne connaissais Dannyboy que depuis quelques semaines mais cela m’avait suffi pour l’apprécier. Je regrette d’avoir déconné comme je l’ai fait, j’aurais pu plus profiter de son amitié.
Je fixe avec inquiétude la porte de June. Depuis que Pops est parti, elle refuse tout contact avec l’extérieur et ne répond pas quand on lui demande si elle souhaite avoir une présence à ses côtés. Une musique nous parvient en sourdine depuis sa chambre, c’est le seul signe de vie qu’elle nous transmet.
— On devrait peut-être retenter d’aller la voir ?
J’observe mes amis en posant cette question. Ils semblent tous sortir de leur torpeur le temps de la réflexion. Splinter me surprend en se levant du fauteuil :
— J’y vais.
Nous tournons nos têtes vers lui d’un même mouvement et le regardons se diriger vers la chambre de June. Contrairement à nous, il ne prend pas la peine de s’annoncer, il entre sans invitation.
La porte se referme derrière lui. Comme nous n’entendons aucun cri de la part de June, nous estimons que Splinter a pris les choses en main.
— Je vais aller dans ma chambre moi aussi, m’informe Beverly.
Elle a les yeux et le nez rougis à force de pleurer.
— Je t’accompagne.
À peine la porte de sa chambre fermée, Beverly me saute dans les bras et se met à sangloter. Sa prise autour de mon corps est désespérée.
— Ça aurait pu être mon père, ce soir. Si Danny ne s’était pas sacrifié, mon père serait mort.
Pops ne voulait pas nous expliquer ce qui s’est produit cette nuit, mais Beverly s’est montrée têtue et il a fini par nous avouer que Dannyboy avait pris une balle pour lui. C’est la seule chose qu’il nous ait dite, nous ignorons tout des détails.
— Je ne devrais pas éprouver ça.
Je resserre mon étreinte autour de son corps.
— C’est normal, c’est ton père.
— Mais Danny était un ami, je ne devrais pas être soulagée de savoir que mon père est en vie.
— Le fait d’éprouver du soulagement de savoir ton père en vie n’amoindrit pas ce que tu ressentais pour Danny.
D’un geste désespéré, son poing tape contre mon torse.
— Ma mère a eu raison de partir et de laisser le club derrière elle. Il n’apporte que la mort.
Du pouce, j’effleure sa joue et essuie les traces de ses larmes.
— Tu dis ça sous le coup de l’émotion, Bev.
— Non, je le pense sincèrement.
Elle lève son regard triste vers le mien, la tristesse laisse place à la supplication. Ses doigts se cramponnent à mon t-shirt.
— Fais-moi oublier toutes les horreurs qui se sont déroulées cette nuit. Je veux que tu me rendes incapable de penser à quoi que ce soit.
Le sens de ses paroles s’imprime lentement dans mon cerveau.
— Tu es sûre de toi ?
— Oui.
Sentant mon hésitation, elle poursuit dans un murmure :
— J’ai appris une chose, ce soir.
— Quoi ?
— La vie est trop courte pour ne pas pardonner aux gens qu’on aime.
Une douce chaleur se répand en moi et m’étreint la poitrine. Malgré le fait que nous venons d’apprendre la mort de Dannyboy et que notre vie ne sera plus la même sans lui, à cet instant précis, je me sens heureux car Beverly me pardonne. Nous allons pouvoir vivre dans le présent en nous souvenant des erreurs du passé pour ne plus les reproduire à l’avenir.
Beverly doit estimer que je suis trop lent à réagir car elle prend les initiatives en soulevant le bord de mon t-shirt. Ce geste a pour effet de rassembler mes idées qui s’étaient éparpillées. D’une main calme, j’arrête son geste. J’ai trop attendu ce moment pour le gâcher, je veux que chaque seconde et chaque geste restent gravés dans nos mémoires.
Ses yeux tristes m’observent, son petit nez se plisse de frustration et je souris.
— Je veux prendre mon temps. Notre relation le mérite.
Je crois avoir sorti les bons mots car son regard s’illumine. Je l’embrasse rapidement sur le bout du nez et l’incite à reculer jusqu’à ce que l’arrière de ses jambes bute contre le rebord du lit.
Je glisse mes doigts dans ses cheveux, leur contact soyeux contre ma peau m’a toujours fasciné et me rappelle combien j’avais aimé les sentir glisser le long de mon torse lors de notre seule et unique nuit.
Ses mains courent contre mon abdomen, me faisant frissonner. D’un mouvement rapide, je fais passer mon t-shirt par-dessus ma tête pour l’inciter à parcourir l’ensemble de mon torse.
Je voulais prendre mon temps, mais elle semble aussi impatiente que moi. En quelques secondes nos vêtements volent dans la pièce et nous nous retrouvons en sous-vêtements l’un face à l’autre.
À travers le tissu de son soutien-gorge, mes mains parcourent avidement sa poitrine. Ce bout de tissu me frustre et je le fais disparaître rapidement. Ses merveilleux seins s’offrent à moi, et je penche mon visage vers une de ses pointes érigées. Beverly gémit lorsque ma langue s’enroule autour de son téton.
— Brandon…
Je lève mon regard vers le sien et la questionne silencieusement.
— J’attends ce moment depuis trop longtemps. On prendra notre temps la prochaine fois.
Elle me repousse en douceur et s’écarte de moi. Elle fait glisser sa culotte le long de ses jambes et la rejette du bout du pied puis, toujours sans me quitter du regard, elle s’allonge sur le lit et m’intime de la rejoindre.
Je comble la distance qui nous sépare et recouvre son corps du mien.
— Même au lit tu vas vouloir donner les ordres ? lui demandé-je amusé.
— Non, je suis pour l’égalité.
— Ça me va.
Elle attrape mon visage et le rapproche du sien. Son souffle me caresse, nos bouches s’effleurent. Quand nos langues entrent en contact, nous nous coupons du monde et oublions que nous venons de perdre un ami proche. Seules nos deux âmes en peine tentent de s’apprivoiser.
*
* *
Beverly a la tête calée contre mon torse, du bout des doigts elle dessine des cercles sur ma peau quand elle s’exclame :
— Quand je pense qu’on a failli oublier la capote !
— Je suis sain, l’informé-je pour la rassurer.
— Je te fais confiance sur ce point. Elle se redresse et pose son menton contre ma poitrine pour me regarder droit dans les yeux : c’est juste que je ne prends pas la pilule. Je ne me voyais pas annoncer la nouvelle à mon père. Imagine le truc : « Salut, papa, comment va la vie ? Au fait, grande nouvelle, tu vas être grand-père ! »
Je grogne et l’incite à me chevaucher. Je cale mes paumes de part et d’autre de son visage et lui demande le plus sérieusement possible :
— Je veux établir une règle non négociable à notre relation.
Curieuse, elle m’interroge silencieusement et je poursuis :
— Dès l’instant où toi et moi sommes nus dans un lit, je refuse d’entendre parler de ton père. C’est un coup à me couper toute envie…
Beverly rit doucement et plonge ses yeux translucides dans les miens.
— Promis.
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