Black riders, Tome 2 - Girl Crush

C.j. Ronnie · Chapitre 60 sur 76

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Black riders, Tome 2 - Girl Crush

60 - Pops

60

Pops

 

L’Homme par lui-même est quelque chose de fascinant, je le compare toujours à une horloge, chaque organe est exactement là où il faut pour faire du corps humain une mécanique parfaitement huilée. Par moments, je me fais la réflexion que pour certaines personnes le mécanisme n’est pas si méticuleusement organisé, qu’il y a une sorte de grip dans les rouages. Surtout quand la personne sait d’avance que ce qu’elle s’apprête à faire est une connerie énorme, que c’est une question de temps pour que le boomerang lui revienne en pleine face.

Clairement, quand je vois quelqu’un se précipiter au-delà des ennuis tel un train de marchandises, je me dis que le type n’est pas forcément net dans sa tête.

Je suis ce type.

Je me passe la main sur le visage pour me remettre les idées en place et pour me rappeler la raison pour laquelle je vais me comporter comme l’un des pires salauds. Parfois, le statut de président de club me pèse et j’aimerais me décharger de ce poids. Hélas le moment de tirer ma révérence n’est pas pour tout de suite. J’ai encore quelques bricoles à régler, notamment mettre à l’abri ceux que j’ai placés sous mon aile. Quoi qu’il m’en coûte.

Ce soir, je n’aime pas l’homme que je suis devenu. Je vais détruire une personne qui m’a accordé sa confiance. Une personne que j’ai dans la peau. Sans cette situation merdique, elle aurait été à l’arrière de ma moto depuis un bon bout de temps.

Ces derniers jours, Keira m’a envoyé plusieurs messages pour savoir où j’en étais avec le gamin. Elle s’inquiétait. Quand elle m’a proposé de faire un saut chez elle, j’ai vu l’opportunité que je cherchais depuis quelque temps. Ce soir, je vais obtenir ce que je veux. À quel prix ? Encore un morceau de mon âme qui se barre en enfer.

Finalement, je me décide à toquer à la porte. Presque aussitôt, Keira m’ouvre. Je n’ai que le temps d’ouvrir les bras pour la réceptionner. Apparemment je lui ai manqué autant qu’elle m’a manqué durant ces quelques jours de séparation.

— Des accueils comme celui-ci, j’en veux chaque fois !

— Désolée.

Elle se détache de moi, un air gêné plaqué sur le visage. Je glisse ma main contre sa joue et l’embrasse rapidement.

— Ne t’excuse pas ! Saute-moi dessus autant que tu veux, ça me va.

Elle me sourit et me lance tout en faisant demi-tour :

— Viens. J’ai préparé à manger.

J’entre dans la cuisine et mon regard se pose immédiatement sur la table dressée pour nous deux. J’ai l’impression de vivre une scène que je ne pensais plus connaître un jour. Ça me plaît. Jusqu’à présent, je ne me suis jamais appesanti sur la question, mais maintenant que je suis le personnage principal de cette scène, je réalise que c’est quelque chose qui manquait à ma vie.

Keira apporte une bouteille de vin sur la table et me demande de l’ouvrir. Je la débouche et verse le liquide dans deux verres.

Comme un véritable couple, nous nous installons à table et trinquons.

— Comment s’est passée ta semaine ? lui demandé-je de plus en plus perturbé par la situation.

Keira, qui affichait un air enjoué, se décompose.

— Ce n’est pas une des meilleures, je dirais.

— Pourquoi tu ne m’as rien dit au téléphone ?

Quand Keira a commencé à m’envoyer des messages, je ne savais pas quoi lui répondre, puis je me suis prêté au jeu parce que j’aimais avoir de ses nouvelles. Surtout le matin au réveil. La plupart du temps, c’était des trucs insignifiants, mais j’avais l’impression qu’elle était près de moi et que mon cas l’intéressait vraiment.

Je soupire intérieurement, cette femme est en train de me castrer sans que je bronche. Si les frangins ont vent de toutes les conneries qui me passent par la tête concernant la souris, pour sûr, ils ne me louperont pas.

— Je ne voulais pas te déranger avec mes problèmes, tu as suffisamment à faire avec les tiens.

— Keira, dès que tu as un problème, tu m’en fais part.

— Pourquoi ?

Sa question est pertinente, mais je n’ai aucune réponse à lui apporter. On se connaît à peine et notre relation n’en est pas vraiment une, mais mes instincts protecteurs se décuplent à son contact.

— Parce que je n’aime pas te savoir angoissée, grommelé-je de plus en plus mal à l’aise à cause des émotions qui naissent en moi.

— Cole… J’aimerais savoir… Tous les deux, on est quoi ?

Il semblerait qu’elle aussi éprouve des difficultés à définir ce que nous sommes l’un pour l’autre. Je décide d’être honnête :

— J’en sais rien, Keira.

Elle baisse son visage vers son assiette et joue avec sa nourriture, sa voix n’est qu’un filet quand elle commence à me raconter ce qui la tracasse :

— Ça devient de plus en plus dur, mon métier. Je l’aime, mais je finis pas ne plus supporter certaines choses…

Elle relève son regard vers le mien. La souffrance que je peux y lire me vrille l’estomac. Avec les B.A.C.A., j’ai eu un bref aperçu de ce qu’elle peut vivre au quotidien. J’ai failli sortir mon flingue plus d’une fois.

— Cette semaine j’ai eu un cas, c’était un bébé…

Elle ne termine pas sa phrase et éclate en sanglots. Je recule ma chaise.

— Viens par là.

Je n’ai pas besoin de lui en dire plus, elle se lève et vient trouver refuge sur mes genoux. Je fais de mon mieux pour l’apaiser et attends qu’elle retrouve son calme avant de lui dire :

— Il serait peut-être temps pour toi de penser à l’avenir.

— Je ne peux pas les abandonner.

— Cette histoire de famille d’accueil, ça pourrait être le bon compromis, tu ne penses pas ?

Elle enfouit son nez dans le creux de mon cou, j’ai remarqué que c’est un truc qui lui plaît.

— Je vais y réfléchir.

Tout au long du repas, j’ai été déchiré entre le fait d’accomplir ma mission et celui de tout laisser tomber pour recevoir ce que la vie vient de m’offrir.

On est en train de mater une connerie à la télé et ma décision n’est toujours pas prise.

Le pire, dans cette situation, est le fait de connaître l’existence des caméras dissimulées dans son salon. J’espère que les frangins ne nous reluquent pas comme les obsédés qu’ils sont.

Finalement, avant de prendre une décision définitive, je laisse une chance à la souris :

— Pour Logan…

— Ne me demande pas ça, me supplie-t-elle.

— Tu as conscience que, ce sujet, il nous faudra un jour ou l’autre l’aborder, et surtout le résoudre.

— Je sais.

— Qu’est-ce que je dois faire pour te prouver que Logan ne se retrouvera pas dans la situation du gamin que tu as perdu ?

Sa réponse ne se fait pas attendre et me fait l’effet d’un couperet.

— Quitter le club.

Elle n’en démordra pas.

L’homme que je suis au plus profond de moi se rebelle. Je n’ai jamais accepté qu’on me force à me diriger dans une voie. J’ai beau en comprendre la raison, son refus de me voir autrement que comme un criminel incapable de protéger Logan me fait mal.

Mon plan était très clair dès le départ. Je veux mettre Logan à l’abri de sa mère et pour cela je n’ai qu’une seule solution : l’adopter. Quand j’en ai parlé à l’avocat, il m’a annoncé qu’il fallait l’accord des services sociaux en plus de celui de sa génitrice. Pour cette dernière, le cas peut être réglé rapidement. C’est Keira le problème. Et pour résoudre ce problème, je dois apporter la preuve qu’elle n’est pas compétente pour cette prise de décision. Le seul truc que j’ai trouvé pour la coincer est de faire des photos compromettantes, pour la faire chanter.

Je relaie en arrière-plan les remords qui refusent de se taire dans mon esprit tout en me disant que ce ne sera pas la première fois que je me comporte comme un salaud.

Keira m’observe, incertaine, et semble guetter la moindre de mes réactions. J’esquisse un sourire triste, tout en glissant un bras derrière son dos pour la rapprocher de mon corps. Lentement, je caresse sa joue et réponds :

— Je n’abandonne pas l’idée de te faire changer d’opinion à mon sujet.

Je ne lui laisse pas le temps de me répondre et plaque mes lèvres contre les siennes. Son corps se fond dans le mien et je jure contre mon putain de karma. Car cette fille, même si elle est mon fléau, je sens qu’elle est différente des autres et qu’il y a un truc qui nous unit sans que je sache pourquoi.

*

* *

Cette nana est faite pour moi. Quoi que le destin nous réserve, je me battrai pour l’avoir à l’arrière de ma moto. Je m’en fais la promesse.

Je ne compte même plus les rounds de la nuit dernière. Sa timidité est remisée au placard et je vais faire en sorte de l’y enfermer avec un cadenas inviolable.

À travers mes paupières mi-closes, je l’observe. Ses cheveux sombres tombent en cascade sur ses épaules, ses hanches vont au rythme des miennes. Elle est en train de me faire mourir à petit feu pour mon plus grand bonheur. Ses petits halètements me prouvent qu’elle monte en puissance, j’accentue mon rythme pour précipiter son orgasme, car je suis à deux doigts de craquer. Je glisse ma main derrière sa nuque pour l’attirer contre mon torse. J’ai besoin de sentir le contact de sa peau contre la mienne.

— C’est quand tu veux, ma belle, lui susurré-je à l’oreille.

Son gémissement se bloque dans la gorge, ses yeux qui étaient fermés s’ouvrent et m’observent.

Merde, j’ai dû dire un truc qui ne va pas.

— T’es sérieux, là ?

Je la fais basculer pour inverser nos positions et me place au-dessus d’elle.

— Poupée, c’est pas le moment pour la parlotte. Quoi que tu me reproches, on en reparlera plus tard. J’ai plus urgent, là, lui lancé-je, la voix crispée, en faisant un mouvement de hanche pour la convaincre de laisser tomber.

Apparemment, elle ne semble pas partager mon opinion.

J’y crois pas, je suis le mec le plus malchanceux sur cette Terre. Je suis tombé sur la seule nana au monde capable d’ergoter sur je ne sais quelle connerie alors qu’elle était à deux doigts de jouir. Je suis maudit.

Elle plaque ses deux paumes contre mes pecs et me repousse légèrement. Ce mouvement me permet de la pénétrer plus profondément, mes couilles se contractent un peu plus. Je serre les dents pour m’empêcher de me vider avant le clou final.

— T’es en train de me demander de jouir sur commande ? m’accuse-t-elle.

Je secoue la tête, dépité.

— Ma puce, ma queue est enfoncée profondément en toi et je suis prêt à exploser, donc si tu pouvais être sympa et jouir avant moi, je t’en serais très reconnaissant.

— Depuis quand tu es aussi galant ?

— Depuis que ma bite a rencontré ta chatte !

— Tu sais parler aux femmes, toi, me dit-elle en esquissant un sourire en coin.

— Je m’entraîne. On a fini de discuter ? lui demandé-je. On peut passer à la baise, maintenant ?

— Je…

— La ferme, poupée, la menacé-je en m’enfonçant un peu plus en elle.

Pour être sûr qu’elle ne la ramène pas à nouveau, je l’embrasse à pleine bouche. Ses gémissements reprennent et m’indiquent que je suis sur la bonne voie. Il y a quand même un Dieu dans ce monde.

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