Black riders, Tome 2 - Girl Crush
58 - Pops
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Pops
J’observe mes frangins, tous ont le visage grave et tous ont envie d’en découdre. Cette course-poursuite avec les Eagles nous met sur les nerfs.
Map et ses officiers nous ont rejoints pour cette messe. Il est temps de passer à l’action.
— T’en penses quoi, Map ?
— J’en pense qu’ils ne sortiront de leur planque que pour la grande bataille.
J’acquiesce, je suis parvenu à la même conclusion. Le comportement des hauts placés de ce club résume parfaitement ce que sont ces mecs : des pourritures. Ils se planquent au lieu de se comporter comme de véritables chefs et de montrer l’exemple. Je me demande comment ce club peut tenir. Il faut vraiment être con pour obéir aux ordres d’un mec qui se cache.
— S’ils ne sortent pas, on doit commencer à attaquer leurs affaires et essayer de récupérer des types de chez eux pour les faire parler, souligne Splinter.
— On a déjà commencé sur une de leurs livraisons d’armes et de came, informé-je Map.
— Vous avez obtenu des renseignements intéressants ?
— On a récupéré un message sur un mulet, écrit en alphabet runique.
— Ils utilisent encore cette méthode ? demande, étonné, un des officiers du club de Map.
— Ouais.
— Il disait quoi le message ? me questionne le sergent d’armes.
— On est encore dessus. Certains sigles ne sont pas du runique. On a déchiffré une partie, mais il manque encore deux ou trois éléments. Je ne veux pas me jeter dans la gueule du loup tant qu’on n’est pas au courant de tout. Chaque détail a son importance, nos vies sont en jeu dans cette histoire.
— Je suis d’accord, m’annonce Map, la source du message est fiable ?
— Il vient de Shiver en personne.
— Merde !
— La bonne nouvelle est qu’on a découvert une de leurs planques, informe Spider à notre assemblée. Je me suis renseigné auprès de notre indic chez les flics. La zone n’est pas dans leur radar, elle n’est donc pas surveillée.
— Les Eagles ont pour habitude de bouger souvent d’endroit, complète Jace.
— On va donc s’en occuper ce soir, précisé-je.
— Tu penses faire quoi ? me questionne Map.
— Choper certains mecs, ils pourraient avoir des infos utiles. Et récupérer des armes. Le reste, on le crame.
— Tu veux combien d’hommes de chez nous ?
— Il m’en faudrait trois. Je ne peux pas mettre tous mes gars en même temps, ça risque d’éveiller les soupçons des Fed. Et si notre virée tourne au vinaigre, je dois maintenir des gars ici pour gérer les conséquences.
— Tu peux compter sur nous.
— Merci. Gardez bien en tête que les infos qu’on pourrait récolter dans cette planque vont certainement précipiter les choses. Notre action de ce soir pourrait lancer l’ouverture des hostilités.
Le silence s’éternise dans la salle. Nous pensons tous à la même chose : on a intérêt à mettre nos affaires personnelles en ordre car certains d’entre nous pourraient ne pas revenir.
— Les gars, je pense que vous avez saisi les dangers de cette histoire. On élabore le plan dans ses détails et ensuite vous avez quartier libre jusqu’à ce soir pour profiter de vos familles.
*
* *
L’entrepôt dans lequel les Eagles stockent leur cargaison n’est pas différent de la plupart des autres. Il nous a été facile de récupérer les plans de l’intérieur, le logiciel du cadastre de la mairie est facilement piratable. Un apprenti hacker pourrait en venir à bout rapidement.
Il n’y a que deux sorties possibles : une à l’avant, avec le grand rideau de fer par lequel s’effectuent les déchargements, et une sur le côté, qui donne sur une impasse. J’y ai placé deux gars. Un autre est posté sur le toit du bâtiment qui longe celui qui nous intéresse : vu d’en haut, il pourra couvrir nos arrières.
Nous sommes en place depuis deux heures afin d’analyser tous les mouvements. Nous avons assisté à une nouvelle livraison et un chargement qui était déjà sur les lieux a été évacué. Un des officiers de Map et Pax ont suivi le déplacement de ce chargement. Seuls deux types sont restés sur place, des prospects, certainement ceux qui sont chargés de surveiller les cargaisons en attendant la relève.
— Prés’ ?
La voix de Splinter grésille dans l’écouteur que j’ai dans l’oreille.
— Ouais ?
— J’ai un type en visuel, dans l’immeuble.
— T’es où exactement ?
— En haut de l’escalier de secours, j’ai pu escalader jusqu’à une petite fenêtre, je vois une partie de l’intérieur.
— Ok. Il fait quoi ?
— Je dirais qu’il se prépare pour la nuit.
— T’as une idée d’où se trouve l’autre ?
— Je les ai entendus parler, mais de ma place je ne capte pas ce qu’ils se disent. Ensuite, le gars numéro deux est parti dans une allée.
— Tu peux entrer par l’ouverture ?
— Ouais, c’est faisable.
— Jace, interpellé-je, reste près de Splinter et tu le couvres.
— Ça marche.
— Map, t’es là ?
— Ouais, je suis avec mon gars.
— Préparez-vous. Au signal de Splinter, on passe par-devant.
— Spider, Sandman. Tenez-vous prêts aussi. Vous vous occupez de la sortie de secours.
*
* *
Pour la suite, tout est allé très vite. De l’intérieur, les frangins ont vite maîtrisé les deux prospects. On n’a même pas eu besoin de faire sauter les serrures pour entrer, Splinter nous a ouvert les portes en grand et on a fait nos courses sans le moindre accrochage.
Au manque de surveillance de cet entrepôt, on savait d’avance qu’on n’y trouverait pas grand-chose. Toutefois les armes récupérées vont nous permettre de faire des économies, on va pouvoir les utiliser contre leurs propriétaires.
La soirée a été beaucoup plus prolifique pour l’officer de Map et Pax, ils ont vu le destinataire de la cargaison : Shiver. Point non négligeable, mes frangins savent où il se cache. Il ne nous reste plus qu’à maintenir sa planque sous surveillance. Ce n’est plus qu’une question de temps pour que le président des Eagles et lui se rencontrent. Une fois ce cafard dehors, on sera prêts pour les rayer de la surface de la Terre.
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