Black riders, Tome 2 - Girl Crush

C.j. Ronnie · Chapitre 64 sur 76

Pages du PDF

Black riders, Tome 2 - Girl Crush

64 - Pops

64

 

Pops

 

Quand Jace m’a appelé pour me dire que Brandon était au poste de police, j’ai cogné contre le mur pour évacuer ma rage. Je pensais que le gosse s’en était sorti et il semblerait que je me sois planté. J’étais pourtant confiant. C’est seulement lorsque l’avocat m’a donné la version du petit que j’ai compris la situation : les flics ont cherché à nous atteindre à travers lui. Et pour cela, ils ont utilisé son passé et cette petite frappe de Luke O’Neill, l’ex-fournisseur du gamin.

J’avais prévu de m’occuper du cas de ce dealer, mais avec les Eagles sur le feu, je n’ai pas encore pris le temps. Erreur que je rectifie dès maintenant.

L’avocat m’a prévenu que Brandon serait encore derrière les barreaux pour quelques heures. En attendant que les flics finissent leur jeu d’intimidation, il reste près de son client.

— On en fait quoi, Prés’ ?

Je fixe le tas de merde à mes pieds. J’y suis allé fort, mais j’avais besoin de me défouler.

— On n’en fait rien.

— T’es sûr ? me demande Jace.

— Ouais, il a eu son compte.

— T’as pas peur qu’il aille cafter auprès des flics.

— Non. Il sait qu’il est un homme mort s’il leur parle.

— Comme tu veux. On retourne au club ou au poste ?

— On va aller chercher Brandon. Je te parie un an de cotisation qu’il flippe de ma réaction.

— Tu vas le faire mariner un peu ?

J’observe Jace. Il a cette expression sur le visage qui me dit qu’il prendrait beaucoup de plaisir à voir le gosse trembler.

— Jace…

— Ouais ?

— Grandis ! Ça te changera.

*

* *

Brandon quitte le poste de police accompagné de notre avocat. Ils parlent tous les deux, le gamin n’a pas encore remarqué ma présence. Je suis adossé à la voiture, les bras croisés contre mon torse, et j’attends qu’il me voie. L’avocat me fait signe et le visage du petit se décompose en se tournant dans ma direction.

D’une impulsion, je me détache de la carrosserie et les rejoins. Brandon déglutit, je dévie mon regard du sien et demande à l’avocat :

— Tout est réglé ?

— Oui. Les flics ne devraient plus l’embêter.

— Il aura un casier ?

— Aucun.

— Bon boulot, lui dis-je en lui serrant la main.

L’avocat me fait un signe de tête, puis, d’une voix confiante, il ajoute :

— Au fait, Pops, pour ce que tu m’as demandé l’autre jour, la procédure est dans les tuyaux. C’est en bonne voie.

Cette nouvelle devrait me réjouir, mais elle me laisse un goût amer. Je suis sur le point d’obtenir ce que je voulais, mais à quel prix ?

L’avocat nous quitte après avoir salué Brandon. Ce dernier se tourne vers moi et, la voix tremblante, s’empresse de s’expliquer :

— Ce n’était pas ma drogue, je vous jure.

— Je suis au courant, lâché-je en lui administrant une tape amicale sur l’épaule pour le rassurer.

Sauf que mes paroles ont l’effet inverse, Brandon perd tous ses moyens et se met à parler sans discontinuer.

— Ils voulaient que je vous trahisse. Je n’ai rien dit non plus.

— De toute façon, tu ignores tout ce qui concerne le club, donc tu ne pouvais pas nous vendre.

— Je savais des choses, murmure-t-il.

Alors que je m’apprêtais à faire demi-tour pour regagner la voiture, j’arrête mon mouvement.

— Et quoi exactement, gamin ?

Mon ton est froid, il tressaille.

— Je sais que Jace a été blessé par balle et que vous avez organisé cette virée l’autre jour pour cacher votre départ : vous, Jace et Splinter.

Il semblerait que j’ai sous-estimé ce jeune.

— Pourquoi tu ne nous as pas balancés ? Tu as pris de gros risques en te taisant. Les flics n’attendaient que ces infos.

— Je ne pouvais pas vous trahir. Et si je parlais, Hayley aurait pu être inculpée de complicité. Beverly m’aurait détesté.

— Donc c’est pour les filles que tu as fermé ton clapet ?

— Non. Vous m’avez sauvé. Par deux fois, vous avez pris des risques. Pops, je sais que j’ai merdé, si j’ai rien dit, c’est aussi pour me racheter auprès de vous.

Je soupire. Maintenant que le gamin vient de déballer son sac, je comprends ce que Splinter a voulu me faire comprendre l’autre jour quand il m’a dit que le gosse avait encore des secrets.

— Gamin, je veux savoir une chose…

Le visage blême de Brandon me fait dire qu’il est à deux doigts de craquer et de tomber dans les pommes sous le coup de la peur.

— T’as encore d’autres surprises de ce genre en stock ?

— Non.

J’acquiesce et lui fais signe de me suivre.

— Allez, viens, je te raccompagne à l’appartement.

Il reste immobile et me regarde sans comprendre :

— Vous ne me dites rien d’autre ?

— Je pense que tu as eu ton compte ces derniers mois. Il est temps d’apposer le mot fin et d’aller de l’avant, maintenant.

*

* *

— Tu sembles épuisé.

— Je le suis, poupée.

Affalé sur le canapé, je fixe l’écran de télé sans vraiment le regarder. Après avoir ramené Brandon à l’appartement, j’ai éprouvé le besoin de voir Keira. La pression des événements commence à trop s’accumuler, l’avoir à mes côtés m’aide à l’alléger.

Je ne parviens pas à croire que la vie m’a envoyé cette femme pour me la retirer dans quelques jours. Je ne me fais aucune illusion, quand elle démasquera le salaud que je suis, elle ne voudra plus jamais entendre parler de moi.

— Je te sens nerveux, ce soir. Tu as des problèmes ?

La question de Keira me conduit sur un terrain miné. Si je lui réponds que ce sont les affaires du club, elle va se fermer comme une huître. J’opte donc pour une demi-vérité.

— Brandon a été arrêté, il avait de la dope sur lui, je viens de le sortir du poste, l’informé-je d’un ton neutre.

— Mince, il a replongé ?

— Non. On va dire que c’est la faute à pas de chance. Quelqu’un a placé de la came dans ses affaires à son insu et les flics l’ont pincé.

— Comment a-t-il pu se retrouver avec de la drogue dans son sac ? Et surtout, pourquoi ?

— Le type qui lui file des cours l’a refourgué dans son sac de peur de se faire serrer par les flics quand ils ont débarqué.

Keira ouvre la bouche pour se lancer dans une nouvelle série de questions, sans lui en laisser le temps, je fais glisser ma main derrière sa nuque et approche ses lèvres des miennes.

— Si on arrêtait de penser aux autres un moment ?

Keira survole mes épaules de ses mains puis les crochète derrière mon cou.

— J’en dis que c’est une excellente idée.

— Bonne réponse, la souris.

OceanofPDF.com