Black riders, Tome 2 - Girl Crush
45 - Brandon
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Brandon
J’ai réussi. Hier, j’ai reçu un message de la part de la secrétaire de Sutherland m’annonçant qu’il voulait me voir. Comme à son habitude, il n’a donné aucun motif à cette convocation. Je flippais, car la période des premiers examens est terminée et les résultats devaient tomber d’un jour à l’autre. Et j’ai réussi.
Je sors de son bureau, j’ai eu les encouragements. Ma plus mauvaise note est un B moins. Ça reste encore correct et c’est sur une mineure. Donc je m’en fous. Sutherland a voulu m’annoncer la bonne nouvelle en personne avant que tout soit affiché. J’ai encore pas mal de taf à rattraper et il faut que je maintienne mon niveau de seconde année, toutefois je suis confiant. Si je continue sur cette voie, l’année prochaine, j’entrerai dans son équipe.
La vie me sourit enfin, j’ai l’impression qu’une part du poids qui m’encombrait depuis quelque temps disparaît.
Maintenant que la période des examens est terminée, je vais pouvoir passer à mon deuxième plan d’attaque pour ma nouvelle vie : Beverly.
Je ne sais pas encore comment je vais me démerder, mais je vais trouver. J’ai fait profil bas pour lui laisser le temps de gérer sa douleur à sa façon, tout comme j’ai cherché de mon côté comment l’apaiser. Je suis resté sage côté nanas, aucune ne me fait plus envie de toute façon. Par contre, niveau alcool, je me suis lâché. Cela endort l’esprit, exactement ce qu’il me fallait.
Je traverse le parc pour regagner ma voiture et rentrer à l’appart annoncer ainsi la bonne nouvelle à mes colocs lorsque j’entends quelqu’un m’interpeller. Je fais volte-face et me retrouve nez à nez avec deux types à la mine patibulaire. En les reconnaissant, je jette des regards inquiets autour de moi, de peur qu’on ne me voie en leur compagnie. Ils m’avaient promis d’être discrets, or se pointer en plein milieu de la journée sur le campus est tout sauf discret.
— Qu’est-ce que vous faites ici ? leur demandé-je, paniqué à l’idée que mes amis ou un des prospects du club nous repèrent.
— Tu ne réponds plus à nos appels ni à nos messages, alors on a décidé de te rendre une petite visite.
Merde, merde, merde.
— Vous avez conscience des risques que j’encours s’ils me voient en votre compagnie ? je leur lance, blême de rage.
— Il fallait t’en inquiéter avant.
— Si je ne vous ai pas contactés, c’est parce que je n’ai rien à dire pour l’instant, leur réponds-je précipitamment.
— Tu nous mens, réplique l’un d’eux d’un ton calme.
— Je vous jure que je n’ai aucune information intéressante.
— Brandon, nous avons nos sources et nous savons que tu as participé à une soirée dans le club et à un de leurs rassemblements. Tu as très certainement vu ou entendu quelque chose…
— Je ne suis pas dans leurs petits papiers, ils sont discrets. Ce n’est pas en me harcelant que vous m’aiderez à trouver plus d’informations.
— Tu en es certain ? Tu n’as rien entendu ou vu qui pourrait nous intéresser ?
— Oui, certain.
En prononçant ce oui, j’ai l’impression de sceller mon sort.
Ce sentiment se confirme lorsque l’homme reprend.
— C’est dommage pour toi.
— En quoi ?
— Tu es proche de Luke O’Neill, selon nos renseignements.
Je suis foutu.
— Il me donne des cours de soutien.
— Il te donne uniquement des cours ? m’interroge l’homme sournoisement.
La panique me gagne, je cherche à la refouler en me persuadant que c’est impossible qu’ils sachent que Luke m’a donné ces pilules.
— Oui, répliqué-je sèchement.
— Dans ce cas, tu devrais être plus exigeant concernant tes relations. Tu traînes avec des gens peu fréquentables. On pourrait être amenés à se poser certaines questions, tu comprends ?
J’acquiesce. Je serre si fort ma mâchoire pour éviter de montrer ma panique que je ne serais pas étonné de sentir une de mes dents se briser.
— Je te conseille d’être un peu plus actif et de nous montrer rapidement ta bonne volonté. Bonne journée, Brandon.
L’autre homme me salue d’un mouvement de la tête et les deux types se barrent comme ils sont venus.
Pourquoi ne suis-je pas étonné par ce qui m’arrive ?
Je réprime un rire nerveux comme je peux. Si je le laisse s’échapper, je vais devenir hystérique. La vie était censée me sourire, aujourd’hui. À la place, ces deux types débarquent sur le campus et jouent aux cow-boys avec moi pour me rappeler que j’ai accepté de pactiser avec eux.
Ma vie bascule une fois de plus à cause des Black Riders. J’avais remisé ma rancune à leur encontre depuis quelque temps, mais elle resurgit.
Est-ce que quelqu’un peut me donner le mode d’emploi sur comment appuyer sur le bouton stop ?
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