Campus drivers Tome 4 - Love Machine

C. S. Quill · Chapitre 29 sur 63

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Campus drivers Tome 4 - Love Machine

28 - Rafael

28

 

Rafael

 

J’imagine déjà Juliet allongée au fond du bowl, à l’agonie, mais la réalité est tout autre.

— C’est quoi ce délire ? je m’étrangle.

Avec un talent hors norme, elle glisse d’un bout à l’autre en multipliant le genre de sauts qu’on ne voit que dans les films de science-fiction. Derrière moi, les filles retiennent leur souffle dès qu’elle se propulse dans les airs et relâchent des « chaud » à chaque réception.

— Euh… Est-ce que c’est réel ? j’entends Felix chuchoter.

J’ai un doute, moi aussi. J’hallucine. Qui est cette fille ? Je pensais la connaître, je m’étais figuré une nana fragile malgré son caractère piquant, mais je me rends compte maintenant à quel point j’avais tort.

Lorsqu’elle cale le centre de ses patins sur le rail qui borde le bowl et glisse dessus avec une assurance indescriptible en m’offrant un sourire provocant, je ne sais définitivement plus quoi penser. C’est une autre Juliet, ou plutôt sa face cachée. Avec qui je traîne ces dernières semaines, nom d’un chien ?

— J’attends tes excuses, cousin, j’entends la voix de Georgia me murmurer.

— Va te faire voir.

— Au cas où tu te poserais la question, elle patinait déjà comme ça avant de me rencontrer.

— Elle est bien meilleure que toi, ça ne m’a même pas effleuré l’esprit que tu y sois pour quoi que ce soit. Par contre, j’te préviens, n’envisage même pas de la recruter dans ton équipe de derby.

— Ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit, elle reprend mes mots en battant des cils.

— Georgia…

— Relax, je lui en ai pas encore parlé. C’est un petit chat sauvage, cette Juliet. T’as pas idée du temps qu’elle a mis à accepter ma proposition de venir patiner ici.

— Oh ! si, j’imagine très bien.

— Avant d’en arriver là, j’attends qu’elle vienne manger à la maison mercredi soir.

— Elle a dit oui ? j’hallucine en me tournant vers Georgia.

— Elle a refusé l’invitation juste avant que tu te pointes, elle rigole. Dommage, j’aurais pu te rejeter la faute dessus si t’avais débarqué deux minutes plus tôt. Quoiqu’elle est vraiment plus détendue depuis que t’es là…

Ma bouche esquisse un sourire discret.

— Bref, j’arriverai à la convaincre.

J’espère bien y parvenir avant elle.

— Elle a l’air cool derrière son attitude fermée à double tour, elle ajoute en la suivant des yeux.

Elle a surtout l’air nettement plus que ce que je croyais, et ça remue quelque chose en moi.

— Ouais… Ben j’te souhaite bien du courage pour la séduire !

— La séduire ? elle minaude.

— Façon de parler.

— Comment vous êtes devenus amis, tous les deux ?

— Par l’appli des Campus Drivers, je résume très sommairement.

— Hum…

— Quoi ?

— Vous êtes seulement amis ou vous vous tripotez un peu ?

— J’croyais que tu supportais pas ce genre de sous-entendus ? C’est pas toi qui clames haut et fort qu’une fille et un garçon ont le droit d’être potes sans que les gens insinuent qu’il y a forcément un truc entre eux ?

— Waouh ! Raf, je suis sidérée que ton petit cerveau asséché ait intégré ça ! Mais tu ne nies pas.

— C’est platonique.

— Et ça te va ? Elle est super mignonne, elle a du style… D’habitude, il t’en faut pas plus pour…

La question ne s’est pas posée. Je me suis focalisé sur ma mission, et le cadre de notre relation ne s’est jamais prêté à ce genre d’idées. Cependant, alors que mes yeux sont pris en otage par le show de Juliet et que je découvre une part d’elle que je n’imaginais pas, mes certitudes vacillent une seconde. La suivante, je reprends mes esprits. Ce qui m’attire subitement, c’est de comprendre qui elle est.

— Apparemment, t’es pas sûr, ajoute Georgia qui attend toujours ma réponse.

— C’était quoi, la question ?

— Tu te comportes différemment avec elle.

— J’ai mes raisons. On a une sorte d’accord fraternel, tous les deux. Bref, lâche l’affaire.

Ma cousine se contente de me sourire avec suffisance avant de retourner vers ses copines. Crocsy revient justement et freine avec style face à moi. Elle repousse une mèche de cheveux qui s’est échappée de son casque et reprend son souffle. Là encore, je ne la reconnais pas.

— Salut… elle balance comme si elle comprenait elle aussi que je rencontre cette Juliet-là pour la première fois.

Je reste hagard une poignée de secondes.

— T’as une double identité ou quoi ? Étudiante phobique la journée et rideuse des Enfers la nuit ?

— J’ai oublié ma cape dans ma chambre.

— Pourquoi tu m’as caché ça ?

— Je te l’ai pas caché. Tout de suite les grands mots ! Toi et moi, on est officiellement en premier semestre d’amitié depuis dix jours, elle m’oppose en croisant les bras sur sa poitrine. Et j’te rappelle que t’étais OK pour qu’on se raconte seulement ce qu’on a envie de se raconter.

Je n’ai pas oublié, pourtant, face à cette Juliet qui semble arriver tout droit d’une autre dimension, ma curiosité s’éveille. Ressaisis-toi, idiot !

— Bordel, c’est pour ça que tu détestes les skateurs ! je percute tout à coup. Comment j’ai pu ne pas y penser alors que Georgia m’embrouille chaque fois que je monte sur ma planche ?

Je désigne ses pompes, plutôt stylées maintenant que j’y prête plus attention. D’un rose iridescent, avec des roulettes marbrées.

— Je te présente Fran et Rosetta, elle déclare en les agitant l’une après l’autre.

— Fran et Rosetta ? C’est…

— Sois prudent avec tes mots, elle m’avertit. Elles sont connues pour se jeter à la gorge de ceux qui leur manquent de respect. Surtout les propriétaires de Krooked.

Depuis notre première rencontre — l’épisode du vomi ne comptant pas —, je suis passé complètement à côté de cette partie d’elle. C’est grisant. Elle est encore plus intéressante que ce que j’avais envisagé.

— Tu comprends maintenant pourquoi je ne me rangerai jamais de ton côté, elle déclame avec conviction.

— Quelle déception…

— Est-ce que ça entache notre amitié ?

— Tu rêves ! Est-ce que tu essaies encore de te débarrasser de moi ? C’est trop tard, je vais pas lâcher l’affaire maintenant que j’ai mis la main sur la pote parfaite… Mais t’as tout manigancé, en fait ! je monte d’un ton. T’as attendu qu’on soit amis pour me dévoiler ta vraie nature.

J’ai beau me raccrocher à mes réactions habituelles et opter pour l’humour, cette découverte ébranle les fondations de notre relation telles que je les avais imbriquées.

— Oui, bien sûr… J’ai façonné ce plan depuis des semaines, histoire que tu sois trop attaché à moi pour fuir à cause de mon loisir secret. C’est pas du tout abusif à ce stade, elle glousse en secouant la tête.

Un raclement de gorge me rappelle que nous ne sommes pas seuls dans ce park. Je tourne légèrement le visage sur ma droite. Georgia et ses copines se sont approchées à nouveau et nous observent comme deux extraterrestres.

— J’peux avoir la recette de Raf ? s’enquiert ma cousine.

— Quelle recette ?

— Pour que tu sois plus à l’aise avec lui qu’avec nous, elle feint de se vexer.

— Oh ! Ça ? C’est de la charité, Georgia, je t’assure. Il me fait peine avec son tibia en plastique.

— Oh merde ! souffle ma cousine en pinçant ses lèvres avant d’exploser de rire.

— Elle ment. Elle est à l’aise avec moi parce qu’elle a besoin d’un chauffeur, je réplique.

Je devine que Crocsy se tend en m’entendant dire ça mais je lui jette un coup d’œil rassurant.

— Vous êtes pas cinq à rouler ?

— Si, mais je suis le seul à la supporter.

— C’est bon ? Monte sur ta Krooked et viens te mesurer à moi, le skateur ! siffle Crocsy en patinant sur place. Voyons qui de nous deux est le plus rider.

Je file chercher ma planche, abandonnée plus loin, et saute dessus. Je frôle Juliet à toute vitesse et plonge dans le bowl à mon tour. Ce qui se passe ensuite est ultra cool. Avec une synchronisation époustouflante, on ride tantôt côte à côte, tantôt face à face, et jamais je ne m’inquiète de la percuter. Entre nous, ça roule parfaitement. Après un moment, je fais une pause et sors mon téléphone de mon sac pour la filmer.

— Regarde ça, Rafifou, elle me crie depuis le haut du half-pipe 1.

Elle fait un arbre droit, le maintient une poignée de secondes avant de pivoter sur ses mains pour se retourner et retomber dans la pente, qu’elle dévale en croisant ses pieds à toute allure.

Elle est incroyable. Elle ne montre aucune crainte, brave les modules les uns après les autres et rentre même un saut périlleux vrillé. Putain, je suis désorienté comme jamais.

— Un misty-flip 2, carrément ! je m’incline quand elle se rapproche de moi. Je l’ai filmé, mate ça.

Je tourne l’écran vers elle.

— J’ai pris tellement de gamelles avant de réussir à le placer correctement, elle précise.

— T’es un putain d’ovni, Crocsy. J’en reviens toujours pas que tu sois la même fille que celle qui flippe en bagnole.

Nos yeux se rencontrent, et elle plisse le nez.

— Tu te rends compte que ce que tu fais avec tes patins est trois fois plus dangereux que de monter dans une Alfa Romeo Montreal de 1971 ?

— J’ai le contrôle sur mes patins, elle oppose. C’est différent.

Je vois. C’est ça, en fait, le fond du problème. Mettre son destin entre les mains de quelqu’un. Pour le coup, c’est totalement en accord avec sa personnalité, et ça attise ma volonté de devenir ce chauffeur avec qui elle se sentira bien.

— Ce que je veux dire, c’est que tu es assez courageuse pour dépasser ta peur en voiture. Tu vas y arriver, j’en suis sûr. T’as le meilleur driver pour ça, en prime.

— Crâneur. Mais j’admets que tu es rassurant.

— Et patient.

— Et patient, elle acquiesce.

— Et drôle.

— J’dirais un brin divertissant.

Tout sourire, elle repart à l’assaut du bowl, et je me lance à sa suite.

Lorsque nous arrêtons de nous défier d’un module à l’autre, le Lot 11 est désert.

— J’ai même pas vu qu’ils étaient tous partis, lâche Juliet en se laissant tomber à terre.

— Moi non plus. J’avais pas remarqué qu’il était déjà 23 heures non plus, j’ajoute en regardant ma montre.

— J’ai ramené des sandwichs au poulet, t’en veux un ?

— Carrément, j’ai la dalle, merci.

Elle se débarrasse de son casque, m’envoie un sachet et débouche sa bouteille d’eau.

— Où t’as appris à patiner comme ça ?

— À Portland. Mes parents avaient offert des patins à roulettes à ma sœur, mais ça l’a jamais intéressée, et ils sont restés au sous-sol une éternité. Quand j’ai eu les pieds assez grands pour les enfiler, je ne les ai plus quittés. Des heures, des mois, des années à rouler, elle m’explique avec simplicité. J’aime ça.

Moi aussi, j’aime ça.

— Ça me vide la tête et ça m’occupe, elle poursuit en mordant dans son pain de mie.

Je profite de ce qu’elle regarde ailleurs pour la détailler. Avec ses patins, ses grandes chaussettes de tennis, son pantacourt en jean troué au genou et son sweat oversize, elle a de l’allure.

— Le skate est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour me faire zapper un million de trucs, je confesse à mon tour. Ça m’a vachement aidé pendant ma rééducation, en me donnant un objectif à atteindre. J’voulais réussir à remonter sur ma board, comme si rien n’avait changé.

Juliet hoche la tête, attentive et silencieuse. Pour la première fois, je suis gêné de lui parler de ça sans approfondir. Pourtant, ça ne devrait pas me poser problème après toutes ces années à fonctionner ainsi. Pas d’obligations, pas de confidences, pas d’attentes… Mais celle qui mange son sandwich à un mètre de moi vient d’ouvrir une trappe remplie de questions dont j’ai envie de l’inonder.

D’une pensée à une autre, je dérive sur celle qu’elle ne m’a jamais posée. C’est complètement débile parce que je ne lui répondrais pas, ou pas la vérité, mais ça me gonfle qu’elle ne me demande pas ce qui m’est arrivé. Tout le monde le fait ! Mais venant d’elle, c’est comme si elle refusait de rentrer dans mon espace et… Merde. C’est pas normal que ça me dérange autant. Je croque brutalement dans mon sandwich, conscient que c’est forcément mon ego qui parle. Je m’étais figuré maîtriser la situation, mais Juliet m’a volé le flambeau. Il est là, le problème.

— Honnêtement, je ne pensais pas qu’on pouvait aussi bien skater avec une prothèse, elle concède du bout des lèvres. C’est con, je sais. Ça doit te gaver qu’on ait ce genre de préjugés.

— J’y croyais pas non plus au départ. J’en ai chié, je me suis blessé plus d’une fois, mais ça valait le coup de m’accrocher. Je suis ton pote le plus têtu, t’en as déjà fait les frais.

— T’es mon seul pote, elle rit. Tory joue dans une autre catégorie, alors t’as obligatoirement la palme pour tout.

— Elle l’admet enfin sans grimacer ! je m’extasie.

Intérieurement, c’est moi qui grimace pour une horrible raison. J’aime être son seul pote. Rien que le fait que Georgia ait découvert avant moi la passion de Crocsy me tape sur les nerfs.

— T’aurais fini par me le dire ? je la questionne, la bouche pleine, en désignant ses patins.

— Sûrement, oui, elle répond en comprenant très bien à quoi je fais allusion. T’accompagner dans des parks sans pouvoir les tester, c’était dur !

— Pourquoi tu me l’as pas dit tout de suite ?

— Le roller, c’est ma safe place… Mon chez-moi. Mon moi tout court, en fait. Autoriser quelqu’un à entrer là-dedans n’est pas évident.

Je suis à la fois vexé et en accord avec ses explications. Dans le fond, j’agis à l’identique avec mes amis sur d’autres sujets, mais quand c’est moi qui le fais, ça paraît différent. Je croyais un peu trop naïvement que notre accord amical la pousserait à me dévoiler ce genre de détails. Le roller, c’est une broutille. Enfin, pas tant que ça, vu ce que ça provoque chez moi.

— Est-ce que tu as toujours été comme ça ? je lui demande encore.

— C’est-à-dire ?

— Solitaire.

Elle passe sa langue sur ses dents, lorgne son repas comme si je venais de lui couper l’appétit puis arrime ses prunelles aux miennes.

— Tu dis ça comme si c’était grave.

— Non, mais c’est dommage.

— Parce que tu crois que se faire des potes sans réellement s’imprégner d’une amitié, c’est pas demeurer quelqu’un de solitaire ?

Elle a raison et elle ne cille même pas en déballant ça. Moi, par contre, cette conclusion me brûle l’estomac. Putain, qu’est-ce que j’ai, ce soir ? On dirait que Juliet a patiné sur ma cervelle avec ses roulettes infernales.

— Tu dis ça comme si c’était grave, je reprends ses mots volontairement.

— Pas du tout. Toi et moi, on sait que c’est mieux comme ça.

Dans l’immédiat, plus tellement. Ma soif de la percer à jour devient prégnante, et je n’aime pas ça.

— Mais à Portland, j’avais quelques amis. T’es rassuré ?

— Pas vraiment. Maintenant, je m’inquiète de ce qu’ils ont bien pu te faire pour que tu tires un trait aussi épais là-dessus.

— Ils ne m’ont rien fait, c’est moi qui…

Elle se tait, renifle deux fois et hausse les épaules.

— …ne veux plus qu’on ait besoin de toi, j’me souviens, je termine à sa place. Qu’est-ce qui s’est passé de si terrible pour que tu en arrives à cette résolution ?

J’ai déjà une petite idée de la réponse, sans pour autant capter le lien.

— Est-ce que ça aussi, c’est lié à ton accident de voiture ?

Je prends un gros risque en la mitraillant ainsi mais je dois étouffer le foyer qu’elle a attisé. Qui ne tente rien n’a rien. Sa bouche remue, se pince, s’ouvre, se referme. Allez, Crocsy, parle-moi. Elle ramène son mollet contre l’intérieur de sa cuisse et actionne l’une des roulettes de son patin avec son index.

— J’aurais pu mourir, ce soir-là.

Plusieurs aiguilles me piquent la peau, et je me frotte la poitrine dans un geste incontrôlé. Comme souvent, son esprit vagabonde quelque part. Elle ne se rend même pas compte de toutes ces fois où elle s’égare dans ses pensées. À mesure que j’en suis le spectateur, ma curiosité grandit encore.

— J’ai juste décidé d’en tirer quelques leçons.

Moi aussi, j’ai tiré des leçons de mon accident, mais les siennes sont si excessives. La seule explication plausible serait qu’elle conduisait et que tout le monde n’est pas sorti en vie de sa voiture.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé dans cette bagnole ?

Elle braque des iris sévères sur moi.

— Qu’est-ce qui est arrivé à ta jambe ? elle rétorque en arquant un sourcil.

Balle au centre. Je lève les mains entre nous en signe de reddition.

— OK, OK, Crocsy ! J’me suis laissé emporter, ne pars pas en courant. Ou plutôt, en roulant.

— T’arriverais même pas à me rattraper, le skateur.

Bombe désamorcée.

— Tu veux miser là-dessus ? Je te prends en un contre un tout de suite.

— Pas ce soir, il est temps de rentrer.

— Petite joueuse.

— Tu peux me ramener ? elle me demande en balayant les miettes sur ses cuisses.

Fin de la parenthèse, exit la rideuse sans limites, la Crocsy que je fréquente depuis janvier a repris possession de ce corps. Mais une autre existe quelque part, une qui respire la liberté et qui n’a pas peur d’un salto aérien. Une qui a besoin d’un ami étrangement motivé à lui foutre un coup de pied aux fesses. Maintenant que j’en ai eu un aperçu, il me tarde de la revoir. J’avais déjà envie qu’elle dépasse ses angoisses, mais à présent plus encore. Même si dans un lointain recoin de mon esprit, j’ai le pressentiment d’ouvrir une boîte de Pandore.

 

1. Type de module que l’on trouve dans les skateparks.

2. Figure en skateboard.

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