Campus drivers Tome 4 - Love Machine

C. S. Quill · Chapitre 48 sur 63

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Campus drivers Tome 4 - Love Machine

47 - Juliet

47

 

Juliet

 

L’idée qu’il s’arrête pour pisser me traverse l’esprit, mais malgré l’obscurité, je le devine faire les cent pas entre les troncs. Qu’est-ce qu’il fait ?

Je me détache et le rejoins.

— J’peux savoir ce que tu fiches ?

Il se fige, opère un demi-tour et vient se dresser devant moi.

— C’est quoi, cette nouvelle obsession d’embrasser un mec ? il me crie presque au visage.

Son agressivité me cueille comme une baffe.

— J’en ai envie ! je rétorque de la même façon. Tu devrais me féliciter, je me sors les doigts. C’est pas ce que tu m’avais conseillé quand tout a commencé ?

— Pas pour que tu les fourres je ne sais où à la place !

— J’te signale que j’avais prévu de me servir de ma bouche, pas de mes doigts !

Je me rends compte de l’horrible double sens de cette phrase lorsque je l’entends résonner dans ce parc désert et, surtout, en écopant d’un regard noir de Rafael.

— Arrête de me regarder comme si j’étais débile ! Un malheureux baiser, sans déconner, je ne demandais pas la lune !

— Avec un type que tu connais depuis une heure ?

Non, mais de quoi je me mêle ?

— Parce que toi, t’es du genre à attendre le deuxième rendez-vous ? Et puis j’vois pas ce que ça peut te faire comment et quand j’utilise ma bouche ! Alors oui, au bout d’une heure, voire moins la prochaine fois ! Dix minutes ! je braille en agitant mes bras dans tous les sens.

Je m’emballe pour avoir le dernier mot, parce que la façon dont Raf me juge me soûle. Il me rend cinglée à ne voir en moi qu’une gamine divertissante.

— Tu sais quoi, Rafael, je vais rentrer à pied et je roulerai une pelle au premier gars que je croiserai, j’abuse sans me démonter. Et je recommencerai demain et tous les jours suivants, si l’envie m’en prend !

— Et t’espères que j’arrête de te regarder comme si t’étais débile, en balançant des conneries pareilles ? il s’emporte.

— Va te faire foutre ! Je vais multiplier les rencards avec la Love Machine et je lécherai la langue de tous les Clay du campus !

Je raconte n’importe quoi. Je ne sais pas ce qui me prend ni ce que je recherche, mais le fait que ça mette Rafael hors de lui me donne une énergie dévastatrice.

L’un en face de l’autre, on doit ressembler à deux lions dans une arène. Le vent qui souffle soulève les pans de ma jupe. Rafael baisse les yeux sur mes jambes avant de les river aux miens.

— T’es prête à embrasser n’importe qui ? T’es sûre de toi, Crocsy ?

— Oui, je réaffirme d’une voix forte.

Il lâche une espèce de rire bref et s’apprête à me dire quelque chose, mais je parle avant lui.

— Quoi, tu veux une preuve ? Ne bouge pas, j’articule en survolant les alentours. Y’a sûrement un mec pas loin qui sera d’accord p…

D’un mouvement brusque, Raf attrape le col de mon pull, je me sens partir en avant, et ce sont ses lèvres qui amortissent ma bouche. Sa langue tape contre la mienne, mes yeux s’agrandissent, et une bombe explose derrière mes côtes.

Je copie ses mouvements sans parvenir à rendre mes pensées cohérentes.

C’est un baiser brut et nerveux, alimenté par une tension dont je suis sûrement à l’origine, mais il n’en reste pas moins puissant pour mon cœur en friche. Rafael est le premier que j’embrasse depuis Owen.

Trop choquée de revivre ces sensations presque oubliées, je m’accroche à son poignet et le laisse donner le rythme. Il embrasse super bien, j’en ai des frissons partout, mais ça va plus loin que ça. Il ne me faut qu’une poignée de secondes pour admettre que je suis bien plus mordue que ce que je croyais. C’est lui que j’avais envie d’embrasser depuis le début. Pas Martin, pas n’importe qui, mais lui.

Je suis sur le point de poser une paume contre sa poitrine quand il rompt abruptement le contact entre nous. Heureusement qu’il me retient encore par le col, parce que j’ai la tête qui tourne. Il respire vite et fort en me dévisageant.

— Tu voulais rouler une pelle ce soir, c’est cadeau, il assène d’une voix hachée, sa bouche toute proche de la mienne.

Je cligne des yeux comme si un vaisseau extraterrestre m’avait enlevée et relancée sur Terre sans explication. Un froid polaire s’abat sur moi. Bon sang, il ne vient quand même pas de m’embrasser avec un aplomb hors du commun dans le seul but de me faire taire ? Cette éventualité me tord l’estomac, je refuse de la laisser sans réponse.

— Recommence.

Ma voix n’est qu’un léger murmure.

— Recommence.

Une complainte, une supplique, que je pose à la lisière de ses lèvres sans les toucher. Je me sens vulnérable et inquiète d’avoir autant besoin qu’il m’embrase à nouveau, mais j’en meurs d’envie.

— Reco…

Ses paumes attrapent mes joues, et sa langue râpe contre mes dents en revenant dans ma bouche. Oui… Elle tourbillonne autour de la mienne comme une tornade de force dix. J’ai soif de lui, et sa façon de m’embrasser m’abreuve de mille et une sensations. Le froid polaire s’est transformé en brasier, et lorsqu’il me fait reculer et que mon dos bute contre un arbre, j’oublie totalement l’endroit où nous nous trouvons.

On ne m’avait jamais embrassée comme ça. Je n’ai jamais embrassé quiconque comme ça. Pour la simple et bonne raison que je ne suis plus celle que j’étais. Exit celle qui rend un baiser pour rassurer l’autre ou qui l’étreint pour contenir ses fissures. Pour la première fois, je me sens en accord, sincère et entière. J’ai réussi à devenir cette personne-là, et Rafael me prouve qu’on peut vouloir de moi ainsi.

L’euphorie m’envahit, je m’agrippe à ses cheveux et approfondis notre baiser. J’en veux plus, tout de suite. Alors que je suis submergée par son odeur omniprésente et son goût dans ma bouche, mes mains quittent sa nuque, longent ses bras jusqu’à ses flancs et se posent sur ses hanches. J’ai envie qu’il se fracasse contre moi, qu’il secoue chacune de mes cellules.

Je glisse mes index dans les passants de son jean et tire pour amplifier le contact. La collision se produit pile au bon endroit, deux grognements résonnent dans ma bouche, et notre baiser bascule dans une nouvelle dimension. Un multivers de sensations branchées sur la même fréquence.

Rafael ne portant pas de ceinture, je n’ai qu’à tirer d’un coup sec sur son jean pour qu’il tombe à ses pieds. Il relève ma jupe, nos sous-vêtements se frottent l’un à l’autre, et je gémis de plaisir.

Je suis déjà à bout de souffle et trempée quand ses doigts pincent mon aine avant de se glisser sous ma culotte. Lorsqu’ils s’imprègnent de mon excitation, un long gémissement vibre dans ma gorge. Mes reins s’enflamment et se cambrent, j’enfonce mes ongles dans ses épaules pour qu’il saisisse mon impatience de sentir ses doigts s’aventurer plus loin.

Nous n’avons pas cessé de nous embrasser avidement, mais dès que son index et son majeur me pénètrent, l’arrière de mon crâne tape contre le tronc derrière moi. La montée de plaisir est immédiate, je scrute les étoiles qui apparaissent entre les branches au-dessus de ma tête.

La bouche de Rafael s’empare de mon cou, et j’atteins un nouveau degré d’enivrement au moment où ses dents se joignent à son assaut. Ma main cherche un écho chez lui, elle disparaît sous l’élastique de son caleçon et s’approprie sa chair durcie.

Sa bouche s’immobilise sous mon oreille, sa paume qui tenait ma nuque claque contre le bois au-dessus de mon crâne, et ses doigts en moi changent de cadence pour se caler sur mes va-et-vient brefs mais puissants.

Son visage s’éloigne, nos prunelles s’épinglent et se défient. Une course-poursuite s’enclenche alors entre nous, à qui fera jouir l’autre en premier. Les yeux dans les yeux, je contemple son désir croître, sa respiration devenir de plus en plus rapide, et c’est le spectacle le plus excitant que j’aie pu voir.

J’aime la compétition, surtout quand mon adversaire est un foutu skateur. Mais quand il courbe ses doigts et presse son pouce sur l’accélérateur, une bouffée de jouissance me paralyse, et il atteint la ligne d’arrivée le premier.

Il ne me lâche pas des yeux tout du long tandis que les battements de mon cœur se mélangent à ceux de mon intimité. Ma vision est voilée, je discerne à peine la barre formée par les sourcils de Rafael. Sa mine sombre devrait attirer mon attention, mais mon cerveau est encore trop éparpillé.

Ma main toujours dans son boxer, je m’apprête à reprendre là où j’en étais, mais il m’échappe tout à coup. Rafael a reculé d’un pas, son torse monte et descend, et ses lèvres sont pincées.

— Pourquoi tu t’éloignes ? je halète.

— J’peux pas faire ça.

Tête baissée, il remonte son pantalon et recule pas à pas en prenant de grandes inspirations. J’aimerais accéder à ses iris pour décrypter ce qui se passe sous son crâne, mais il fixe ses pieds du regard à présent.

— Pourquoi ?

Il s’éloigne encore. Je suis comme scellée au tronc d’arbre alors que je voudrais avancer vers lui pour retrouver son contact.

— Il vaut mieux qu’on rentre, il annonce en enfonçant ses mains dans ses poches.

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