Chimera

Gert Nygardshaug · Chapitre 127 sur 141

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Chimera

Chapitre 123

 

Environ trois jours plus tard, les voyants du Labo 3 passèrent au vert. Les dernières spores virales étaient mortes.

Lev Yankin et Gauthier de Payens attendirent deux jours supplémentaires avant de pénétrer dans les sas de décontamination menant à la troisième section des laboratoires.

Mikael Gemstein reposait paisiblement sur son lit. Il n’était vêtu que d’un short et semblait sourire, la bouche entrouverte. Sa main droite, figée sur sa poitrine, tenait un stylo. Juste à côté attendait un message à l’écriture claire :

23 h 50. Bizarre : depuis que tu es parti, Lev, après notre conversation, vers neuf heures du soir, je ressens une fatigue d’un genre particulier – un calme presque euphorique. Je me couche.

00 h 20. Tout me paraît beau, un peu comme si j’étais sous benzo. En fermant les yeux, je vois des prairies, des fleurs, un océan d’orchidées. Sérénité. Je crois que je vais bientôt m’endormir.

00 h 24. Difficile d’écrire. Fatigue

Yankin et de Payens restèrent longtemps immobiles, cette feuille entre eux, les derniers mots de Mika. Le mort avait les yeux fermés, un reste de hâle sur le front et les joues couvrait encore sa pâleur. S’il n’y avait eu l’odeur sans équivoque, on aurait pu croire que le corps qui gisait là était prêt à se relever à tout moment.

— C’est beau, oui, murmura Yankin, la voix brisée.

On enterra Mikael Gemstein très profond, entre deux plates-bandes de splendides orchidées blanches, Angraecum sesquipedale, la variété favorite de Charles Darwin.

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