Toxic Hell

Anita Rigins · Chapitre 40 sur 65

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Toxic Hell

36. La découverte du corps et du libre plaisir

36. La découverte du corps et du libre

 

plaisir

 

Hena

 

Notre baiser est intense. Il est lent et profond. Rempli d’une faim inassouvie et de souffrance.

Nasser prend son temps. Il immobilise ma tête avec ses mains. Il suce ma langue, mordille mes lèvres. Il quitte ma bouche pour embrasser mon menton. Je ferme les yeux et laisse tomber ma tête en arrière, lui offrant un accès total à ma chair.

– J’ai tellement envie de toi, halète-t-il.

Je l’embrasse à nouveau, mes doigts plongeant dans ses cheveux. Je tire sur ses mèches. La seconde suivante, j’étouffe un cri alors qu’il me soulève pour me hisser sur lui. Mes cuisses emprisonnent ses hanches et ses mains pressent mes fesses, me collant à son érection. Je me frotte contre lui sans honte, avide de sensations. Je veux encore plus de contact. Mes mains passent sous son tee-shirt et mes ongles s’enfoncent dans la peau tendre de son torse.

– Je vais nous faire du bien, me promet-il.

Je n’en doute pas un seul instant. Nasser se dirige dans le petit couloir dans mon dos tandis que je continue de butiner ses lèvres avec empressement.

– Deuxième porte, lui indiqué-je.

Son goût et son odeur me rendent dingue. Bien vite, on se retrouve dans ma chambre et il me repose sur le sol. Sa main relève mon visage, son index et son pouce encadrant délicatement mon menton.

– Je veux d’abord découvrir ton corps. Si tu es toujours partante, ensuite, tu découvriras le mien, d’accord ?

Je ne peux que hocher la tête, entièrement en accord avec ses propositions. Je ne mentais pas quand je disais que, ce soir, je lui faisais confiance pour nous donner ce dont nous avions besoin tous les deux.

Nasser s’écarte de moi et va s’asseoir au bord de mon lit.

– Est-ce que tu peux te déshabiller pour moi ou est-ce que tu veux que je m’en charge ?

J’hésite. Mais, face à son regard si vif, j’ai encore plus envie de le rendre dingue. Alors, je préfère m’en charger.

– Je vais le faire, soufflé-je.

Il patiente. Il semble se retenir de me toucher. J’inspire profondément et tire d’un coup sec sur mon tee-shirt de pyjama pour le faire passer au-dessus de ma tête. Mes mamelons durcissent sous la température de la pièce, mais surtout à cause du regard gourmand que Nasser pose sur eux. J’ignore la cicatrice dans mon dos.

Je carre les épaules. Je me sens en confiance. Je me sens puissante, maîtresse de mon corps.

On m’a abîmée, mais on ne m’a pas fait plier. J’ai récupéré tout ce qu’on m’a un jour volé et je le partage librement avec Nasser. Ce soir, je m’offre sans peur et sans honte.

De sombres pensées tentent de m’envahir, mais je les repousse aussitôt. Je garde mon short et m’avance vers Nasser, sans toutefois être assez près pour le toucher.

– Tout va bien ? me demande-t-il.

– Ouais.

– Ouais ?

Je le fixe droit dans les yeux.

– Oui. Je suis avec toi.

– Parfait. Alors, approche-toi.

Je fais ce qu’il me demande avec hâte. Je prends place entre ses jambes écartées. Mes seins arrivent à la hauteur de son visage. Sa tête se penche vers mon sein droit. Il souffle délicatement dessus, regardant le frisson me parcourir. Mon mamelon durcit un peu plus et je gémis doucement alors qu’il ne m’a même pas encore touchée.

– Tu aimes ça ?

– J’adore ça !

Mon exclamation l’excite. Il frôle mon mamelon avec le bout de sa langue, recouvrant ma peau de sa salive. Alors qu’il s’écarte, l’humidité sur ma peau me fait presque frissonner.

J’ai besoin de ça. Exactement de ça.

Il offre le même traitement à mon autre sein. Finalement, ses mains les soupèsent et ses index en effleurent le bout. Mon cœur bat un peu plus rapidement à chaque contact de sa peau contre la sienne.

Nasser prend son temps. Il maîtrise parfaitement les choses. En surface, du moins, parce qu’au fond de ses yeux, je vois que son contrôle s’amenuise et qu’il est aussi rongé que moi par le désir.

– Arrête de me rendre dingue, lui dis-je en caressant ses épaules.

Nasser lève son visage vers le mien, taquin. Il ne quitte pas mes yeux quand sa bouche se pose sur mon mamelon droit et l’aspire férocement.

– Mon Dieu…

Je gémis ouvertement en basculant la tête en arrière. Mais j’ai besoin de le voir faire. Je ne veux pas en louper une seule miette.

Je me retiens de tirer sur ses cheveux, de coller sa tête contre ma poitrine. Quand ses dents rencontrent ma chair pour la mordiller, je cède. Mes doigts s’entortillent dans ses mèches et mes ongles grattent son cuir chevelu. Un gémissement rauque sort de ses lèvres scellées autour de mon mamelon.

Il écarte soudainement sa bouche et se redresse avec hâte.

– Je veux que tu t’allonges sur le lit, m’ordonne-t-il.

Je lui tourne le dos et m’immobilise en sentant son doigt effleurer la cicatrice dans mon dos. Je pivote vers lui et rencontre son regard rempli de questions. Mais aucun mot ne sort de sa bouche, et je ne dis rien non plus.

– Ça te fait mal ? finit-il par chuchoter.

Je secoue la tête et il semble soulagé par ma réponse. Ma respiration se coupe quand il caresse ma peau abîmée tout en avalant difficilement sa salive. Puis il s’écarte et je fais ce qu’il m’a dit, à savoir m’allonger sur le lit, tandis que lui se tient debout près du matelas.

Je vois sa main effleurer son érection. Il se caresse en de lents va-et-vient, ne pouvant s’en empêcher. Il doit être à l’étroit dans son pantalon.

– Ouvre ton pantalon, lui demandé-je.

Il secoue la tête.

– Pas maintenant. N’oublie pas ce que j’ai dit. Je découvre d’abord ton corps.

– Ce n’est pas du jeu.

– C’est le meilleur jeu auquel j’ai joué de toute ma vie, rétorque-t-il.

Il m’observe tandis que je suis allongée au centre du lit, les seins nus, les mamelons gonflés après le traitement qu’il leur a infligé. Sa main effleure mes cuisses. Il me caresse doucement, jaugeant la moindre de mes réactions.

– Je me suis masturbée ici en pensant à toi, lâché-je soudain.

Sa main s’immobilise.

– Quand tu regardais ce porno ?

Je fronce le nez avant de hocher la tête. Je le vois sourire. Un sourire qui le rend irrésistible.

– Putain, j’en étais sûr !

Ses mains se posent alors de chaque côté de mes hanches. Il descend mon short avec des gestes sûrs. Il n’y a plus qu’une fine culotte de dentelle blanche qui recouvre ma peau. Il l’observe, et je me demande s’il peut apercevoir l’humidité qui s’échappe d’entre mes cuisses. Je sais que je suis trempée.

Alors que sa main se pose à l’intérieur de ma cuisse, je me tends un instant. Aussitôt, il s’arrête, attentif au moindre de mes mouvements. Je ne me tends pas de peur, mais par anticipation.

– Continue, le supplié-je presque.

Je comprends maintenant toute la signification de l’expression « mourir d’impatience ». Il s’agenouille devant mon lit et tire mes cuisses au bord du matelas. Il les écarte doucement. Ses yeux gris sont posés sur mon intimité.

– Voyons si tu aimes ça.

Aimer quoi ?

Je n’ai pas le temps de réfléchir à la question. Son visage se penche et il donne un long coup de langue sur le tissu de ma culotte.

– Oh…

– Hum, tu aimes ça.

Mes orteils se recroquevillent. Nasser lèche une nouvelle fois mon intimité, toujours cachée derrière ma lingerie.

– Hum, je sens ton goût à travers le tissu. Ça me rend dingue.

Son nez se pose entre mes cuisses et il respire mon odeur. Son geste paraît si naturel ! En fait, tout me paraît naturel avec lui. Il n’y a aucune honte. Aucune peur. Aucune barrière. Il se contente d’écouter et de découvrir mon corps pour savoir ce qu’il souhaite ou non.

Sa salive recouvre le tissu de ma culotte. Finalement, il tire doucement sur ma lingerie. Le tissu pénètre alors entre mes deux lèvres vaginales, frottant mon clitoris surexcité.

– Ça ! Ça, c’est bon, lui indiqué-je, de plus en plus bouleversée par ses caresses.

Il tire un peu plus fort, stimulant davantage ma chair. La seconde suivante, ma culotte disparaît et je me retrouve entièrement nue devant lui. Il garde ma lingerie à la main, ses doigts effleurant longuement le tissu trempé. Puis il se redresse, me laissant pantelante.

– Montre-moi, m’ordonne-t-il soudain.

– Quoi ?

À cet instant, je suis prête à lui montrer ce qu’il veut.

– Montre-moi comment tu t’es masturbée en pensant à moi.

Obéissante, je laisse ma main effleurer mon ventre. Puis mon index se glisse entre mes lèvres. Je les écarte doucement afin de frotter lentement mon clitoris. Je le caresse en cercle et en rythme.

– Est-ce que tu as glissé un doigt en toi ?

– Non, haleté-je. Juste le clitoris.

– Et maintenant, est-ce que tu sens que ton vagin a envie de jouir sur quelque chose, de s’y agripper férocement ?

– Ouais. Ouais, j’en ai besoin.

Nasser sourit un peu plus face à ma réponse. Il se penche à nouveau sur moi.

– Fais-moi goûter.

Je n’hésite pas. Mon index se pose sur ses lèvres et il lèche mon doigt comme un affamé.

– Alors ? Comment est-ce que tu trouves mon goût ?

– Délicieux. Mais il sera encore meilleur directement sur ma langue.

Sans autre préambule, sa tête plonge entre mes cuisses. Et sa langue entre dans la partie. Je vous jure qu’à cet instant, j’atteins le paradis. Mes hanches s’agitent tandis qu’il me lèche pleinement. Sa langue est partout, découvrant chaque recoin de mon sexe. Lorsque ses dents mordillent mon clitoris, je suis à deux doigts de jouir.

– Je vais déjà jouir, annoncé-je, de plus en plus haletante.

– Je le sens. Laisse-toi aller.

Je veux résister un peu plus longtemps. Mais sa langue pénètre désormais mon vagin aussi profondément que possible, et je suis incapable de résister. Je jouis dans un hurlement.

– Nasser, crié-je sans pouvoir m’en empêcher.

Bien que j’aie joui, il continue de me dévorer comme si j’étais le repas le plus délicieux qu’il ait jamais goûté. À plusieurs reprises, sa langue descend un peu plus et effleure la peau tendre de mon anus. Je découvre de nouvelles sensations, toutes particulièrement agréables.

– C’est trop intense, m’exclamé-je.

Cette fois-ci, son index pénètre dans mon vagin. Nasser le courbe afin d’appuyer sur mon point G.

– Putain de merde ! hurlé-je.

Ma voix se brise presque et je sens mes yeux s’humidifier tant ce second orgasme est intense. L’instant suivant, Nasser se redresse et se laisse tomber sur mon corps avant de m’embrasser. Son goût est différent désormais : c’est un parfait mélange du sien et du mien.

Je veux le découvrir à mon tour. Je soulève alors son tee-shirt pour le lui retirer et y parviens difficilement. Mes mains descendent le long de son corps pour effleurer son érection. Il inspire brusquement en posant son front contre le mien.

– Tu m’exploreras longuement la prochaine fois. Là, je ne vais pas tenir, me prévient-il avec une voix rauque.

La prochaine fois.

Je ne m’attarde pas sur ces mots tandis qu’il ouvre son jean et le retire avec des gestes à peine mesurés. Il récupère son portefeuille, avant d’envoyer son pantalon au loin, et en sort un préservatif.

Il est désormais à genoux près de moi, uniquement vêtu de son caleçon. Le tissu à l’avant est un peu humide, signe qu’il est aussi excité que moi. Je me redresse sur mes coudes, observant l’entièreté de son corps. Je suis fascinée par la traînée de poils qui court jusqu’à son bas-ventre. Son torse est sculpté à la perfection, ses muscles sont secs et fins.

Nasser baisse son caleçon et son pénis apparaît devant moi. J’observe ses gestes. Ses doigts le caressent d’un mouvement lent, mais sans hésitation. Son index effleure son gland. C’est à cet instant que je remarque le morceau de métal qui le transperce.

– Tu aimes ? me questionne-t-il.

C’est la première fois que je vois un piercing à cet endroit. Je hoche la tête et me redresse un peu plus, approchant mon visage de lui.

– Si tu poses ta bouche sur moi, je vais exploser dans la seconde, me prévient-il en haletant.

Alors, je me contente de lécher mes lèvres, imaginant son goût. Ne pouvant y résister, j’avance la main vers son sexe et l’atteins doucement. Son érection est longue et épaisse, mais sa peau est étrangement douce. Elle est surtout brûlante.

– Oh, ouais, souffle-t-il en vacillant près de moi. Touche-moi. Exactement comme ça. Serre un peu plus les doigts autour de ma queue.

Je fais ce qu’il me demande. Je redécouvre le plaisir masculin. Je lui en donne et j’adore ça. Il y a quelque chose d’étrangement addictif dans le fait de rendre dingue son partenaire.

Un grognement sort de la bouche de Nasser et il pince la base de son érection.

– J’ai… j’ai besoin de te prendre.

J’éloigne ma main et me rallonge au centre du lit tandis qu’il enfile le préservatif. Il se place entre mes jambes, mais n’entame aucun mouvement. Il garde son regard posé sur moi, observant le moindre signe d’inconfort sur mon visage.

– T’es toujours avec moi ?

D’abord, je ne réponds pas. J’ai envie de lui. J’ai besoin qu’il me pénètre. Mais j’ai aussi peur. Je n’ai pas peur de Nasser, pas du tout. J’ai peur parce que mes démons ne sont pas loin. Mais je refuse qu’ils me volent cet instant.

– Oui, je suis avec toi.

Nasser colle son torse contre ma poitrine. L’une de ses mains se place derrière ma nuque.

– Si tu veux qu’on arrête, tu me le dis, Hena. Tu n’as qu’un mot à dire, d’accord ? C’est toi qui diriges. Toi.

Alors, j’oublie mes démons.

– Tu veux qu’on arrête ?

– Non, surtout pas.

Je me concentre sur ce que je veux. Et ce que je veux, c’est lui. Je roule des hanches, frottant mon entrejambe contre son érection. Le plaisir m’électrocute presque.

– Je veux que tu me prennes, lui dis-je sans hésitation.

Il approche son gland de mon clitoris. Son piercing m’offre une caresse inédite. Ça me rend complètement démente.

La seconde suivante, son gland se place à l’entrée de mon vagin. Ses yeux dans les miens, il me pénètre doucement avec une longue poussée. J’inspire brusquement tandis qu’il souffle. J’écarte un peu plus les cuisses pour mieux ressentir chaque centimètre de sa lourde érection. L’humidité de mon intimité l’aide à me pénétrer.

Il porte son index à sa bouche, le lèche et le pose sur mon clitoris. Nouvel électrochoc. Je sens la pression grandir entre mes cuisses. C’est tellement bon ! Tellement différent de ce que j’ai vécu jusqu’à présent. Je n’étais pas vierge quand Abraham a abusé de moi, mais il a brisé chacun de mes souvenirs charnels. À cet instant, Nasser est en train d’effacer toute trace d’Abraham sur mon corps. Il détruit chaque marque qui a été apposée sur mon âme. Il la libère un peu plus de ses entraves.

– C’est bon ?

– C’est incroyable !

Il se presse contre moi et ses va-et-vient se font plus profonds, plus rapides. Je sens mon vagin se contracter pour le retenir en moi. J’en redemande, encore et encore.

– Tu t’agrippes tellement fort à moi, gémit-il à mon oreille.

Il baise ma bouche avec ses baisers comme il baise mon corps.

– Tu m’obliges à rester au fond de toi pour que je te donne tout ce que j’ai.

Il dit vrai. Je veux tout. Absolument tout ce qu’il peut me donner.

– J’aime quand tu es au fond de moi.

Ma remarque le stimule. Ses hanches percutent les miennes tandis qu’il me prend plus intensément.

– Comment est-ce qu’on était censés résister l’un à l’autre ? continue-t-il contre ma bouche. Comment résister à ça ?

Effectivement, c’était impossible. On aurait succombé un jour ou l’autre. Et ça aurait été aussi follement délicieux.

Ses mains viennent attraper les miennes et il relève mes bras au-dessus de ma tête. Il me possède sans jamais me voler mon corps. Il m’emplit et j’en redemande en ondulant contre lui. La tension grandit en moi tandis qu’il me pénètre à fond, se frottant contre mon clitoris.

– Ça, gémis-je. Recommence.

Avec un sourire ravi, il refait exactement le même mouvement. Et je décolle. Chaque muscle de mon corps se contracte tandis que je crie contre son visage. Mes doigts serrent fermement les siens. L’une de ses mains me libère pour relever ma cuisse sur sa hanche. Il plonge en moi avec un angle encore plus profond et plus dévastateur. Et je jouis. Je me craquelle de l’intérieur. Le pied absolu. L’union de deux corps guidés par leur seul instinct.

Son visage enfoui dans mon cou, il se laisse aller.

– Je te sens partout autour de moi, halète-t-il avec peine. T’es en train de me tuer, trésor.

– Et ça fait quoi, de mourir de plaisir ?

– C’est démentiel. Je veux mourir pour revivre à chaque putain de fois contre toi, Hena.

La délivrance le traverse d’un coup et il jouit longuement. Son corps pèse sur le mien, sans toutefois m’étouffer. Son poids sur moi m’apaise même. Je ne me sens pas démunie après l’orgasme. Je suis toujours dans ma bulle de luxure. Je suis toujours dans ce cocon protecteur qu’il forme avec son corps.

Il pose son front contre le mien et ferme les yeux. Son souffle frappe mes lèvres et nos bouches se trouvent, se taquinent plus doucement, plus sensuellement. Il se retire alors délicatement de moi en gémissant d’être séparé de la chaleur de mon intimité. Enfin, son corps s’étend près du mien. Nous essayons tous deux de reprendre notre souffle.

– Waouh !

L’exclamation m’échappe et je pose les mains sur mes joues brûlantes. Nasser rigole.

– Waouh ! répète-t-il.

– C’était… c’était vraiment très, très bon. Surtout ce que tu m’as fait avec ton piercing.

– N’est-ce pas ? Je pense qu’on devrait lui dédier une page Instagram.

Je lève les yeux au ciel, mais laisse un sourire s’épanouir sur mes lèvres. J’aime le fait que nous ne soyons pas gênés par l’intimité post-sexe. On parle librement et en toute transparence de ce qui vient de se passer.

– Je ne suis pas sûre d’aimer l’idée. Gardons ta queue juste pour nous.

Il lève un sourcil, mais ne me contredit pas. Il retire le préservatif et s’allonge de nouveau près de moi. Je me penche pour récupérer une bouteille d’eau sur ma table de nuit et en avale une longue gorgée.

Quand je me tourne vers Nasser, je remarque qu’il fixait mon dos, mais il ne me pose aucune question. Je ne suis pas prête à me confier et il semble l’avoir compris. Il se contente de croiser les bras sur son ventre plat et de fixer le plafond, un sourire en coin, repensant sûrement à ces dernières minutes.

– T’as l’air très satisfait de toi.

– Oh, je le suis !

Je m’allonge sur le côté, les deux mains sous ma tête, et l’observe en silence. Nous restons ainsi de longues minutes. Et, encore une fois, il n’y a aucune gêne.

– Tu m’as demandé de t’apprendre à découvrir les plaisirs charnels, reprend Nasser en me regardant. Donc, tu as bien compris qu’on va recommencer à coucher ensemble ?

Je hoche la tête avec entrain. J’ai secrètement hâte de voir sur quel chemin il va m’emmener.

– La prochaine fois, je veux découvrir ton corps.

Ses yeux prennent feu et un éclair de désir les traverse.

– Je suis en train de bander à nouveau, me dit-il.

– On va devoir régler le « problème », lui annoncé-je d’un ton solennel.

Il se redresse sur un coude, puis se positionne de nouveau sur moi, après avoir récupéré un nouveau préservatif.

– Prête à régler le problème ?

– Absolument !

L’instant suivant, il me pénètre à nouveau et je hisse mes cuisses sur ses hanches.

C’est ainsi que se déroule la demi-heure qui suit, avant que son corps et le mien ne soient complètement vidés d’énergie. À aucun moment je ne pense à autre chose qu’à ce qui se passe entre nous. Aucun cauchemar ne vient me hanter. Aucun souvenir effrayant ne franchit la barrière de mon esprit.

Je finis allongée sur le ventre, le visage à moitié dans l’oreiller. Mes muscles me font mal tant ils ont été sollicités.

– Tu te rends compte ? On a réussi à ne pas s’entre-tuer pendant plus d’une heure et demie, déclare Nasser.

J’étouffe un rire.

– Disons que c’est agréable quand tu es occupé à faire autre chose, dis-je avant de bâiller jusqu’à m’en décrocher la mâchoire.

Nasser s’assied près de moi.

– Je vais y aller, avant que ton frère ne débarque et me trouve là.

– Ouais, t’as peut-être raison.

Nous échangeons un regard, désormais tous deux incertains. Et maintenant, qu’est-ce qu’il va se passer ?

Je l’observe étirer les bras au-dessus de sa tête. On vient de coucher ensemble plusieurs fois, je suis épuisée, mais je ne peux décrocher mon attention de son corps.

Je crois que je suis foutue.

Je finis par m’asseoir à mon tour et tire le drap sur moi. La chaleur de Nasser me quitte définitivement. Il se lève, nu. Nullement gêné, il traverse ma chambre pour récupérer son caleçon. Mon regard s’attarde sur ses fesses. Il tourne la tête vers moi en jouant des sourcils.

– Arrête de mater mes fesses, trésor !

– J’ai envie de les mordre.

Merde ! Est-ce que je viens de parler sans réfléchir ?

Nasser rigole doucement en enfilant son sous-vêtement.

– Tu pourras. La prochaine fois.

Le grand brun doit voir que je suis plongée dans mes pensées parce qu’il retrouve son sérieux.

– Tout est OK entre nous ? Tout est clair ?

Je hoche simplement la tête sans répondre. Ça veut dire quoi, tout est clair, au juste ? Mais alors que je m’apprête à demander des explications, Nasser me devance. Il récupère son tee-shirt et s’arrête devant moi.

– Ce que je veux dire par là, c’est que tu me plais, Hena. J’ai du mal à l’avouer, mais c’est vrai. Ce soir, tu m’as demandé de m’occuper de toi. Tu m’as fait confiance pour que je te fasse découvrir tout le plaisir que peut ressentir ton corps. Et je compte bien recommencer. Pour ça, j’ai besoin que tu continues de me faire confiance.

Il attend patiemment que je lui réponde. J’ouvre plusieurs fois la bouche, mais aucun mot n’en sort. Ses paroles viennent de me rassurer et de me réchauffer intérieurement. Je ne serai pas son vilain secret, et il ne sera pas le mien. Je ne sais pas dans quoi on est en train de se lancer, mais je n’ai pas envie de faire marche arrière. Alors, je décide d’être honnête à mon tour.

– Je te fais confiance. Et je te veux aussi. Je veux que tu continues à… m’initier aux plaisirs du corps.

– Alors, c’est tout ce qui importe. On va profiter, toi et moi. Laisse-moi m’occuper de ça.

Il se penche soudainement vers moi, agrippe délicatement le bas de mon visage et me fait relever la tête. Sa bouche se plaque sur la mienne le temps d’un baiser. Puis il s’éloigne et finit de se rhabiller.

– Je crois que je t’ai mal jugé, continué-je en l’observant enfiler son jean. Tu es bien plus que ce que tu laisses paraître, Nasser. Tu es bien plus que Hell. Beaucoup plus.

Il semble méditer mes mots. Il n’acquiesce ni ne me contredit. Ce soir, j’ai eu l’impression que lui donner un peu de contrôle sur moi ne signifiait pas que je me perdais moi-même. Je veux de nouveau ressentir ça. Je veux de nouveau me sentir forte entre ses bras, sous ses lèvres.

Ses yeux gris caressent ma silhouette à moitié cachée. Puis il détourne le regard et tombe sur ma table de nuit. Il lève un sourcil interrogateur.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Quoi ?

Je tourne le visage vers l’objet de ses convoitises, mais déjà son bras s’élance pour récupérer le morceau de papier plié en deux.

Merde !

– Ce n’est rien.

Il déplie la feuille, un air concentré plaqué sur le visage.

– C’est juste… une liste de choses que j’ai envie de faire à court ou à moyen terme.

– Je vois ça.

Il lit rapidement les mots qui s’y trouvent et je le vois sourire.

– Faire quelque chose de fou et d’illégal ? Eh bien, tu peux barrer cet objectif, vu tout ce que tu as fait d’illégal depuis que tu me connais.

– Hum, mais pourquoi je sens que ce n’est que le début ?

– Ah, ça…

Sa main libre caresse sa courte barbe noire.

– Découvrir si les extraterrestres existent ? Sérieusement ? rigole-t-il.

– Quoi, tu n’y crois pas ?

– Bien sûr que si. Après tout, j’étais un fan de E.T. quand j’étais gosse.

– Ha ! Ha ! Ha ! Moque-toi, va ! Mais quand les petits hommes verts viendront casser ta jolie bouche, tu ne pourras plus t’échapper.

– J’ai peur…

Il lit la dernière chose sur la liste et attrape mon regard.

– Croire en l’amour ?

Je hausse les épaules, désormais beaucoup moins sûre de moi. Je me lève avant d’enfiler mon tee-shirt et mon short.

– Celle-là n’est pas définitive.

Je ne sais même pas d’où je sors cette explication stupide, mais il ne se moque pas de moi. Il écoute simplement ce que je dis. Son portable ne cesse de vibrer, alors il le récupère.

– Archi a besoin de moi. Rêve de moi, me lance-t-il sur un ton orgueilleux en passant le seuil de ma chambre.

– Je rêverai uniquement d’une certaine partie de ton corps, lui dis-je en le suivant à travers le couloir. Ta bouche n’en fera pas partie.

– Même après tout le plaisir qu’elle t’a donné ? rétorque-t-il avec un sourire taquin.

Oui… Bon…

Il finit par quitter mon appartement et mon regard reste posé sur ses épaules tandis qu’il s’éloigne. Je verrouille la porte tout en réalisant que j’ai couché avec Nasser. Plusieurs fois. Et on recommencera. J’ignore où ça va nous mener, mais je veux continuer à me laisser aller sans réfléchir.

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