Toxic Hell

Anita Rigins · Chapitre 42 sur 65

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Toxic Hell

38. Avoir mal et aimer cette douleur

 

 

Nasser

Le lendemain soir

 

La foule est en ébullition ce soir. Mes poings s’abattent sur le jeune type en face de moi. L’enfoiré n’est pas venu seul : il est accompagné d’un couteau suisse qu’il a tenté, plusieurs fois, de faire pénétrer dans mon bas-ventre.

Je pousse le type à terre. Je le plaquerais bien sur le sol, mais je porte toujours mon jean et je n’ai pas envie de le foutre en l’air pour un rigolo pareil. La terre est boueuse à cause de la pluie qui s’est abattue hier.

Ce soir, les combats sont organisés derrière l’entrepôt, et je prie pour qu’aucun flic – en particulier le frère d’Archi, l’inspecteur Hiro – ne se ramène. Mais c’est aussi ça, le Toxic Hell : on fait le show. Les gens en redemandent et ils reviennent avec encore plus d’argent.

Plusieurs voitures sont rangées en arc de cercle, leurs phares allumés pour éclairer notre ring improvisé. Le type se relève et tente de me mettre au sol. Je rigole dédaigneusement en l’esquivant.

– Tu es trop lent, lui lancé-je avant de balayer ses jambes. Et un peu con, aussi.

La fin du combat sonne. La foule m’acclame. Mais je ne cherche qu’une personne du regard. Je repère rapidement sa tête blonde tandis que les spectateurs envahissent l’espace de combat. Hena récupère l’argent des paris, un grand sourire sur le visage. Je la vois glisser quelques billets dans la poche de sa jupe en jean, me volant aussi facilement qu’au premier jour.

– Petite voleuse, marmonné-je dans ma barbe en tentant de la rejoindre.

Ma petite voleuse.

Comme si elle m’avait entendu, Hena se tourne vers moi. La foule nous sépare, mais elle me lance un clin d’œil de défi. Oh, oui, elle sait que je l’ai vue ! Mais, encore une fois, elle ne regrette pas son geste. Elle ne regrette jamais rien. Elle est trop entière pour ça.

Alors que je tente de m’approcher d’elle, plusieurs filles me barrent la route et me félicitent pour ma victoire. L’une d’elles se jette à mon cou sans que je puisse l’esquiver et ses lèvres se plaquent sur ma bouche. Une autre colle ses seins contre mon dos.

Je me dégage rapidement et les fusille du regard. Elles se dispersent vite pour se mêler à la foule. Ce comportement m’aurait fait sourire il y a peu. Mais, maintenant, la seule chose que je veux, c’est rejoindre Hena. Je vois ses épaules disparaître au loin.

Bordel !

Les gens m’empêchent de m’approcher d’elle. C’est la première fois que j’ai envie de leur hurler de dégager.

– Hena ! crié-je dans son dos.

Elle s’arrête une seconde avant de reprendre sa route, quittant le centre de la fête. Enfin, je la rejoins. Nous sommes désormais de l’autre côté de l’entrepôt, cachés de la foule. Ma main agrippe son épaule et je tire son corps à moi. Hena tente vivement de se libérer.

– Ne t’éloigne pas de moi, lui dis-je.

Ma voix résonne plus comme une supplication qu’autre chose. Elle me frappe le bras.

– Je pars si j’en ai envie, enfoiré !

Je la lâche avant de la contourner pour me placer face à elle. Elle fixe mes lèvres comme si elle était profondément blessée.

– Arrête ça immédiatement.

– Que j’arrête quoi ?

– De me regarder comme si je venais de te trahir, alors qu’elles m’ont pris par surprise.

– Ce n’est pas pour autant que ça ne me fait pas mal.

Je sais que je devrais rester impassible face à son énervement, sauf que sa réaction me fait plaisir. Je m’approche d’elle.

– Ça t’a fait mal ?

Elle relève le menton avec hargne.

– Atrocement.

Un délicieux sourire se dessine sur mes lèvres. Pourquoi est-ce que ça me fait tant plaisir ?

– Peux-tu arrêter de sourire avant que je ne t’arrache les yeux ?

– Viens plutôt m’embrasser.

J’enfouis mes mains dans ses cheveux avant de la coller contre le mur de l’entrepôt. Mes lèvres se posent sur les siennes et les dévorent sans répit. Mais ce baiser, ça ne me suffit pas. Je viens de combattre. Mon corps bouillonne, rempli de testostérone. Et j’ai Hena dans mes bras. Elle me rend dingue ! Sa réaction me rend encore plus dément. Mes mains se posent sous ses fesses et je la hisse contre mon corps.

– Tu es avec moi ? lui demandé-je.

Elle hoche la tête et ses cuisses s’enroulent autour de mes hanches dans un mouvement souple. Je tremble presque d’envie. Elle aussi.

– Regarde-toi, murmuré-je contre sa bouche.

Je l’embrasse une nouvelle fois, léchant ensuite sa lèvre inférieure.

– Tu es jalouse, alors que tu es la seule que je veux.

Ma confession l’excite. Elle gémit contre moi avant de mordiller mon oreille.

– Tu es trop content de l’effet que tu as sur mon corps, souffle-t-elle. Peut-être que je devrais trouver une autre personne et poser ma bouche sur la sienne afin de voir si tu restes toujours aussi enthousiaste.

Je lui donne un coup de bassin, mes hanches roulant contre les siennes.

– Tu peux faire ça, trésor. Mais tu seras responsable de sa mort.

Elle rigole, ne me prenant pas au sérieux. L’une de ses mains trace un chemin entre nous et je la sens ouvrir le bouton de mon jean.

– Hum… gémis-je.

À cet instant, nos corps sont deux bêtes prêtes à tout pour répondre à leurs besoins primaires. Je me félicite d’être toujours prévoyant et glisse une main dans ma poche arrière, d’où je sors une capote.

– Je t’avais dit qu’on allait coucher à nouveau ensemble. Tu es prête ? Je ne serai pas tendre.

Pour la tendresse, on repassera. Pas alors qu’elle me rend si fou et que je perds mes moyens. J’ai besoin de reprendre le contrôle de la seule façon que je connaisse : en la prenant, elle.

Hena hoche la tête sans hésitation, toujours coincée entre mon corps et le mur humide.

– Je ne veux pas que tu sois tendre. Je veux que tu me dévores comme l’autre jour.

Je la mets toutefois en garde :

– N’importe qui pourrait nous surprendre.

Aucune peur ne se lit sur son visage. Je n’y vois qu’une faim semblable à la mienne. Depuis que ma queue l’a pénétrée la première fois, je ne pense qu’à une seule chose : recommencer. La posséder et atteindre le paradis entre ses cuisses.

– Dépêche-toi, m’ordonne Hena dans un souffle.

C’est difficile de mettre une capote dans cette position, mais j’y arrive finalement. Je relève un peu plus sa jupe. Je mouille mon index avant d’écarter le tissu de sa lingerie et de la caresser, m’assurant qu’elle soit humide. Le but est de lui donner du plaisir et que ça soit confortable pour elle autant que possible.

Quand je sens qu’elle est prête à me recevoir, je taquine l’entrée de son vagin avec mon gland. J’écarte davantage ses cuisses, la soulève un peu plus et la pénètre d’une poussée longue et profonde. Un gémissement se bloque à l’arrière de ma gorge. Hena tente de fermer les yeux, mais je l’embrasse durement dans le but de la garder parfaitement concentrée sur moi. Ses yeux verts m’observent dans les moindres détails. Elle baisse le regard sur notre point de rencontre et une plainte sort de sa bouche.

– Nasser… plus fort !

L’expression qui tord son visage manque de me faire jouir immédiatement. Je lui obéis et la pénètre un peu plus durement. Son vagin comprime mon érection sur toute sa longueur. Ses muscles se resserrent à chaque passage et tentent de me retenir au fond d’elle. Je plane complètement. La seule chose à laquelle je pense est qu’elle me rend insatiable. Je n’en aurai jamais assez. Jamais.

Ses dents se plantent alors dans mon épaule quand elle sent le plaisir monter.

– Oh, tu me tues ! gémis-je en me collant un peu plus à elle.

J’entends des cris au loin. La foule acclame de nouveaux combattants. Mais je me moque de tout, sauf du feu qui fait rage en moi.

– Pourquoi est-ce que c’est si bon de succomber ?

Ma voix sonne comme une plainte.

– Parce que nos corps aiment se battre et entrer en collision, halète-t-elle pour toute réponse.

Je souris et m’enfonce de nouveau en elle.

– Hena Williams. Toi et ton esprit. Toi et ton corps si excitant. Toi et ta répartie qui me donne parfois envie de te tuer.

Je colle ma bouche contre son oreille et la mordille avant de continuer :

– Toi et ton cœur si pur malgré la souillure qui nous entoure. Je crois bien que je te cherchais depuis longtemps. Et je ne vais pas réussir à te laisser t’éloigner.

– On parie ? me défie-t-elle avec un sourire.

Elle jouit soudainement autour de moi. Son vagin se contracte follement en rythme et j’explose rapidement. Je ne peux pas m’en empêcher. Hena me fauche comme un raz-de-marée. Elle me terrasse. C’est plus qu’une lutte de pouvoir entre nous. On saute ensemble de la falaise. On profite ensemble de la chute sans jamais penser à notre collision avec le sol.

Quand elle finit par s’écarter, une partie de moi l’accompagne. Peu importe les pas qui nous séparent, je suis toujours avec elle. Et elle reste avec moi. Son odeur est sur ma peau, son cœur, entre mes dix doigts. Je le berce avant de le serrer doucement, au rythme de ses battements.

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