Voyage Au Congo

André Gide · Chapitre 106 sur 106

Pages du PDF

Voyage Au Congo

Chapitre II

 

J’allais donner le « bon à tirer » de ce livre, lorsqu’on me communique un numéro de la Revue de Paris (1er Mai 1927) où M. Souday me fait l’honneur de protester contre les quelques lignes que l’on peut lire à la fin du chapitre V de cette relation de voyage.

 

Inutile de répondre. Mais comme le lecteur pourrait avoir oublié les phrases auxquelles je faisais allusion, M. Souday me permettra de les reproduire :

 

« … Raffolez-vous de Britannicus ? Certes, c’est très bien fait, très bien écrit, mais de ce style oratoire et académique que Taine a défini avec force. Et les sentiments sont élémentaires. La fameuse tirade tant vantée de Narcisse, qui retourne Néron, ressemble pour le fond à ce que la première petite-femme venue dirait à son mari pour l’exciter contre sa belle-mère : » “Elle se moque de toi derrière ton dos ! Elle se vante de te mener par le bout du nez !” etc.… Ce n’est pas sorcier… La « tragédie des connaisseurs » me semble bien inférieure aux tragédies histo-riques de Corneille, à Cinna, même à Nicomède. Racine est avant tout un grand peintre de l’amour : ses chefs-d’œuvre, ce sont Andromaque, Bajazet, Phèdre, et il avait en lui une veine de poésie qui s’est même développée par exception dans Atha-lie, sous l’action de la ferveur religieuse. Mais il n’y a dans Bri-tannicus ni lyrisme, ni pensée. »

 

– 231 –

Vous avez terminé Voyage Au Congo

André Gide

Des livres comme celui-ci

Après le livre

Pages fournies avec cette édition, gardées ici pour référence.