Voyage Au Congo

André Gide · Chapitre 29 sur 106

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Voyage Au Congo

26 septembre.

La belle demi-lune, comme une coupe au-dessus du fleuve, verse sur les eaux sa clarté. Nous avons accosté au flanc d’une île ; le projecteur du navire éclaire fantastiquement le maquis. La forêt vibre toute d’un constant crissement aigu. L’air est tiède. Mais bientôt les feux du Largeau s’éteignent. Tout s’endort.

 

26 septembre.

 

Nous approchons de Bangui. Joie de revoir un pays dégagé des eaux. Les villages, ce matin, se succèdent le long de la rive, d’aspect moins triste, moins délabrés. Les arbres, dont plus au-cun taillis ne cache la base, paraissent plus hauts. Bangui, qu’on aperçoit depuis une heure, s’étage jusqu’à mi-flanc de la très haute colline qui se dresse devant le fleuve et incline son cours vers l’est. Maisons riantes, à demi cachées par la verdure. Mais il pleut, une pluie qui va bientôt devenir diluvienne. Les paquets sont faits, les cantines sont refermées. Dans un quart d’heure nous aurons quitté le Largeau.

 

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