Voyage Au Congo

André Gide · Chapitre 41 sur 106

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Voyage Au Congo

15 octobre.

Une heure plus tard ; nous retrouvons, à vingt kilomètres des Moroubas où nous devons passer la nuit, Mme de Trévise et le docteur Bossert, fort occupés à recenser les indigènes qu’ils viennent de vacciner.

 

15 octobre.

 

Coucher aux Moroubas 25.

 

Lamblin, hier, nous a conseillé de pousser jusqu’à Fort-Crampel, au lieu de gagner directement Fort-Sibut.

 

La contrée change d’aspect : forêt clairsemée ; arbres pas plus hauts que les nôtres, ombrageant de hautes graminées, et une nouvelle sorte de fougère. Déjeuner aux M’Bré. Paysage très pittoresque, entouré de rochers ; on se croirait aux environs de Fontainebleau. De mon premier coup de fusil, j’abats un grand vautour, perché tout au sommet d’un arbre mort. N’ayant en-

core jamais chassé, je suis émerveillé de ce succès 26.

 

25 Je relève, dans un rapport administratif d’octobre 1925, ces quelques chiffres sur l’état de la population dans la région des Moroubas (160 kms X 100 kms).

Hommes1 990Femmes2 091Garçons756Filles596Vieux62Sommeilleux46Naissances en 3 ans263Décès : Enfants de 0 à 5 ans146Décès : Enfants de 5 à 12 ans74Décès : Adultes377Dans un seul village (Takobanda) de la région des Moroubas, sur 114 femmes, 48 n’ont pas eu d’enfants. Les 66 autres ont eu 99 enfants dont 63 sont morts en bas âge (maladies intestinales ou pulmonaires, et syphilis).

 

26 J’aurais été moins fier si j’avais su qu’il n’est pas d’usage en A. E. F. de tirer sur les aigles, vautours, ou charognards, que l’on consi-dère (ces derniers surtout) comme animaux utiles, affectés au service d’hygiène du pays, Les carcasses des plus gros gibiers sont nettoyées par eux en quelques heures ; en plus des immondices d’un village, ils font

 

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