Voyage Au Congo

André Gide · Chapitre 9 sur 106

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Voyage Au Congo

9 août, 5 heures du soir.

 

 

Nous entrons dans les eaux du Congo. Gagnons Banane dans la vedette du commandant. Chaque occasion de descendre à terre nous trouve prêts. Retour à la nuit tombante.

 

La joie est peut-être aussi vive ; mais elle entre en moi moins avant ; elle éveille un écho moins retentissant dans mon cœur. Ah ! pouvoir ignorer que la vie rétrécit devant moi sa promesse… Mon cœur ne bat pas moins fort qu’à vingt ans.

 

Lente remontée du fleuve dans la nuit. Sur la rive gauche, au loin, quelques lumières ; un feu de brousse, à l’horizon ; à nos pieds l’effrayante épaisseur des eaux.

 

(10 août).

 

Un absurde contretemps m’empêche, en passant à Bôma (Congo belge), d’aller présenter mes respects au Gouverneur. Je n’ai pas encore bien compris que, chargé de mission, je repré-sente, et suis dès à présent un personnage officiel. Le plus grand mal à me gonfler jusqu’à remplir ce rôle.

 

« Les chargements des 4 steamers français : Alba, Europe, Tchad, Asie, comportant près de 80 000 dames-jeannes et un nombre considé-rables de caisses de vin, restaient en souffrance dans les magasins de la Manucongo. »

 

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