Voyage Au Congo
12 octobre.
Pourtant nous ne quitterons Rafaï qu’à regret. La terrasse où s’étend le jardin du poste, dominant le cours majestueux du Chinko, est très belle. Je crois même que je la préfère à celle de Ouango.
12 octobre.
Retour de Rafaï 23. Arrêt à Bangassou d’où nous sommes repartis ce matin. Nous couchons de nouveau à Foroumbala ; les voitures ont besoin d’être nettoyées. Le poste est agréable ;
23 À Rafaï (ou à quelques kilomètres plus à l’Est) s’arrête la route automobilisable. Plus loin l’on entre sur l’ex-sultanat de Zémio, subdivi-sion-frontière de notre colonie, bordée à l’Est par le Soudan anglo-égyptien, et au sud par le Congo belge dont le M’Bomou (cours supérieur de l’Oubangui) nous sépare.
C’est par Zémio et la forêt du Congo belge que nous nous propo-sions de revenir au retour de Fort-Archambault, pour regagner ainsi la région des Grands Lacs, puis la côte africaine orientale. C’est l’itinéraire que nous eussions suivi sans doute, si nous n’avions pas été entraînés vers le Nord, jusque sur les bords du lac Tchad, par mon ami Marcel de Coppet, que sa désignation comme Gouverneur intérimaire du Tchad força de gagner précipitamment Fort-Lamy, quittant Fort-Archambault où nous nous attardions près de lui.
La randonnée en auto que, grâce à l’obligeance du Gouverneur Lamblin, nous poussions hâtivement vers l’Est, n’était, ne devait être, qu’une sorte de parenthèse, ne devait nous donner du pays qu’une entre-vision provisoire. N’étant plus à un âge où pouvoir espérer beaucoup, ni projeter grand nombre de nouveaux voyages, je me console difficilement, malgré tout mon amor fati, d’avoir dû préférer, par la suite, la morne traversée du Cameroun au ténébreux mystère de la forêt du Congo belge et aux énigmes de Zémio.
– 61 – mais le peuple galeux à l’excès. Mon pied me fait mal et je ne puis me chausser. Forcé de demeurer assis, je continue le Mas-ter of Ballantrae.