Voyage Au Congo
17 octobre.
Toujours des saluts enthousiastes de femmes et d’enfants à la traversée des villages. Tous accourent ; les enfants s’arrêtent net sur le rebord du fossé de la route et nous font une sorte de salut militaire ; les plus grands saluent en se penchant en avant, comme on fait dans les music-halls, le torse un peu de côté et rejetant la jambe gauche en arrière, montrant toutes leurs dents dans un large sourire. Lorsque, pour leur répondre, je lève la main, ils commencent par prendre peur et s’enfuient ; mais dès qu’ils ont compris mon geste (et je l’amplifie de mon mieux, y joignant tous les sourires que je peux) alors ce sont des cris, des hurlements, des trépignements, de la part des femmes surtout, un délire d’étonnement et de joie que le voyageur blanc con-sente à tenir compte de leurs avances, y réponde avec cordialité.
17 octobre.
Lever dès 4 heures. Mais il faut attendre les premières lueurs de l’aube pour partir. Que j’aime ces départs avant le jour ! Ils n’ont pourtant pas, dans ce pays, l’âpre noblesse et
– 66 – cette sorte de joie farouche et désespérée que j’ai connue dans le désert.
Retour à Bangui vers 11 heures.
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