Voyage Au Congo
Bambari, 3 octobre.
Ces petits commerçants, jeunes pour la plupart, n’ont sou-vent qu’une existence assez hasardeuse et précaire, sans maga-sins propres et, partant, sans frais généraux. Ils sont venus dans le pays avec l’idée bien arrêtée d’y faire fortune, et rapidement. Au grand dam de l’indigène et du pays, ils y arrivent.
De Fort-Sibut à Grimari, pays un peu monotone ; sur le bord de la route, plantations presque continues de céaras ; ceux de plus de quatre ans forment déjà de beaux ombrages ; ce n’est qu’à cet âge que l’on commence à les saigner à des périodes dé-terminées. Cette opération, qui les épuise assez vite, laisse le long du tronc de longues cicatrices obliques.
Parfois un petit cours d’eau coupe la plaine ; c’est alors, dans le vallonnement, un étroit rappel de forêt où règne une fraîcheur exquise. De très beaux papillons hantent les endroits ensoleillés des rives.
Bambari, 3 octobre.
Bambari est situé sur une élévation de terrain d’où l’on domine toute la contrée, par-delà la Ouaka qui coule à trois cents mètres du poste, et que nous avons traversée en bac hier soir. Ce matin, visites à l’école et au dispensaire. C’est le jour du marché mensuel. Nous nous y rendons, curieux de voir si ces messieurs d’hier y viendront et si le même scandale s’y repro-duira. Mais aujourd’hui n’a lieu que la pesée ; à demain les en-chères. Le caoutchouc se payait ici seize francs cinquante le mois dernier, nous dit-on.
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