Voyage Au Congo
21 décembre.
Le village où nous campons ne le cède en rien à ceux que nous avons traversés, en misère, en saleté, en dénuement de toute sorte, en sordidité. À l’intérieur des cases, une indicible puanteur. Je doute si les enfants ont jamais été lavés. L’eau sert sans doute aux besoins de la cuisine, après quoi il n’en reste plus pour la propreté. Elle vient d’un maigre marigot, qui sort d’un marécage à plus de deux cents mètres du village, puis se perd dans une fondrière.
Et pourtant, depuis ce matin, sur la route, d’assez impor-tantes cultures : mil (qui tend à remplacer le manioc), sésame, et surtout des céaras, de véritables vergers de céaras. Encore trop jeunes pour être exploités. Quelques champs de coton.
Les récoltes de mil et de sésame sont enfermées dansde grands paniers oblongs suspendus aux branches des arbres, à l’entour du village.
21 décembre.
Partis à 6 h 1/2, nous arrivons à Bosangoa vers onze heures. Nombreuses équipes de travailleurs sur la route, qu’ils achèvent et sur laquelle nos autos devaient être les premières à passer. Importantes cultures (surtout du mil) ; mais villages et peuple encore plus désolants que la veille. Parfois, un peu en retrait de la route, quelques huttes sommaires bâties sans soin aucun ; des branches feuillues tiennent lieu de porte. Pas un salut, pas un sourire, à peine un regard quand on passe.
À Bosangoa, M. Martin, adjoint des services civils, qui remplace momentanément M. Marcilhasy, l’administrateur en tournée, nous accueille. Poste important ; avenues d’aloès. Quantité d’oiseaux, dont des compagnies de ce très bel échassier
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