Voyage Au Congo
25 décembre.
Batangafo, où nous arrivons pour déjeuner. La route en au-to, paraît paradoxalement plus longue. L’exigence est démesu-rée ; la monotonie devient plus sensible, car elle est moins dans le détail que dans l’ensemble ; la fuite trop rapide brouille les sensations, fait du gris.
Nous tenterons de gagner Archambault ce même soir, pour tenir la promesse faite à Coppet d’arriver pour la Noël.
Vertigineuse fuite dans la nuit ; le paysage lentement se dépouille et s’ennoblit ; réapparition des rôniers. Dans une clai-rière, une grande antilope-cheval, tout près de nous, qui ne fuit
– 174 – pas quand l’auto s’arrête ; très miracle de Saint-Hubert. Grands échassiers. Énormes villages saras, aperçus dans la nuit. Les murs en treillis bordent la route. Le camion ne suit plus. Il faut l’attendre. Nous nous arrêtons près d’un feu, sur le bord de la route. Les Saras qui s’y chauffaient s’enfuient ; puis reviennent un à un et acceptent nos cigarettes. Une peau de cabri ne leur couvre que les fesses ; mais, coinçant leur sexe entre les jambes, ils trouvent le moyen de sauvegarder leur pudeur.
Arrivés à Archambault peu après minuit. Nous réveillons Coppet, qui prépare un médianoche, et causons avec lui jus-qu’au matin.
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