Voyage Au Congo
11 octobre.
Le sultan vient nous dire adieu, flanqué de toute sa mai-sonnée et de son escorte ordinaire. Assez piteux spectacle de cette cour déchue. Quelques joueurs de flûte, survivants der-niers de sa splendeur, semblent sortir d’une mascarade. Les flûtes verticales sont ornées de deux ceintures de longs poils, qui s’épanouissent en corolles dès que l’on souffle dans l’instrument.
Le poste même de Rafaï, abandonné depuis six mois par insuffisance de personnel, est délabré ; l’aspect des pièces est sordide ; vastes et agréablement disposées, mais emplies d’un rubbish innommable, instruments détériorés, meubles vermou-
– 60 – lus et brisés, le tout épaissement recouvert de poussière. On coucherait sous la véranda, n’étaient les panthères qui, nous dit-on, ne craignent pas de venir dans le village et qui récemment ont dévoré un indigène dans sa case, à cinquante mètres du poste.