Calandre (French Edition)

Aurélie Chateaux-Martin · Chapitre 22 sur 62

Pages du PDF

Calandre (French Edition)

Chapitre 71 : douce nuit

 

Edem avait fini par passer à la douche à son tour, avant de se revêtir d’un survêtement intégral. Quand il était sorti de la salle de bain pour retrouver Maniel, qui l’attendait dans le salon, ce dernier avait pouffé en le voyant ainsi habillé.

—T’as pas peur de mourir de chaud ? l’avait-il gentiment charrié.

Edem s’était bien sûr sauvagement empourpré face à l’humour léger de son petit-ami.

—Heu, eh bien, disons que je préfère, avait-il bafouillé en baissant les yeux.

Maniel avait ri doucement.

—Je t’embête, avait-il dit. Excuse-moi.

Edem n’avait rien trouvé à répondre. En vérité, même si les paroles et taquineries de son compagnon l’embarrassaient, elles lui plaisaient aussi énormément.

Il aimait cette complicité qu’il avait développée avec le beau chat.

Il aimait la simplicité de leur relation, sur ce genre de sujets.

En fait, Mani rendait tout facile.

Ce qui était compliqué, dans leur duo, c’était Edem.

Il le savait et tentait de l’assumer, même si cela le frustrait et le faisait culpabiliser plus qu’autre chose.

Une fois prêts, les deux jeunes gens se décidèrent à monter dans la mezzanine, où se trouvait la chambre d’Edem. C’était une jolie petite chambre en sous-pente, ouverte sur le salon, dans laquelle on entrait par un escalier assez pentu constitué de pas japonais. Il y avait là un futon posé sur des tatamis, et des meubles bas. La plupart étaient vides, car Edem ne possédait pas grand-chose et n’avait jamais spécialement été matérialiste. Mais peu à peu, son espace se peuplait, prenait vie alors qu’il l’aménageait, le remplissait, l’embellissait.

Et il en était plutôt fier.

—C’est chouette, dit Mani en découvrant la pièce. C’est hyper chaleureux. C’est marrant, quand même, quand on est dans ton loft, on se croirait dans un autre espace-temps, en plein Japon, je trouve ça franchement génial !

—Moi aussi, admit le jeune calandre. Ce n’est pas moi qui ai aménagé les lieux, mais j’ai le droit d’en faire ce que je veux. Sauf que je suis tellement bien, ici, je trouve ce loft tellement beau que je n’ai pas eu envie d’en changer grand-chose, en vrai !

—Je te comprends, soupira son petit-ami en se laissant tomber sur le lit de tout son long. Oh, c’est ferme !

—Oui, c’est un futon, expliqua timidement Edem en s’asseyant à son tour un peu plus loin sur la couche.

Maniel roula sur le côté, un coude sur les draps, sa joue appuyée dans le creux de sa main relevée, et il fixa son compagnon intensément, une lueur espiègle dans le regard.

—Tu as peur que je te mange ? susurra-t-il, taquin.

Edem s’empourpra aussitôt violemment et recula davantage, trop troublé pour ne pas surréagir.

—Pardon, pardon, rit son petit-ami. Je retire ce que je viens de dire. Excuse-moi, je ne voulais pas te choquer. J’ai dit ça pour plaisanter, parce que tu t’es posé à l’autre bout du monde ou presque…

—Oh, je… bredouilla Edem en se crispant un peu.

Maniel avança sa main libre, la posa sur les draps entre eux deux, sans chercher à attraper celles de son compagnon.

—J’arrête de t’embêter, pouffa-t-il. Je ne voulais pas te gêner, mon p’tit cœur, j’essayais de détendre l’atmosphère.

Il roula sur le lit jusqu’à poser sa tête sur l’oreiller, tendit ses bras au jeune calandre, son regard capturant à nouveau le sien.

—Un câlin, ça te dit ? Ou tu n’as pas envie ?

Un instant, Edem resta figé dans sa contemplation du jeune homme qui lui faisait face. Dans son mouvement, le t-shirt de Maniel s’était un peu relevé, dévoilant son ventre plat. Ses cuisses étaient nues, puisqu’il ne portait qu’un boxer et un haut. Ses yeux brillaient de mille feux, ses joues étaient légèrement rosies, et ses cheveux encore humides étaient complètement décoiffés, lui donnant un air sauvage absolument séduisant.

Une boule nouant sa gorge, Edem finit par se rapprocher timidement. Il était fasciné par la beauté de son petit-ami. Il le trouvait magnifique au point que cela l’intimidait. Il hésita un moment encore sans que son compagnon ne dise rien, avant de se glisser dans le creux de son bras timidement. En posant sa tête contre l’épaule de Mani, il ne put s’empêcher de frissonner.

L’odeur du beau chat emplissait désormais tout son espace, mélange de son propre produit douche et de son parfum intime.

Cela plaisait énormément à Edem.

Plus encore, cela affolait les battements de son cœur.

Il se blottit contre son amoureux, qui referma lentement, tendrement son bras sur lui, l’emprisonnant dans une étreinte légère et respectueuse.

—Hmmm qu’est-ce qu’on est bien, là, soupira ce dernier.

Edem ne répondit pas, mais il se rapprocha un peu de lui, collant presque son corps au sien. Cela le rendait tout chose, le troublait et le stressait un peu, mais c’était avant tout apaisant et agréable. Il s’abandonna à son compagnon, qui ne bougeait plus, ne parlait plus, se contentant apparemment de savourer le câlin. Le silence se fit, profond, serein mais un peu tendu malgré tout. Edem cherchait quoi dire, seulement son cerveau se brouillait entre bien-être et désir, et il ne parvenait pas à penser de manière construite et logique.

Et puis il était épuisé, et ses yeux luttaient pour ne pas se fermer tout seuls.

—Si on se mettait sous les draps ? proposa finalement Mani d’une voix douce, un peu paresseuse. Je crois que je vais finir par m’endormir, tellement je suis bien, là.

Ses mots firent rougir Edem, qui se redressa un peu trop vivement pour soulever la couette, faisant sursauter son petit-ami dans son geste.

—Oh, pardon, je ne voulais pas te faire peur, bafouilla-t-il, à nouveau cramoisi.

—Non, t’inquiète, souffla Maniel en se haussant pour repousser les draps. Je ne m’y attendais pas, et la part de chat qui est en moi a du mal à gérer les mouvements trop rapides.

—Ah bon ? s’étonna le jeune calandre, oubliant soudain son embarras.

Son compagnon acquiesça, se regroupa sur lui-même, agrippant un instant ses jambes de ses bras.

—Moui, fit-il dans un bâillement pas du tout contenu. Tu as déjà observé un chat ? Dès qu’il y a un mouvement rapide ou quoi, il se tend et devient hyper vigilant. C’est pareil pour moi…

—Ah oui, c’est vrai, murmura Edem.

Il était intrigué. Il avait envie de voir Maniel en chat, mais n’aurait jamais osé le lui demander. Il se faufila sous la couette, et son petit-ami le rejoignit, roulant sur le côté pour se tourner vers lui.

—Encore câlin ? proposa-t-il d’un ton mutin, un grand sourire rempli d’espoir aux lèvres.

Edem fit une moue intimidée, hésita puis se rapprocha à nouveau de son compagnon, enfouissant son visage dans les plis de son t-shirt pour qu’il ne le voie pas s’empourprer encore.

En vérité, jamais Maniel ne s’était moqué de ses rougissements continuels, mais tout de même, cela restait gênant.

Le beau chat le serra encore une fois contre lui, dans un soupir de plaisir qui fit sourire Edem malgré lui.

Abandonné dans la chaleur de son amoureux, le jeune calandre sentit peu à peu ses tensions s’apaiser, alors qu’une immense vague de torpeur l’emportait avec lui.

Avant qu’il réalise qu’il sombrait, il s’était déjà endormi.

Et, à l’unisson avec lui, Maniel semblait avoir plongé à son tour…

OceanofPDF.com