Calandre (French Edition)

Aurélie Chateaux-Martin · Chapitre 51 sur 62

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Calandre (French Edition)

Chapitre 100 : tattoo, dessin et câlins

Le lendemain de cette journée chargée avait été tranquille. Edem s’était reposé, majoritairement. L'après-midi, Maniel lui avait proposé de dessiner ensemble, incluant Maric, ainsi qu’Amalia et Appollo, qui avaient demandé si elles pouvaient passer. La première savait que le jeune calandre avait été très secoué par les derniers évènements, et elle semblait vouloir prendre soin de lui. Edem s’était laissé chouchouter avec plaisir, oubliant totalement la jalousie qu’il avait pu éprouver pour la jeune fille et son petit-ami.

Maniel avait profité de cet atelier improvisé pour demander à Collin s’il pouvait lui servir de modèle pour refaire son tatouage.

—En fait, globalement, c’est juste du recopiage, avait-il affirmé. Puisqu’il s’agit d’un tatouage de clan, je vais le redessiner à l’identique. À moins que tu aies prévu autre chose, trésor ?

Edem avait adhéré. Il souhaitait véritablement posséder le même tattoo que Collin. Comme l’avait si bien fait remarquer Mani, c’était le but, après tout.

Avoir ce sentiment d’appartenir à la même tribu.

Collin s’était prêté au jeu avec plaisir. Et Edem n’avait pu s’empêcher d’observer du coin de l’œil son ex et son compagnon travailler ensemble. Cette scène lui avait fait tellement plaisir qu’il les avait croqués tous les deux, discrètement.

Quand il avait vu son esquisse, Maniel avait été très enthousiaste. Comme toujours, il adorait les dessins d’Edem, c’était un fait établi.

Et ce dernier le savait sincère dans ses compliments.

D’ailleurs, les autres membres du groupe pensaient comme lui, et ils l’avaient pressé de poster son dessin sur son compte Instagram.

Pour dire la vérité, avec les nombreux évènements qui avaient parsemé son quotidien, ces dernières semaines, Edem avait presque totalement oublié l’existence de son compte. Il l’avait totalement délaissé et n’avait pas été y jeter un seul coup d’œil. Il fut surpris et ému d’y trouver plusieurs messages de gens qui lui disaient être fans ses dessins et espérer qu’il en poste bientôt des nouveaux. C’était majoritairement des MP provenant de membres du groupe d’artistes qu’il côtoyait, mais cela lui avait fait infiniment plaisir.

Alors qu’il bossait sur le design du tatouage, Mani avait également conseillé à Edem de contacter le tatoueur dont Adonn lui avait donné les coordonnées.

—Pour prendre un premier rendez-vous, avait-il affirmé.

Edem avait hésité, stressé, et finalement, c’était Collin qui l’avait appelé pour lui. L’artiste avait un désistement le mercredi suivant, en début d’après-midi. L’entretien avait donc été fixé avec une rapidité bluffante.

À bien y penser, tout changeait si vite, dans la vie d’Edem, que ce dernier en avait parfois un peu le tournis.

Mais c’était positif.

Il aimait la plupart des choses qui lui arrivaient.

N’eût été pour la présence, pesante et angoissante, des tarasques, il aurait eu l’impression de respirer pour la première fois de sa vie.

La soirée avait suivi cette belle journée rayonnante. Le repas avait été pris en famille, et Amalia et Appollo s’y étaient incrustées. Cela avait été, encore une fois, un moment chargé en énergie positive, qui avait absolument ravi Edem.

Celui-ci n’en avait pas moins été exténué, le soir venu.

Amalia et Appollo étant parties assez tôt, quand Mylena était passée les chercher, le jeune calandre et son petit-ami avaient faussé compagnie aux autres pour regagner le loft. Edem avait bien besoin de calme et d’un grand moment complice avec son compagnon, qui s’en réjouissait visiblement.

—Ça te dit qu’on se mate un film ? proposa Maniel une fois qu’ils furent seuls pour un câlin très tendre. Ou tu veux aller au lit, déjà ?

—Non, si tu veux on peut regarder quelque chose… murmura Edem.

—Qu’est-ce que tu aimes ?

Le jeune calandre fit une moue confuse.

—Sincèrement ? Je ne sais pas, admit-il. Je n’ai jamais trop regardé grand-chose. Je suis plus lecture, moi…

—Ok, je vois, fit Mani. Et en lecture, si je ne m’abuse, tu kiffes la fantasy.

Edem acquiesça avec sérieux.

—Une série animée, ça te tente ? J’ai un truc qui devrait te plaire…

—Si tu veux ! accepta le jeune calandre. C’est quoi ?

—Ça s’appelle Mo dao zu shi. C’est poétique, intense et beau, c'est de la fantasy chinoise, avec tout ce que ça implique de folklore et de mythes fascinants. Les personnages sont hyper attachants, c'est une série poignante et intense, qui parle d'un amour qui transcende tout, mais c'est aussi une histoire complexe, avec des combats, de la politique, de l'intrigue... C’est un peu, heu, beaucoup sombre, par contre. Et triste. Y’a des tas de morts, des guerres, des massacres, mais c’est pas gore, hein, je précise ! Mais c’est mon anime préféré de tous les temps ! Je l’adore, je pourrais le regarder en boucle ! Et je pense que l’ambiance te plaira, une fois dedans. Bon y’a des zombies, donc ça peut peut-être te faire peur, mais c’est pas de l’horreur pour autant et puis…

Pris d’une impulsion aussi subite qu’irraisonnée, Edem agrippa soudainement le t-shirt de son petit-ami, se haussa vers lui et plaqua ses lèvres contre les siennes.

Il aimait terriblement les joyeux bavardages de Maniel. C’était plus fort que lui, il trouvait cela drôle, émouvant et… attirant.

Il n’avait pas résisté à son envie du moment, mais il relâcha son compagnon presque aussitôt, rouge de confusion, un peu affolé, et se rejeta en arrière, le souffle trop court.

Il sombra alors dans les yeux de Mani.

Des grands yeux écarquillés, aux prunelles brûlantes, peuplées d’étoiles de plaisir et d’espoir.

Cette vision stoppa son début de crise d’angoisse. Il inspira profondément, baissa la tête, expira le plus calmement possible, tentant de faire stopper le tremblement incoercible de ses mains. Celles de son petit-ami se posèrent délicatement sur les siennes, les enrobant de leur chaleur, de leur douceur.

—Edem… balbutia-t-il.

Le jeune calandre releva les yeux pour tomber sur le sourire rempli d’affection du beau chat.

—Je t’aime, trésor, lui souffla simplement ce dernier.

Ces mots firent tressaillir le cœur d’Edem, qui se mordit les lèvres et fixa Maniel de son regard suppliant.

—Pardon, Mani, soupira-t-il. C’est… beaucoup trop d’émotions, pour moi, et pourtant je…

—Ça l’est pour moi aussi, le coupa gentiment l’intéressé dans un rire troublé. Regarde…

Il leva les mains, relâchant son vis-à-vis. Edem s’aperçut alors qu’il tremblait également.

Bouleversé, rassuré sans bien savoir pourquoi, il contempla son compagnon du fond des yeux.

Du fond du cœur.

—Est-ce que je peux embrasser ta joue ? demanda timidement Maniel.

Edem hésita, tergiversa, se taisant un moment. À nouveau, ses yeux fuirent ceux de son petit-ami.

—Si tu ne veux pas, je… bredouilla ce dernier.

—Je voudrais que tu m’embrasses tout court, souffla timidement Edem.

Le beau chat resta un instant figé de surprise. Ses joues rosirent soudain de plaisir et, tout doucement, il avança ses mains, posant ses paumes chaudes sur les joues du jeune calandre.

—Tu me dis d’arrêter si ça ne va pas, chuchota-t-il avant de se tendre lentement vers lui.

Ses lèvres effleurèrent celles d’Edem, qui frémit de tout son long. Un court instant, sa respiration se coupa, et il faillit se redresser pour repousser Maniel.

Mais l’envie était bien là.

Et elle était trop forte.

Plus forte que ses craintes.

Plus forte que ses angoisses.

Alors il ferma les yeux, s’abandonna à la délicate pression de la bouche de Mani contre la sienne.

Il le laissa prendre possession de ses lèvres, se laissa embrasser.

Ses bras d’abord ballants se tendirent bientôt vers son compagnon, se glissèrent le long de ses hanches, comme pour le rapprocher de lui. Maniel obéit à sa demande muette, s’avançant davantage, jusqu’à ce que leurs corps se touchent.

Le baiser dura longtemps.

Simple caresse, simple pression légère et ferme à la fois, leurs bouches remuant à peine, se happant timidement.

Douce et enivrante.

Quand Maniel relâcha enfin les lèvres d’Edem, ce fut pour poser son front contre le sien. Leurs souffles s’emmêlèrent alors, un peu précipités, chauds, en harmonie l’un avec l’autre.

Et Edem sourit entre ses larmes, celles qu’il n’avait même pas senti couler, encore une fois.

Il était heureux.

Il était en paix.

Il aimait Mani, plus que tout au monde.

Et même s’il avait encore besoin de temps, que ces explorations amoureuses étaient tâtonnantes, timides, balbutiantes, il avait foi en l’avenir.

Pas à pas, marche après marche, il y arriverait.

Il comptait bien aimer Maniel un peu mieux chaque jour.

Un peu plus entièrement.

Un peu plus… passionnément.

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