Calandre (French Edition)

Aurélie Chateaux-Martin · Chapitre 57 sur 62

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Calandre (French Edition)

Chapitre 106 : départ et renouveau

 

Edem restait blotti dans les bras de Collin, incapable de contenir ses larmes.

Il s’était promis d’être fort, mais il n’y arrivait pas.

Et puis pourquoi se serait-il retenu ? Il était triste, il avait le droit de l’exprimer.

Il devait bien cela à Collin, après tout.

Même si celui-ci semblait un peu dépassé par son chagrin, qu’il partageait avec lui, qu’il était bon de pouvoir dire, vivre, ressentir librement, sans se fixer de barrières qui n’auraient eu aucun sens.

Collin partait, Edem en était affecté, un point c’était tout.

Enfin, il accepta de se dégager de l’étreinte de son ex dans un lourd soupir, le relâchant lentement. L’adulte posa sa main sur la joue de son vis-à-vis, caressant sa peau de la pulpe de son pouce, avec une tendresse infinie.

Ses yeux brillaient d’amour.

—On reste en contact, Edem, conclut-il. Et je reviendrai vite. Je te l’ai promis.

Edem fit une petite moue de dépit.

—Tu dis « vite », mais tu as aussi dit pas avant cet automne… protesta-t-il.

Collin rit doucement.

—Ça va très vite passer. Regarde, on est déjà mi-juillet, et tu vas vivre un super été.

Il tourna son regard vers Maniel, lui offrit un clin d’œil complice.

—Tu vas t’éclater avec ton amoureux, ta famille, tes amis. Tu verras, Edem, je serai revenu avant d’avoir eu le temps de te manquer vraiment.

L’interpellé se mordilla les lèvres, secoua la tête, expira.

—Je sais… Sauf que tu me manques déjà, plaida-t-il.

Dans un nouveau rire, Collin l’attira une dernière fois à lui, et plaqua un baiser affectueux sur son front.

—Prends soin de toi, Edem, souffla-t-il. Et écris-moi. Envoie-moi des photos. Donne-moi des nouvelles. D’accord ?

—Oui, lâcha Edem. Promis.

Collin se recula d’un pas, fit un tour du regard, saluant une dernière fois ces calandres qui l’avaient si bien accueilli, des semaines durant.

—Je ne saurais assez vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour nous, affirma-t-il.

Adonn lui sourit avec son habituelle tranquillité.

—C’était avec un immense plaisir.

—Nous espérons sincèrement que tu viendras t’installer dans le coin prochainement, renchérit Aenor.

Collin se contenta d’acquiescer.

—On verra ça, soupira-t-il.

Il souffla un baiser à Edem, agita sa main, reculant vers la voiture. Isaac l’attendait assis sur le capot avec son habituelle nonchalance. En le voyant se dépêcher vers lui, il fit à son tour un signe à ses hôtes puis s’engouffra dans la voiture.

Bientôt, l’auto ne fut plus qu’un point minuscule à l’horizon, avant de disparaître. Edem essuya ses yeux, frissonna de plaisir quand des bras se faufilèrent doucement le long de sa taille.

—Je peux ? susurra Maniel, arrêtant son geste pour obtenir son accord.

Le jeune calandre se glissa hors de son ébauche d’étreinte, attrapa sa main de la sienne, le tira vers la maison, son regard étoilé fixé dans le sien.

—Viens, répondit-il simplement.

Personne ne chercha à les empêcher d’aller s’isoler. Edem conduisit Maniel jusqu’à son loft, en ferma la porte avant de lui tendre les bras.

—J’ai besoin d’un gros câlin, lâcha-t-il.

Dans un rire ému, Maniel fit coulisser ses doigts le long de ses hanches, l’attirant à lui. Edem noua ses bras autour de son cou, avant de réaliser que jamais, auparavant, il n’avait accompli ce geste avec lui. Loin de renoncer, malgré le pourpre qui gagnait soudain ses joues, il se rapprocha de son petit-ami et, ses yeux vissés aux siens, il pressa son corps fin contre le sien, acceptant avec joie l’étreinte affectueuse et délicate de son compagnon.

Ils restèrent un long moment à se contempler sans parler, incapable de se quitter du regard. Edem était fasciné par l’éclat brillant des prunelles du beau chat, qui le fixait avec tant d’amour qu’il en avait le cœur serré de bonheur. Enfin, il se tendit spontanément vers lui, incapable de résister à la pulsion qui le poussait à embrasser l’homme dont il était fou.

Pourquoi aurait-il dû résister ?

Il avait beau avoir encore son lot d’angoisses et de zones d’ombres, il avait beau avoir encore du mal avec le contact physique, il chérissait profondément Maniel, et il adorait l’embrasser.

Celui-ci accueillit sa bouche dans un frémissement non contenu. Il répondit au baiser tout en douceur, happant ses lèvres des siennes. Le baiser était tendre, mais Edem avait envie de plus.

Et pour la première fois, il n’en éprouva aucune réelle peur.

Il aimait Mani, il voulait communier avec lui.

C’était presque aussi simple que cela…

Ce fut lui qui approfondit le baiser.

Qui poussa sa langue dans la bouche de son petit-ami.

Il sentit celui-ci tressaillir, puis se figer, avant de resserrer son étreinte sur lui.

Enfin, le beau chat répondit à son baiser avec une fougue contenue.

Edem frissonna de tout son long quand la langue de son compagnon caressa la sienne.

S’emmêla à la sienne.

C’était bon.

C’était magique.

Il avait l’impression d’embrasser quelqu’un pour la première fois de sa vie. C’était différent de tout ce qu’il avait vécu.

Plus fort.

Et à la fois… plus doux.

Ce baiser, c’était la chose la plus merveilleuse qu’il ait vécue, de toute son existence.

Quand leurs lèvres, enfin, se détachèrent sur leurs souffles trop courts, Edem réalisa enfin qu’il tremblait de tous ses membres.

Et que Maniel aussi.

Celui-ci l’attira à lui, le serrant un instant contre son cœur qui battait si fort, si vite. Cela fit rougir Edem.

Le fit sourire.

Il se blottit contre son compagnon, ayant envie de fusionner davantage avec lui et, pourtant, comblé au-delà de tout.

—Je t’aime, souffla Mani contre ses cheveux.

Le sourire du jeune calandre s’agrandit encore. Il frémit quand la bouche du beau chat se pressa contre son crâne. Il enfouit son visage dans les plis de son débardeur, cherchant sa chaleur.

Sa douceur.

Au fond de lui, dansaient les dernières ombres de son passé.

Des peurs.

Des doutes.

Des zones d’angoisse.

Mais il se sentait enfin prêt à avancer dans sa vie.

Dans son quotidien.

Dans ses choix.

Dans son couple.

On dit que l’amour donne des ailes. C’était sans doute vrai. Parce qu’en cet instant, Edem se sentait autant en paix que lorsqu’il planait dans le ciel.

C’était un mélange de sérénité et d’euphorie.

C’était sans doute cela que l’on appelait « le bonheur »…

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