Calandre (French Edition)

Aurélie Chateaux-Martin · Chapitre 32 sur 62

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Calandre (French Edition)

Chapitre 81 : jalousie et peurs puériles

Chapitre 81 : jalousie et peurs

puériles

—Heuuu, fit Maniel en pinçant ses lèvres, l’air très contrarié.

Edem lui lança un coup d’œil inquiet. Il venait de lui annoncer l’arrivée de Collin le lendemain, et Mani ne semblait pas l’avoir bien pris du tout, comme le prouvaient sa moue dépitée et son petit air très dubitatif.

—Pardon, expira le beau chat en lisant sur le visage de son petit-ami sa soudaine détresse.

Il prit délicatement ses mains dans les siennes, les pressa doucement.

—Ne fais pas cette tête, soupira-t-il. Tout va bien, trésor.

—Tout ne va clairement pas bien, souffla l’intéressé, penaud. Tu réagis très mal à la nouvelle.

Maniel fit une grimace penaude.

—Je suis désolé… admit-il. C’est pas que je réagis mal. C’est juste que je suis jaloux et inquiet. Mais c’est débile. JE suis débile. C’est tout. C’est pas ta faute, Edem…

Le jeune calandre baissa les yeux, peiné.

—C’est moi qui suis désolé que tu détestes Collin à ce point…

Son petit-ami se mit soudain à pouffer, ce qui fit écarquiller les yeux à Edem.

—Comment tu veux que je déteste Collin alors que je ne le connais même pas ? lâcha le beau chat. Oh, Edem, excuse-moi de réagir comme un abruti…

Il se mordit les lèvres, lança un regard suppliant à son compagnon.

—Est-ce que je peux te prendre dans mes bras, pour commencer ? demanda-t-il. J’ai envie de te serrer contre mon cœur.

Le palpitant d’Edem fit une embardée dans sa poitrine. Il acquiesça vivement, la gorge nouée, et se rapprocha de son compagnon pour se blottir contre lui. Il sentit le cœur de Maniel battre très fort contre sa joue, ce qui l’apaisa étrangement. Ce dernier l’étreignit puissamment un long moment, sa bouche plaquée dans ses boucles brunes. Il semblait inspirer profondément, comme pour se gorger de son parfum, ce qui faisait fortement rougir Edem tout en le ravissant. Enfin, il le relâcha tout doucement, sans le libérer tout à fait, juste assez pour que le jeune calandre puisse se redresser et retrouver son regard.

Le sourire était revenu sur le visage de Maniel.

—Ça va mieux, admit-il simplement. Excuse-moi d’être un abruti de jaloux. Je suis content que Collin vienne te voir, je sais que tu tiens beaucoup à lui, ça doit te faire trop plaisir.

Edem baissa les yeux un court instant avant de les relever et de hocher la tête.

—Oui. Ça me fait très plaisir. Et tu sais, Mani… Je ne compte pas… enfin, tu vois, quoi.

Il rougit, détourna la tête, gêné.

—Enfin bref, on ne dormira pas ensemble, ni même dans la même pièce, et puis de toute manière, Collin vient avec un ami à lui, qui est peut-être plus qu’un ami, je ne sais pas…

Le petit rire léger de Maniel capta à nouveau son attention et le coupa dans ses justifications pitoyables.

—Heyyy, je ne m’inquiète pas, affirma le beau chat. Enfin si, mais j’ai confiance en toi… en nous. Est-ce que je peux venir squatter tant que Collin restera ?

Son sourire angélique était fortement démenti par l’éclat légèrement anxieux qui brillait au fond de ses yeux. Edem pouffa doucement, secoua la tête, amusé malgré lui.

Voir que son petit-ami était aussi possessif lui faisait plaisir, au fond.

Et puis ça dédramatisait ses propres accès de jalousie.

—Tu sais que tu es le bienvenu dans mon loft, Mani, promit-il. Autant que tu veux. Tu peux venir tous les jours, pas de souci de mon côté, mais…

—Ah mais je ne parlais pas de « venir » tous les jours ! le coupa le beau chat, espiègle. Je parlais de vivre chez toi tant que ton ex sera là, en fait…

Ses mots firent atrocement rougir Edem.

—Oh, tu… Enfin tu voudrais…

Maniel fit une petite moue d’excuse.

—Je m’incruste peut-être un peu trop, soupira-t-il. Et puis je sais que tu n’es pas super à l’aise avec le fait que je dorme avec toi… Je pourrais m’installer sur le sofa, si tu préfères. Ou si tu ne veux pas du tout que je reste, je…

—Si, bien sûr que je veux ! fit vivement Edem. Oh, Mani, ça serait fabuleux de t’avoir à la maison pour plusieurs jours d’affilée !

L’idée lui plaisait atrocement.

Maniel resserra doucement son étreinte, le rapprochant un peu de lui, captant son regard.

—Trop bien, susurra-t-il, d’une voix un poil sensuelle, qui fit frissonner dangereusement Edem. J’ai trop hâte d’être à demain soir, du coup…

Il lui servit un sourire éclatant.

—Je peux venir demain, hein ? s’enquit-il.

—Oui, pas de souci, bredouilla le jeune calandre, les joues en feu. Mais ça va te déranger dans tes révisions, d’être avec moi, non ? En plus il y aura du monde, tu ne vas pas pouvoir travailler comme il faut, ce n’est pas très sérieux.

—Oh, ne t’en fais pas pour ça. Déjà, j’ai conscience que le bac de philo, c’est mercredi, donc je ne vais pas lâcher mon sérieux si près du but. Et puis en plus, samedi aprem, j’ai prévu une session de révision avec Amalia et Appollo. Je voulais te proposer de venir avec nous, même si c’est pas tellement fun de réviser, mais bon être tous ensemble, c’est quand même sympa. Mais d’un autre côté, s’il y a Collin, tu voudras sans doute rester chez toi ?

Edem tourna le nez malgré lui, un peu frustré d’encore une fois mal vivre la proximité de son petit-ami avec ses deux grands potes.

Il avait conscience que c’était idiot.

Plus encore que la jalousie puérile de Maniel pour Collin.

Mais c’était plus fort que lui, il n’arrivait pas à s’empêcher de ressentir ce qu’il ressentait.

—Je ne sais pas, répondit-il. Je verrai, je te dirai ça samedi matin, d’accord ?

Mani acquiesça avec sérieux.

—Pas de problème, mon p’tit cœur ! lança-t-il en le fixant amoureusement.

Son regard s’accrocha un instant au sien, avant de descendre naturellement vers ses lèvres. Edem se figea sur place, mal à l’aise, à la fois anxieux et… envieux.

Oui, une part de lui désirait très fort que Maniel l’embrasse.

Mais il savait qu’il aurait angoissé, si ce dernier avait accompli pareil geste, surtout qu’il aurait eu la sensation qu’il ne pouvait pas lui faire confiance.

Sauf que le beau chat était quelqu’un de confiance, justement, vraiment.

Jamais il ne l’embrasserait contre son gré.

Il l’avait fait une fois, il avait compris la leçon.

Les yeux de Mani remontèrent lentement vers les siens. Ses joues avaient rosi, et il avait l’air passablement déstabilisé. Il mit un moment avant de réussir à sourire normalement.

Edem, quant à lui, avait terriblement chaud.

—Je suis trop content qu’on puisse passer plus de temps ensemble, conclut le beau chat. Ça va être génial.

—Ou… oui, bégaya le jeune calandre, l’esprit sens dessus dessous.

Plus que jamais, il s’en voulait d’être aussi coincé.

D’avoir peur d’un simple baiser.

La bouche de Maniel l’appelait si fort, et pourtant, il n’arrivait pas à franchir le fossé qui les séparait.

Est-ce que cela viendrait ?

La simple idée l’angoissait profondément.

Et pourtant, Edem avait conscience d’avoir déjà accompli mille petits progrès. Comme le prouvait la manière dont il était capable de s’abandonner aux câlins affectueux de Maniel, ou sa spontanéité à lui prendre, à lui céder sa main.

Tous les deux s’étaient déjà beaucoup rapprochés.

Il lui fallait prendre son mal en patience, et accepter ses propres peurs.

Son propre rythme.

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