Calandre (French Edition)
Chapitre 93 : apprendre à ne pas brûler les étapes
Chapitre 93 : apprendre à ne pas
brûler les étapes
Edem avait volé une bonne partie de l’après-midi, oubliant tous ses soucis pour suivre avec joie Maric dans une escapade folle. Il était monté haut dans le ciel. Avait plongé en piqué. Avait fait la course avec son ami.
Il avait ri.
Il avait pleuré.
Quand il s’était enfin posé, il se sentait vibrant d’une énergie nouvelle, qui le débordait d’euphorie.
Il pouvait sentir l’oiseau frémir en lui.
Il n’en avait plus peur.
Malgré tout, il y avait quelque chose de sauvage qui s’était rallumé au fond de son être. Cela ne l’effrayait plus, mais cela lui demandait du contrôle, pour ne pas le laisser le déborder.
Seulement, Edem n’était plus un jeune adolescent terrifié et dépressif.
Il avait changé.
Il était mieux dans ses baskets.
Il était capable de canaliser l’énergie animale qui couvait en lui.
Qui faisait partie de lui.
Intimement.
Entièrement. C’était beau, exaltant…
Excitant.
Alors qu’il rentrait chez lui, il avait l’envie puissante, presque incoercible de voir Mani.
De toucher Mani.
De fusionner avec Mani.
Cela l’inquiétait, il avait peur de ne pas savoir se retenir, de faire n’importe quoi et de se laisser posséder par le corbeau, plus encore que lorsqu’il était dans les airs, en vérité.
Pourtant, rien ne parvenait à couper ce besoin qu’il avait d’être avec son amoureux. C’était un désir lancinant, stimulant et angoissant à la fois.
Épuisé et fébrile, une fois chez lui, il se glissa dans son loft sans un mot. Tout le monde semblait avoir compris qu’il avait besoin d’un peu de calme, d’un peu de repos après tant de péripéties.
Le jeune calandre n’avait pas fait attention à l’absence de Maniel dans le salon. Il ignorait si le beau chat était rentré, ou s’il était encore à l’école.
En fait, il ne savait pas bien quelle heure il était.
Il avait passé une merveilleuse après-midi, coupé du monde « réel ».
Même si tout lui avait paru avoir plus de relief que d’habitude.
—Oh, tu es rentré ! fit la voix de son petit-ami, derrière lui, alors qu’il refermait dans un soupir la porte de son loft.
Il sursauta si fort qu’il en bascula en arrière, tombant des quelques marches qui descendaient depuis le couloir jusqu’à son propre salon. Dans un cri de surprise, Mani sauta sur ses pieds et courut vers lui. Il le retint dans sa chute juste avant qu’il ne touche le sol, l’attrapant à bras le corps. Haletant, Edem mit un moment avant de comprendre ce qui se passait. Bientôt, la chaleur des bras de Maniel le soutenant se mit à le brûler.
Il en avait une lucidité aiguisée, si forte que son contact faisait battre son cœur comme un dément.
Bien trop conscient de la présence de son petit-ami, Edem se redressa vivement, le repoussant un peu trop fort.
—Lâche-moi ! balbutia-t-il.
Mani recula, levant les mains pour montrer qu’il n’avait aucune intention mauvaise.
—Ce n’est que moi, trésor, bredouilla-t-il. Désolé, je ne voulais pas te… Je voulais juste t’éviter de te faire mal.
Edem se tourna vers lui, pantelant un peu trop fort. Son palpitant pulsait si fort qu’il en entendait le son rapide, puissant. Il tremblait de tous ses membres.
Il se sentait l’envie sauvage de se jeter sur Maniel et de le plaquer au sol, de l’embrasser, de lui faire l’amour.
Cela le terrifiait.
Sa vision trouble refit le focus quand le beau chat baissa la tête, l’air profondément penaud.
—Pardon, Edem, vraiment… bafouilla ce dernier. S’il te plaît, calme-toi, je ne te touche plus, promis !
Mais Edem voulait qu’il le touche.
Pourtant, il lui avait affirmé le contraire.
Il ne savait plus ce qu’il souhaitait.
Il était perdu dans un océan d’émotions.
Dans un ouragan de sensations et de désirs contraires.
Le corbeau voulait qu’il cède.
L’humain craignait qu’il cède.
—Tu… tu veux que je m’en aille ? proposa Maniel, l’air totalement perdu.
Sa voix était misérable. Cela fit un choc à Edem, qui inspira profondément, tâchant de reprendre empire sur lui-même. Il secoua la tête, fixant son petit-ami avec bien trop de densité.
—Non, lâcha-t-il d’une voix un peu trop rauque. Je veux… Je veux qu’on se câline, mais j’ai peur… Je ne sais pas ce qui m’arrive.
Mani lui offrit un sourire confus.
—Ok, souffla-t-il. Attends, j’ai une idée.
Il recula encore, s’assit sur le sol, s’adossant au canapé.
—Tu viens contre moi ? proposa-t-il. Dos à moi. Tu adores ce genre de câlins, et dans cette position… tu sais que tu es en sécurité, n’est-ce pas ?
Oui, Edem le savait. Il n’en hésita pas moins. Fit finalement un pas en avant. Maniel l’encouragea d’un sourire.
—Oui, trésor, viens, lui dit-il de la voix la plus calme qu’il put prendre. Tout va bien se passer. Je ne te ferai rien. Rien que tu ne souhaites pas.
Le jeune calandre ferma les yeux un court instant, puis franchit les derniers mètres qui le séparaient de son compagnon. Timidement, maladroitement, il s’assit dos à lui et se laissa lentement aller contre lui. Maniel ne bougea pas.
—Est-ce que je peux t’enlacer ? demanda-t-il au bout d’un moment.
—Ou… oui, chuchota Edem en s’abandonnant davantage contre lui.
Les bras de son petit-ami se refermèrent très lentement sur lui, comme s’il prenait toutes les précautions du monde. À nouveau, Edem ferma les paupières, se laissant englober complètement par la chaleur, la tendresse de Mani.
Tout de même, son contact le brûlait presque, tant il en avait conscience.
C’était comme si chacun de ses nerfs était à fleur de peau.
Comme si tout son être lui criait de se retourner, d’enjamber Maniel, de fusionner avec lui.
Cette pensée le fit rougir atrocement.
—Ça ne s’est pas bien passé ? s’enquit finalement le beau chat. Ton après-midi ?
Edem inspira à nouveau, le plus tranquillement possible.
—Si, expira-t-il. Très bien, au contraire.
—Ok, lâcha Mani. Tu me raconteras ? Quand tu seras calmé et que tu en auras envie ?
—Oui, souffla son petit-ami.
Le silence se fit à nouveau, alors qu’Edem s’apaisait un peu.
—Dis, trésor… fit finalement le beau chat. Est-ce que je peux… est-ce que je peux embrasser ta nuque ? Ne te sens pas forcé, c’est juste une demande, mais si tu ne veux pas…
Edem se mordit les lèvres avec force.
Oh, bien sûr qu’il voulait !
Plus que cela, même !
Mais il avait terriblement peur que si les lèvres, les si belles lèvres de Mani, si attirantes, si envoûtantes…
Oui, si elles venaient à le toucher…
—Oui, murmura-t-il pourtant finalement.
Il sentait que son petit-ami était extrêmement précautionneux, mais que la situation le désemparait totalement. Edem ne s’était pas montré aussi sauvage, aussi troublé, depuis… bien longtemps.
—Tu es sûr ? l’interrogea le beau chat.
Le jeune calandre hocha la tête.
—Oui, Mani, je suis sûr, soupira-t-il.
Son compagnon se tut. Bientôt, des doigts légers chassèrent ses cheveux, puis la douce caresse de sa bouche effleura la peau bien trop érectile de la nuque d’Edem, le faisant frissonner violemment.
—Ça va ? chuchota Maniel.
Son souffle chaud se perdit sur la peau sensible, arrachant un nouveau frémissement au jeune calandre.
—Oui, lâcha-t-il. Ça va.
Ce n’était pas totalement vrai. Il se débattait contre un raz-de-marée émotionnel qui le bousculait intérieurement et le rendait profondément anxieux. Pour autant, la tendresse de Maniel lui faisait du bien au cœur.
Les lèvres fermes du jeune homme s’écrasèrent sur son cou, dans un baiser léger, mais appuyé. Edem ferma les paupières, inspira comme un noyé.
Il avait tellement envie…
Il resta un moment sans bouger dans l’étreinte de son compagnon, le cœur battant, l’esprit en vrac. Puis, n’en pouvant plus, il s’arracha au baiser, tournant son visage vers le beau chat.
Il percuta son regard jaune.
Sombra dans ses prunelles brûlantes.
Il y resta un instant figé, incapable de se détourner de ces yeux qui le fixaient si intensément.
Puis son regard descendit vers la bouche de Maniel.
Cette belle bouche pleine, rosée, entrouverte sur un souffle un peu trop court, que le beau chat ne cherchait pas à contrôler.
Il se noya sur ses lèvres.
Il les désirait si fort.
Soudain, il se tendit vers lui et l’embrassa.
Incapable de résister à la tentation, il pressa fermement sa bouche contre celle de son petit-ami. La respiration de celui-ci se coupa brutalement, faisant reprendre conscience à Edem. Réalisant ce qu’il venait de faire, il se rejeta en arrière violemment, faisant sursauter Maniel. Il se dégagea de l’étreinte de son compagnon, sauta sur ses pieds. Les yeux de Mani brillaient de surprise, et d’affolement. Edem recula encore, buta contre la table basse. Il pantelait si fort.
Il voyait trouble.
Il ne voulait pas sombrer encore une fois !
—Edem, Edem, stop, fit Mani en se levant à son tour.
Il tendit les mains devant lui dans un geste qui se voulait apaisant. Son visage était un puits d’inquiétude.
—Calme-toi, je t’en prie, bafouilla le beau chat. Tout… tout va bien. Enfin non, mais ça va aller, je te jure, ce n’est pas grave, ce qui s’est passé, je… Je t’ai promis de ne rien te faire, tu…
Mais Edem n’écoutait pas ses phrases décousues. Il secouait la tête, en proie à une angoisse qui ne faisait qu’augmenter d’instant en instant.
—Edem ! lança Maniel plus fort. Est-ce que je peux… Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? Chastement. Tu as besoin… Il faut que tu te calmes. S’il te plaît, est-ce que je peux…
Il semblait totalement effrayé, lui aussi.
Dépassé.
Sans savoir ce qui lui prenait, Edem s’avança à nouveau vers lui, crispa ses doigts sur le débardeur du beau chat, et il l’embrassa encore une fois.
Il ne savait pas ce qu’il faisait.
Tout ce qu’il savait, c’était qu’il avait tellement, tellement envie de lui.
De ses lèvres.
De ses bras.
De sa chaleur.
De sa tendresse.
Dans un gémissement misérable, il s’arracha au baiser qu’il avait initié et enfouit son visage dans les plis du vêtement de son vis-à-vis.
Il tremblait de tout son corps.
Il était perdu entre angoisse et désir.
Les bras de Maniel se refermèrent tout doucement sur lui, l’enserrant sans force.
—Je t’aime, Edem, balbutia-t-il. Je suis là. S’il te plaît, calme-toi, mon petit cœur. Calme-toi.
Il parlait de la voix la plus délicate, la plus paisible qu’il pouvait prendre, et ma foi, cela ne marchait pas si mal. Edem sentit peu à peu son cœur battre moins fort, son souffle se tranquilliser. Son corps, dans le creux de celui de Mani, se fit moins tendu.
Il s’abandonna à l’étreinte dans un lourd soupir.
—C’est ça, c’est bien, trésor, chuchota le beau chat, ses mains caressant gentiment son dos, sa nuque, ses cheveux. C’est bien. Je t’aime très fort.
Fermant les yeux, Edem se laissa plus encore aller à ce câlin rempli d’affection et d’émotion. Réalisant ce qui venait de se passer, il se sentit un peu fier d’avoir franchi un nouveau cap.
Oh, avoir embrassé Maniel l’affolait complètement, et il craignait terriblement de se redresser, de se noyer encore une fois dans son regard.
Il le désirait si fort qu’il en tremblait, pourtant il se savait incapable d’aller plus loin, pour le moment.
Mais il avait embrassé Mani.
De lui-même.
Deux fois.
C’étaient des baisers sauvages, volés, à peine esquissés, mais c’étaient tout de même des baisers.
L’étreinte de son petit-ami se resserra un peu sur lui.
—Trésor… Tu as le droit de prendre ton temps, lui affirma-t-il avec une douceur ineffable. Tu as beaucoup d’émotions, beaucoup de peurs. Tu sais que je les entends, que je les comprends. Que je t’aime, même si tu as du mal à avancer.
Edem ferma ses yeux très fort, presque à s’en faire mal.
—Je… je sais, hoqueta-t-il soudain, alors que des larmes jaillissaient de sous ses paupières closes. Je sais, Mani. Mais j’ai… tellement peur que tu te lasses de moi.
Les bras de son petit-ami se crispèrent sur son dos.
—Je ne me lasserai pas de toi, promit-il.
—J’ai… tellement envie de toi, sanglota Edem. C’est tellement fort… tellement frustrant. Mais je suis perdu, je suis trop anxieux, je ne sais même plus pourquoi.
—Je sais, fit Maniel d’une voix piteuse. Je sais, trésor. Je ne sais pas quoi te dire, à part te répéter que je t’aime, je te respecte, je t’accepte tel que tu es. Je n’attends rien de toi, mon p’tit cœur. Ne te mets pas la pression, ok ?
Edem secoua la tête.
—Je me la mets quand même, admit-il.
Un rire doux secoua la cage thoracique de Maniel, forçant son compagnon à relever la tête. Il fut subjugué par l’éclat de son regard.
Un mélange de tristesse, de tendresse, et d’amour infini.
—Je t’adore, Edem, si tu savais à quel point… dit gentiment le beau chat.
Il lui offrit un sourire affectueux, auquel le jeune calandre répondit difficilement.
—Trésor… Tu stresses beaucoup, tu as peur de perdre les pédales, mais regarde-toi… Tu m’as embrassé. Et tu es toujours là.
Il le relâcha d’une main, la leva pour repousser délicatement les boucles brunes qui cachaient en partie le visage de son vis-à-vis.
—Tu es encore conscient, souffla-t-il.
Le cœur d’Edem, à ces mots, se serra douloureusement.
C’était vrai.
Il avait fait le premier pas.
Et le corbeau n’avait pas pris toute la place, en lui.
Il était en contrôle, même s’il venait de faire une crise d’angoisse.
Et même cela… il avait réussi à la juguler.
Et il n’avait même pas pensé à Jules, pas une seule fois !
Son sourire s’agrandit, timide mais un peu fier, tout de même. Maniel lui sourit en retour, louchant légèrement alors qu’il le contemplait éperdument.
—On devrait y aller pas à pas, tu sais, affirma-t-il. On a tous les deux envie de plus, mais c’est trop dur pour toi de brûler les étapes. Je voudrais te proposer un truc. Mais sens-toi libre de refuser si c’est trop. Ok ?
Edem se contenta d’acquiescer, la gorge nouée.
—Ce que je te suggère, c’est qu’on commence par des bisous tout doux, tout tendres, mais pas sur les lèvres. Enfin si toi, tu te sens de m’en faire, ce n’est pas moi qui vais dire non, bien sûr, hein.
Il eut un rire troublé, un peu confus.
—Si tu en as envie, je pourrais t’embrasser ailleurs. Sur les cheveux, sur le front, sur la nuque, sur les joues, sur les mains… En te demandant la permission, bien sûr. Souvent, je n’ose pas du tout te demander. Mais si tu t’en sens capable, ça pourrait être un premier pas en avant. C’est moins intrusif que la bouche. C’est plus tendre, aussi. Moins… moins intense.
Il baissa les yeux, se mordit la lèvre, l’air à la fois amusé et penaud.
—J’espère que je ne dépasse pas les bornes ? s’enquit-il.
—Non, souffla Edem. C’est une… c’est une bonne idée. Je ne sais pas si…
Il secoua la tête, inspira à nouveau profondément.
—Je veux bien essayer.
—Ok, susurra Maniel. Ferme tes yeux. Si tu veux.
Edem obéit, aveuglément confiant en lui.
—Je vais déposer un bisou sur ton front. C’est bon pour toi ?
Le jeune calandre se crispa un peu, mais acquiesça.
—Ok, chuchota Maniel.
Son souffle se rapprocha de son visage. Ses lèvres se pressèrent délicatement sur sa peau, s’y appuyèrent un long moment sans qu’Edem bouge.
Son cœur battait à tout rompre, mais il n’avait plus peur.
Presque plus.
—Ça va ? lui demanda gentiment son petit-ami.
—Oui, expira Edem.
—Tu veux continuer ?
—Oui, répéta Edem avec une pointe de ferveur dans la voix.
—Ok, on s’assoit ? On sera plus confortables, tu en penses quoi ?
—Oui, dit encore Edem.
Les mains de Maniel s’emparèrent doucement des siennes, le guidèrent jusqu’au sol sans qu’il rouvre les paupières.
—Je vais mettre mes jambes par-dessus les tiennes et me rapprocher de toi, expliqua le beau chat. Est-ce que ça te convient ?
—Oui.
Ce « oui » vibrant semblait être le seul mot que le jeune calandre était encore capable de prononcer.
Mais il le pensait de tout son être.
De toutes ses tripes.
Maniel s’installa, glissant ses cuisses par-dessus celles de son compagnon. Sa chaleur envahissait totalement l’espace d’Edem.
Et cette fois-ci, elle était agréable.
Rassérénante.
—Je vais toucher tes cheveux, annonça le beau chat.
Edem hocha la tête. Les doigts de son petit-ami se faufilèrent dans ses mèches, les caressant tendrement.
—Je vais embrasser ta tempe, continua Maniel. C’est toujours bon pour toi ?
—Oui, souffla Edem.
Il frémit de bonheur quand les lèvres de son vis-à-vis se posèrent à nouveau sur sa peau.
—C’est… c’est agréable, osa-t-il avouer.
Le rire doux, ému de Maniel le fit tressaillir de ravissement.
—Ça l’est pour moi aussi, admit ce dernier. Je peux continuer encore un peu ?
—Oui, murmura Edem.
La bouche du beau chat se posa encore une fois sur sa tempe, puis elle dériva lentement jusqu’à son front. Il ne chercha pas à l’explorer davantage, comme s’il avait conscience qu’Edem était déjà dans tous ses états, et qu’il ne fallait pas trop abuser.
C’était si bon, si merveilleux que le jeune calandre se sentait à présent totalement détendu.
Et quand, finalement, Maniel l’enlaça affectueusement, l’attirant à lui pour un câlin d’une tendresse infinie, il s’abandonna enfin totalement à son étreinte, sans plus résister, sans plus angoisser.
Il se sentait… apaisé.
Et terriblement heureux.
Il aurait sans doute dû s’en vouloir d’être si prude, de n’être pas capable de s’offrir entièrement à son petit-ami sans stresser comme un fou.
Il aurait dû sentir la morsure de la frustration s’imprimer en lui, alors qu’il désirait tellement plus qu’un simple câlin, mais qu’il était incapable d’accepter ses propres envies.
Mais il se sentait juste bien.
Dans les bras de Mani, il était, simplement, aux anges.
Amoureux.
Et comblé.
Dans l’instant, il ne lui en fallait pas plus que cela.
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