Josh

Alexis Arend · Chapitre 23 sur 63

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Voilà pratiquement six semaines maintenant que notre…

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Voilà pratiquement six semaines maintenant que notre père nous avait quittés, et il ne se passait pas un jour sans que Josh et moi ne pensions à lui, et sans que nos larmes ne coulent. La plupart du temps, c’était en cachette du reste de la famille. Mon frère était moins expansif que moi, mais je ressentais malgré tout l’immense peine qui l’accablait. Fort heureusement, c’était une chose qu’il nous était offert de partager, lui et moi, souvent même sans avoir besoin de mots pour exprimer ce que nous éprouvions. Nous nous soutenions l’un l’autre. Nous nous comprenions. Il nous arrivait de passer l’après-midi entier dans le jardin, sous le vieil arbre près des balançoires. Et les jours où notre chagrin était trop vif, nous gagnions en cachette les rives de Swan Lake, tout près de notre ancien chez-nous.

La maison, désormais à l’abandon, avait été mise en vente. Triste destin pour cette chaumière merveilleuse qui avait vu naître tant de joies simples, qui avait été l’écrin privilégié de tant de moments heureux. Nous restions assis sur les galets du rivage, sans bouger, face aux superbes monts hérissés de pins Douglas et d’épicéas de la forêt de Flathead qui se dressaient sur la berge opposée. Attila, écrasé de chaleur, somnolait paisiblement à nos pieds ou s’ébattait dans l’eau fraîche. Et nous nous souvenions. Nous nous efforcions d’ancrer profondément en notre esprit tout ce qui nous revenait de lui, ses mots, ses gestes, ses regards, pour ne jamais rien oublier de l’homme qu’il avait été...

Lorsqu’il nous apercevait ainsi, oncle Mort ne venait jamais nous déranger. Il respectait notre peine et notre deuil. Il comprenait ce besoin de nous isoler de temps à autre et de surmonter notre chagrin, en silence, loin des nôtres. Ce n’était qu’à l’approche de la tombée du jour qu’il venait enfin nous trouver et nous offrait de rentrer. Nous lui obéissions de bonne grâce, et cette pudeur et cette douceur qu’il nous témoignait accroissaient l’affection que nous lui portions tous deux...