Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

La question du transfert de technologies

 

La question du secret entourant le phénomène ovni peut être envisagée sous un angle différent des trois versions exposées ci-dessus (le secret version « ufologie noire », le secret : version « ufologie incolore », le secret version « ufologie blanche »). Il faut insister sur le fait que la contradiction est flagrante entre le mutisme des autorités qui se comportent comme si il ne se passait rien d’anormal dans nos cieux, et les manifestations, parfois ostentatoires, du phénomène ovni qui se compteraient par millions sur toute la planète depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cette situation paradoxale peut être analysée de différentes manières. L’une des explications possibles est que le gouvernement américain cache la vérité au sujet des ovnis parce qu’il pourrait en retirer des connaissances scientifiques et des applications techno logiques. L’origine du secret maintenu par les autorités ne serait donc pas à rechercher dans des raisons de sécurité nationale ou dans la peur des réactions du public suite à des révélations officielles sur les exactions des extraterrestres, mais plutôt dans la possibilité d’« extraire » en quelque sorte du phénomène ovni, des connaissances pouvant avoir d’importantes retombées technologiques. C’est en effet une possibilité très digne d’intérêt, mais cette thèse du transfert entre technologie extraterrestre et technologie humaine est plus complexe qu’il n’y paraît. C’est un sujet délicat qui n’est que très partiellement abordé par les auteurs que je qualifierais de « sérieux », tels Jean Gabriel Greslé, Gildas Bourdais, Gilles Pinon, et même Jean-Jacques Velasco. Il est vrai que les sources dont nous dis posons sont très restreintes et généralement peu fiables. En ce qui nous concerne, nous pensons que cette idée de transfert de technologies peut s’interpréter à trois niveaux différents :

1) Transfert de technologies par imitation.

2) Transfert de technologies par récupération.

3) Transfert direct de technologies.

Transfert de technologies par imitation

 

Le premier niveau est celui qui suppose que l’étude des témoignages concernant le phénomène ovni et l’analyse approfondie des rapports d’enquêtes sur des observations d’engins se déplaçant de façon inhabituelle et spectaculaire dans notre atmosphère pourraient inspirer certaines avancées technologiques dans le domaine de la propulsion des aéronefs terrestres. Quelques scientifiques, en France ou à l’étranger, défendent ce point de vue. Le docteur Claude Poher, docteur en astronomie, fondateur et premier président du GEPAN (Groupe d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non-identi fiés), concluait ainsi un rapport en cinq volumes destiné au comité scientifique du GEPAN : « En prenant en compte les éléments collectés auprès des témoins et les lieux de leurs observations, nous pouvons affirmer que les cas d’observations impliquent généralement un phénomène matériel. Dans 60 % des cas cités, la description du phénomène correspond à celle d’une machine volante dont l’origine, les modes de déplacement et de propulsion sont totalement en dehors de notre champ de connaissance. L’étude des phénomènes observés nous semble, par ces caractéristiques extraordinaires, potentiellement susceptible d’apporter à l’Humanité des connaissances et éventuellement des techniques d’une importance considérable (souligné par nous). Nous recommandons qu’une étude approfondie de ce phénomène soit entreprise

avec un haut degré de priorité11. » Dans une autre étude destinée à l’administration, il commente en ces termes les aspects scientifiques et technologiques qui sont impliqués par les témoignages oculaires d’observations d’ovnis : « Étant donné le volume des objets décrits dans les observations […] je puis affirmer que nos générateurs spatiaux les plus futuristes sont loin d’être capables de produire la quantité d’énergie observée par les témoins. L’énergie lumineuse perçue n’est probablement que la pointe de l’iceberg car aucun système thermodynamique ne peut produire de l’énergie sans en dissiper une partie. Les mégawatts de lumière observée sont plus que probablement des fuites d’énergie émanant du système de conversion énergétique utilisé par l’objet volant, ce qui veut dire que l’énergie utile produite est beaucoup plus grande que ce qui est observé. La connaissance d’une telle méthode de production énergétique est cruciale pour l’avenir de l’Humanité. Les rapports d’observations d’ovnis nous enseignent que des solutions ambitieuses et entièrement nouvelles sont possibles. (Souligné par nous.) C’est très important. » Le docteur Claude Poher est aussi l’auteur d’un ouvrage intitulé : Gravitation

Les Universons, énergie du futur12, dans lequel il énonce les faits suivants : « Le fait est que l’étude ration nelle des caractéristiques indispensables à des véhicules interstellaires et l’analyse scientifique minutieuse des témoignages d’observations d’ovnis forment un ensemble cohérent que les observateurs (d’ovnis) seraient incapables d’inventer faute de compétences appropriées. Le fait est que l’idée de la théorie de la gravitation par les Universons est née de cette analyse, et le fait est qu’elle se trouve corro‐ borée par des données expérimentales connues depuis des décennies. Le fait est qu’il s’agit là, en quelque sorte, d’un embryon de transfert de savoir indirect entre des civilisations avancées et la nôtre, par la seule observation de leur technologie spatiale. » (Souligné par nous.) Plus loin, il stigmatise l’indifférence des scientifiques vis-à-vis du phénomène ovni : « Le fait est, enfin, que nous continuons à rester incrédules et inactifs devant cet amoncellement de témoignages, tels des grands prêtres d’une religion du savoir absolu et intouchable. Cela, au lieu de nous atteler fermement à la tâche de maîtriser, nous aussi, cette voie susceptible de transformer radicalement notre Humanité. » Nous saluons, ici, le courage et l’audace d’un scientifique de premier plan qui ne craint pas d’associer ses recherches sur une théorie de la gravitation aux observations d’ovnis. Il va sans dire que cette entreprise, peu banale, est un exercice hautement risqué dans notre pays. Les grands prêtres (pour reprendre l’expression de Poher) de la science contemporaine ne voient généralement pas d’un bon œil celui qui se moque ouvertement des interdits et des tabous qui sont attachés à l’étude des ovnis. Les grands prêtres voient rouge aussi lorsque l’un des leurs ose condamner le dogmatisme – voire le « sectarisme » – ambiant qui entrave toute recherche qui voudrait s’affranchir des standards mentaux et intellectuels en vigueur. La position de Claude Poher vis-à-vis des observations d’ovnis est fort intéressante, et bien que nous soyons persuadés que la technologie utilisée par les ovnis relève d’un niveau très supérieur au nôtre, nous pouvons malgré tout concevoir qu’ils puissent inspirer, en partie, certains de nos recherches en matière de navigation aérienne, voire d’exploration spatiale.

L’un des meilleurs exemples pour illustrer le transfert de technologies par imitation est certainement celui de l’Avrocar dont la silhouette générale rappelle celle d’une « soucoupe volante ». L’Avrocar, dont plusieurs versions furent construites, était le résultat officiel du projet américain Silverbug, qui s’était fixé comme objectif principal de construire des appareils à décollage et atterrissage vertical (VTOL). Ces appareils devaient permettre de ne plus utiliser de pistes conventionnelles qui avaient l’inconvénient majeur d’occuper de grandes surfaces au sol et étaient donc particulièrement vulnérables en cas d’attaque aérienne. Mais dès son premier vol d’essai, le 5 décembre 1959, l’Avrocar se révéla être un échec complet. Alors que sa vitesse devait atteindre les 480 km/h, et qu’il devait parcourir 1600 kilomètres en se jouant de tous les obstacles, il ne dépassera jamais la vitesse d’un coureur à pied sur quelques centaines de mètres et il ne s’élèvera guère à plus d’un mètre au-dessus du sol avec, en plus, de sérieux problèmes de stabilité. Conçu comme une aile circulaire, l’Avrocar, fait d’aluminium luisant au soleil, ressemblait vaguement à une « soucoupe volante ». Dans l’esprit des ingénieurs, l’Avrocar avait été conçu pour effectuer des décollages verticaux, s’arrêter brusquement en plein vol, et rester suspendu pendant plusieurs minutes à n’importe quelle altitude. Mais il ne parviendra jamais à réaliser ces prouesses de vol malgré de longues et coûteuses recherches dans les laboratoires gardés de la firme Avro. Le projet fut définitivement abandonné en 1961 et l’Avrocar finit sa brève existence dans un musée.

L’histoire de l’aventure technologique de l’Avrocar est riche d’enseignements car elle montre que ce n’est pas parce que l’on fabrique une machine volante imitant la forme d’une « soucoupe volante », que cette machine est capable de réaliser les mêmes prouesses. Avec le recul du temps l’idée paraît naïve et démontre que dans les années cinquante et soixante, on avait une vision très primaire de ce que pouvait être la technologie à l’œuvre dans les ovnis. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si un savant vivant au XVIe siècle essayait de reproduire le fonctionnement d’un ordinateur moderne en utilisant des engrenages, des roues dentées, et des ressorts, qui étaient les moyens techniques les plus sophistiqués de son époque. On voit bien, dans ce cas, que le décalage technologique est trop important pour permettre un transfert de technologie par imitation entre la technologie du XXIe e siècle et celle du XVI siècle. Après le fiasco du projet Avrocar-Silverbug, les ingénieurs américains ont vite compris qu’ils étaient confrontés à de grandes difficultés pour faire voler un engin en forme de « soucoupe volante ». Il paraissait désormais évident que les « soucoupes volantes », n’employaient certainement pas les mêmes techniques de propulsion que nos avions à réaction et nos fusées.