Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Au-delà de la matière et de l’information

 

Sur l’excellent site Internet Ovnis-USA, aujourd’hui en sommeil, était publié un article (toujours en ligne en 2020) de Casey Kazan pour le Daily Galaxy intitulé, Au-delà de la compréhension humaine (novembre 2010). Ce court texte amorce une réflexion passionnante sur les apparences que pourraient prendre des formes de vie extraterrestres très évoluées. Ce qui est fascinant en lisant l’article, c’est d’imaginer que ces extraterrestres pourraient avoir un mil lion, ou un milliard, d’années d’avance sur nous. Quelle(s) forme(s) aurait un être sensible, conscient et intelligent ayant bénéficié d’une évolution aussi longue ? C’est une question très stimulante pour l’esprit. Elle nous oblige, en effet, à dépasser nos limites conceptuelles actuelles et à nous projeter vers des horizons très lointains, des futurs possibles, qui seront peut-être les nôtres dans un million ou un milliard d’années. En explorant ces territoires incon nus, situés aux limites de nos capacités de conceptualisation, des chercheurs à l’esprit particulièrement aventureux et audacieux, ont envisagé la possibilité qu’une intelligence extraterrestre hyper-évoluée disposerait peut-être du pouvoir de manipuler la réalité à un niveau que nous ne pouvons pas encore concevoir. Ils imaginent même, en allant le plus loin possible dans cette voie de réflexion, que la totalité de notre Univers serait une réalité virtuelle créée de toute pièce par cette intelligence. Notre existence humaine ne serait alors qu’un « sous-programme » à l’inté rieur d’une inconcevable « matrice » qui aurait peut-être déjà tout planifié. Les intentions et les objectifs de cette « matrice » nous seraient bien évidemment inconnus. Nous serions seulement conscients d’être une minuscule partie d’une structure virtuelle gigantesque qui pourrait abriter une multitude d’autres mondes.

Cette conception informatique et « virtualiste » de la réalité n’est certes qu’une spéculation, mais elle nous permet de faire le lien avec une nouvelle vision du réel dont les fondements ne reposeraient plus sur la matière ou les particules élémentaires, ni même sur l’énergie, mais plus fondamentalement encore sur la notion d’information. Dans son ouvrage intitulé The eerie silence, le physicien australo-britannique Paul Davies va encore plus loin. Il se demande, en effet, s’il n’y aurait pas autre chose que de la matière et de l’information dans l’Univers. Il imagine ainsi qu’au delà du niveau 1 (niveau de la matière) et du niveau 2 (niveau de l’information), il existerait un troisième, puis un quatrième, et même un cinquième niveau de réa lité qui seraient tous situés bien au-delà de ce que nous nommons matière et information. Selon Davies, seule une civilisation ayant au minimum un milliard d’années d’évolution derrière elle serait en mesure d’accéder à de tels niveaux et serait capable de les contrôler. Sans aller aussi « haut » et aussi loin que Paul Davies, vers des niveaux de réalité qui sont trop éloignés du nôtre et qui nous demeureront pour longtemps inaccessibles, nous pou vons néanmoins revenir au concept d’information qui est au cœur de notre civilisation et de nos modes de vie quoti diens.

Ces considérations sur l’information nous amène tout naturellement à la conférence que Jacques Vallée a donné à Bruxelles le 22 novembre 2011 dans le cadre des Rencontres du TEDx Bruxelles. Lors de cette conférence, Vallée a exposé ce que pourrait être la physique dans cinquante ans. Jusqu’à présent, nous dit-il, la physique ne s’est préoccupée que de la matière et de l’énergie. Elle a étudié le comportement de la matière et les lois qui régis sent ses mouvements, mais elle a totalement occulté une autre face de la réalité, l’information. Comme le souligne Vallée : « La physique qu’on nous apprend dans les collèges et les universités est la physique de l’énergie, elle a à voir avec les lasers, les couleurs, les particules, la masse et les champs, l’accélération, l’inertie, et toutes ces choses qui vous ont été enseignées à l’école. Le problème est qu’ils nous ont aussi appris que l’information et l’énergie sont les deux facettes de la même pièce, mais ils n’ont pas pris la peine de nous enseigner la physique de l’information, ils continuent de nous apprendre la physique de l’énergie. » Cette façon de concevoir la physique pourrait générer une véritable révolution dans le monde de la recherche dans les prochaines décennies. Après avoir exploré la face énergie/matière, les physiciens devraient, selon Vallée, s’atteler à explorer la face contiguë à celle de l’énergie/matière qui est celle de l’information. Vallée ne donne pas de méthode pratique pour explorer cette mystérieuse face du réel, il se contente d’indiquer une piste de recherche, et nous pouvons être certains que ce qu’il annonce est une voie prometteuse. Délaissant la physique classique qui selon lui ressemble au système de Ptolémée avec ses « cycles, ses épicycles et ses épicycles d’épicycles  » qui étaient sensés expliquer le mouvement apparent des planètes, Vallée cherche à comprendre comment fonctionne vraiment la réalité. Comme chez Ptolémée, avec ses particules, ses sous-particules et ses sous-sous-particules, la physique moderne nous donne une image relativement correcte des apparences, mais seulement des apparences. Alors Vallée s’interroge : est-ce bien ainsi que fonction la réalité ? C’est après avoir expérimenté plusieurs expériences de syn chronicité (ou coïncidences significatives selon Jung) qu’il s’oriente désormais vers une autre façon d’appréhender le réel.