Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Profil d’une société galactique

Cette présentation des sondes de von Neumann nous amène tout naturellement à nous poser la question de savoir si les ovnis pourraient être des robots très perfectionnés fonctionnant selon le même principe que ces sondes. Rien ne s’y s’oppose à priori. Cependant, le dossier des ovnis comporte des aspects qui laissent penser que nous n’en sommes plus au stade de la surveillance par des sondes automatiques. Il semblerait plutôt que nous soyons confrontés à une forme d’intelligence non-artificielle (ce qui n’exclu pas l’utilisation de sondes automatiques par cette intelligence). Nombre de témoignages mentionnent, en effet, la présence d’entités à bord des ovnis, et la question des enlèvements (abductions) laisse supposer que des interventions très rap prochées sur l’espèce humaine sont menées par ces entités. Avec les enlèvements, nous ne sommes pas dans de la sur‐ veillance éloignée. Il existe cependant de fortes probabilités pour que notre planète soit sous surveillance depuis un lointain passé, et cette surveillance a peut-être été assurée jusqu’à présent par des sondes de type von Neumann. Cette hypothèse pourrait expliquer les observations d’ovnis faites tout au long de l’histoire depuis les premières grandes civilisations. Si nous ne nous détruisons pas avant, l’évolution de notre civilisation semble se diriger vers le Type I (Type planétaire). Depuis la fin du XIX e siècle, l’évolution technologique de notre civilisation s’accélère. Les guerres meurtrières du XXe siècle, et l’utilisation de l’arme nucléaire, a sans doute éveillé l’intérêt des civilisations de Type II ou de Type III, qui contrôlent l’ensemble des systèmes stellaires de notre Galaxie. D’où le nombre croissant d’apparitions d’ovnis, avec un tournant marqué à la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Profil d’une société galactique

 

Pour en revenir aux caractéristiques des civilisations de Type III, nous pouvons imaginer que les civilisations de ce Type soient parvenues à bâtir des sortes de société galactiques regroupant en leur sein de nombreuses civilisations de Type II et de Type I. Selon quelles modalités fonctionnerait une fédération ou un empire galactique ? Nous n’en avons bien sûr aucune idée pour le moment. Cette société galactique se présenterait-elle sous la forme d’un pouvoir central exercé par une seule civilisation sou veraine régissant une communauté de civilisations vassales ? Serait-elle au contraire organisée comme une vaste fédération de civilisations autonomes entretenant des rapports amicaux entre elles sans autorité supérieure ? Existeraient-ils, au sein de la fédération, des clans rivaux qui s’affronteraient dans l’espace avec des vaisseaux équipés d’armes laser comme dans les films de Star Wars de George Lucas ? Et dans ce cas, pouvons-nous supposer l’existence d’ethnies extraterrestres belliqueuses et malveillantes vis-à-vis des autres civilisations de la fédération ? Nous ne pouvons que spéculer sur les formes que prendrait un tel « empire », mais rien ne nous empêche d’admettre au moins l’existence d’une sorte de réseau de civilisations étendu à toute la Galaxie, dont les membres auraient tissé des liens profonds entre eux. C’est une hypothèse qui me paraît plausible. Quoi qu’il en soit, une civilisation de Type III est nécessaire‐ ment très ancienne. Bien qu’il soit difficile de fournir des chiffres précis dans ce domaine, nous pouvons raisonnable ment penser qu’elle doit avoir derrière elle, des millions, et même des milliards d’années d’évolution technique et spirituelle. Inutile de dire que pour nous, les réalisations techniques d’une telle civilisation sont parfaitement incon cevables.

Un bon exemple, selon nous, de civilisation de Type III imaginé par la science-fiction, est représenté dans le film de Stanley Kubrick, 2001 : l’odyssée de l’espace. Nous voyons dans ce film des monolithes noirs qui semblent influencer à divers moments l’évolution de l’espèce humaine. Ces monolithes pourraient représenter des sortes de machines appartenant à une civilisation de Type III. C’était d’ailleurs l’idée de départ de Kubrick qui avait imaginé que les mono lithes noirs étaient des machines de von Neumann. Dans sa version initiale, le film devait comporter une introduction sous la forme d’une série de présentations scientifiques expliquant que les sondes de von Neumann seraient sûrement le meilleur moyen pour explorer la Galaxie. Heureusement, à la dernière minute, Kubrick coupa cette séquence d’ouverture du film, et le monolithe noir prit l’aspect d’un « objet » étrange, totalement isolé de son contexte initial. 2001 aurait sûrement perdu en force, en beauté et en mystère, si Kubrick avait conservé son introduction didactique. Ce qui fait selon moi le charme envoûtant de 2001, c’est justement le mystère permanent qui entoure les monolithes noirs. Que sont-ils exactement ? D’où viennent-ils ? Aucune réponse n’est donnée, et à la fin du film l’énigme reste entière. C’est exac‐ tement ce à quoi nous devrions nous attendre si nous rencontrions un jour une civilisation de Type III. Les seuls indices dont disposent les savants de 2001, se rapportent à l’ancienneté très importante des monolithes (notamment après la découverte d’un spécimen enfouis sous la surface lunaire depuis des millénaires), et à la facilité avec laquelle ils se déplacent dans l’espace sans utiliser de moyens de propulsion visibles (la surface des monolithes est parfaitement lisse et ne présente aucune ouverture). Le film suggère d’ailleurs que les monolithes sont capables de créer des sortes de passages, des « raccourcis » (des « trous de ver ») en brisant la trame du continuum d’espace/temps, et de se déplacer ainsi très rapidement d’un système stellaire à l’autre.

Autre exemple cinématographique : dans le film Contact, de Robert Zemeckis, tiré du livre de Carl Sagan portant le même titre, l’Humanité établit un contact radio avec une civilisation extraterrestre qui pourraient aussi être une civilisation de Type III. Il semble cependant que la technologie des monolithes noirs soit beaucoup plus évoluée que celle mise en œuvre par l’intelligence extraterrestre de Contact. Il est possible, et c’est même ce à quoi nous devrions nous attendre, que les modalités d’existence d’une civilisation de Type III soient fort éloignées de tout ce que nous pouvons imaginer aujourd’hui. De notre point de vue de terrien du XXIe siècle, une des difficultés majeures à laquelle devrait être confrontée une civilisation de Type III c’est celle de la communication. Si la lumière et les ondes électromagnétiques en général, ne peuvent pas dépasser la vitesse de 300 000 kilomètres/seconde, comme l’énonce la théorie de la relativité, alors cette question de la commu nication devient presque insurmontable. Si nous admettons qu’une sorte de société galactique existe actuellement dans toute la Voie Lactée, il est impératif que cette société ait trouvé une solution efficace à ce problème de communication si elle souhaite maintenir la cohésion de centaines (voire de milliers ou même de millions) de civilisations différentes. Imaginez, par exemple, que la planète abritant la capitale d’un empire galactique veuille communiquer avec une civi lisation distante seulement de 1000 années-lumière. Il n’est guère envisageable, pour elle, d’attendre au moins 2000 ans entre l’émission de son message et la réponse attendue. Il faudra donc que l’« empire » trouve un moyen plus rapide que les ondes électromagnétiques pour communiquer, ce qui reste, pour notre physique actuelle, un problème difficile à résoudre.