Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Approche d’une classification des civilisations

dans son livre intitulé, 35 Ovnis, laboratoire du futur : « Il existe une hypothèse de la vie extraterrestre impliquant une Intelligence transcendante, une Pensée ultra-humaine dont la compréhension, la saisie des « intentions », les « motivations », le « comportement », nous resteront définitivement inaccessibles et impossibles à traduire en concepts humains… », et plus loin il ajoute, « C’est à l’exhibition de l’impossible que l’on doit s’attendre en pareil cas ». Espérons malgré tout que cette Intelligence transcendante aura la délicatesse de se mettre à notre modeste niveau, sinon nous ne pourrons jamais communiquer avec elle. Pour en revenir au Principe CEHV, disons que notre point de vue suppose qu’il doit sûrement exister un lien organique, vital même, entre la dimension « horizontale » (spatio-temporelle, matérielle, technologique) et la dimension « verticale » (spirituelle, morale, culturelle) d’une civilisation parvenue à ce niveau. Nous pensons que ces deux dimensions sont indissociables et nous verrons plus loin pourquoi.

 

Approche d’une classification des

civilisations

 

L’astronome russe Nikolaï Kardashev et le physicien américain Freeman Dyson établirent une classification des civilisations technologiquement évoluées qui comporte trois types : Type I, Type II, Type III. Kardashev imagina également une civilisation de type IV qui serait capable, en théorie, de maîtriser l’énergie de tout l’Univers connu (ce que moi j’appelle le Type V, « La Civilisation »). Cette classification est sûrement imparfaite et doit être améliorée, mais c’est un outil commode et simple pour se représenter l’évolution des civilisations extraterrestres dans l’Univers. C’est la raison pour laquelle je l’utilise dans mon étude en ayant conscience de toutes ses imperfections.

Ce système de classification, qui repose uniquement sur le critère des ressources énergétiques disponibles dans l’environnement d’une civilisation, trouve son fondement dans les trois principes suivants :

 

1) Le respect des lois de la thermodynamique

Toute civilisation, même une civilisation très évoluée au point de vue technologique, obéit aux lois de la thermo dynamique et tout particulièrement au deuxième principe (connu aussi sous le nom de deuxième loi de la thermodyna mique ou principe de Carnot) précisant que l’entropie d’un système ne peut pas décroître (le désordre augmente sans cesse). Dans cette classification des civilisations, le respect des principes de la thermodynamique impose donc de classer les civilisations en fonction de la quantité d’énergie dont elles disposent et qu’elles sont susceptibles d’utiliser.

 

2) Le respect des lois de la matière stable

La matière baryonique (les protons et les neutrons formant le noyau d’un atome par exemple) tend à se regrouper en masses compactes dans les grandes structures observables de l’Univers. Ces structures macroscopiques sont les planètes, les étoiles et les galaxies que nous observons dans l’Univers visible. Ainsi, l’énergie disponible de ces civilisations sera également basée sur trois types distincts en liaison étroite avec les structures macroscopiques observables (planètes, étoiles, galaxies). En utilisant ce système de classification on peut facilement déterminer des limites supérieures de consommation d’énergie des civilisations.

 

3) Le respect des lois de l’évolution planétaire

Toutes les civilisations avancées doivent se développer en consommant l’énergie disponible plus rapidement que la fréquence des catastrophes naturelles qui compromet traient gravement leur survie. Ces catastrophes naturelles périodiques qui frappent les civilisations dans leur dévelop‐ pement peuvent être : la chute d’un astéroïde géant sur la planète, les périodes glaciaires, l’explosion d’une supernova proche de la planète, les irruptions stellaires, le passage d’une étoile, au-delà de la séquence principale, au stade de géante rouge, etc. Si les civilisations se développaient plus lentement que le rythme des catastrophes naturelles, elles seraient condamnées à l’extinction. Ceci place des limites mathématiques inférieures sur le taux de croissance de ces civilisations.

Dans l’échelle de Kardashev le classement des civili sations est basé sur la quantité d’énergie qu’elles peuvent exploiter et consommer. La production énergétique de chaque civilisation est environ dix milliards de fois supérieure à celle qui la précède. Cette quantité d’énergie augmente de façon logarithmique :

Type I : Une civilisation de ce type est capable d’exploiter toute la puissance et l’énergie disponible d’une planète, soit approximativement 1016 watts.

Type II : Une civilisation de ce type est capable d’exploiter toute la puissance et l’énergie disponible d’une étoile, soit approximativement 10 26 watts.

Type III : Une civilisation de ce type est capable d’exploiter toute la puissance et l’énergie disponible d’une galaxie, soit approximativement 1036 watts.

Comme on peut le voir dans ce système de classification, toute civilisation évoluée trouvera seulement trois sources d’énergie à sa disposition : sa planète, son étoile, sa galaxie. Selon Kardashev, le calcul montre que la consommation d’énergie des civilisations de Type I, II et III, représente à chaque fois un bon d’un facteur de plusieurs milliards.

Nous savons que notre planète reçoit environ un mil liardième de l’énergie du Soleil et que les humains utilisent seulement un millionième de cette quantité. Nous consommons donc environ un millionième de milliardième de toute l’énergie irradiée dans l’espace par le Soleil. Si nous étions capables de consommer toute l’énergie émise par le Soleil, nous serions une civilisation de Type II, c’est-à-dire une civilisation stellaire. En 2020, notre production énergétique mondiale est d’environ dix milliards de milliards d’ergs par seconde (l’erg est une unité de mesure de l’énergie) ou 1014 watts par an, ce qui représente un ordre de grandeur dix ou vingt fois inférieur aux condi tions requises pour être membre du « club fermé » des civilisations de Type I (1016 watts). Mais nous savons que notre consommation d’énergie croît de façon exponentielle et par conséquent, nous pouvons calculer combien de temps il nous faudra pour atteindre les Type I, II et III.

Dans la classification de Kardashev, la civilisation humaine n’est pas encore parvenue au Type I car elle est seulement capable d’exploiter une quantité limitée de l’énergie disponible sur notre planète. Carl Sagan estimait qu’à la fin du XXe siècle la civilisation humaine serait aux alentours de 0,7 sur 1 (1 étant l’exploitation de toute l’énergie disponible sur Terre). Quant à Freeman Dyson, il estime que dans un délai d’environ 200 ans nous devrions atteindre le Type I. Si notre consommation d’énergie s’accroît au taux de 1 % par an, Kardashev avait estimé qu’il faudrait 3200 ans pour atteindre le Type II, et 5800 ans pour accéder au Type III. Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un essai de classification des civilisations, comme l’équation de Drake n’est qu’un essai de dénombrement des civilisations évoluées dans notre Galaxie. Nous ne sommes pas du tout certains que ce système soit vraiment fidèle à la réalité. Nous reprenons malgré tout cette classi fication qui est non seulement commode, mais qui est reconnue par la communauté scientifique. En ce qui nous concerne, nous ajoutons à cette classification les civilisations de Type 0, de Type IV, et de Type V. À l’intérieur même de chaque Type, nous envisageons aussi la possibilité d’inclure un Type inférieur, un Type moyen, et un Type supérieur. Une civilisation de Type I, par exemple, comprend donc un Type I inférieur, un Type I moyen, et un Type I supé rieur. Nous affinons aussi cette typologie en y incluant des critères non-énergétiques (immatériels) qui sont totalement ignorés dans la classification de Kardashev et Dyson.

Ci-après : Les trois Types de civilisations selon la classifi cation établie par Nikolaï Kardashev et Freeman Dyson. En haut, une civilisation planétaire de Type I. Au centre une civilisation stellaire de Type II. En bas, une civilisation galactique de Type III. (Illustration Daniel Robin.)