Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science
Jack Shulmann et son mystérieux « contact
Jack Shulmann et son mystérieux
« contact »
En marge des révélations faites par Corso, une autre source suggérait que la société Bell aurait pu bénéficier, dès 1947, d’innovations technologiques en provenance d’un disque volant accidenté et récupéré à Roswell. Cet apport aurait permis la découverte du transistor, base de toute notre technologie électronique et informatique moderne. La source de ces informations sensationnelles serait un correspondant anonyme qui aurait contacté Jack Shulmann, alors Président de American Computer Corpo‐ ration (ACC), une compagnie du New Jersey spécialisée dans l’assistance informatique qui fournit « des solutions informatiques aux secteurs financier, immobilier, transport, travaux publics, vente au détail, fabrication et divers autres types d’entreprises. » (Source : site officiel d’ACC.). Par la suite, le mystérieux inconnu parvint à convaincre Shulmann de publier ses « révélations » sur le site Internet officiel de la compagnie ACC. Shulmann ne semble pas avoir été très prévoyant, car bientôt, une vive controverse se répandit sur la toile, et les imaginations s’enflammèrent. Le Président d’ACC, sans doute lui-même surpris par l’ampleur que prenait cette affaire, tentera d’éclairer ses lecteurs et d’apaiser l’opinion publique lors d’une interview accordée à deux journalistes (Jeff Rense et Michael Lindeman) de CNI News.
Peu après la publication de ces prétendues « révélations » sur Internet, les locaux de la firme ACC auraient été visités par de mystérieux cambrioleurs. Ces derniers seraient parvenus à éviter tous les systèmes de sécurité et auraient fouillé dans les archives de l’entreprise. Nous ne saurons sans doute jamais ce qu’ils y trouvèrent, mais ce qui est sûr en tout cas, c’est que les cambrioleurs ne commirent aucun vol. Cette étrange visite dans les locaux d’ACC provoqua une enquête de l’AFOSI, ce qui pour ce genre d’infraction n’est pas banal. AFOSI est le sigle de l’Air Force Office of Special Investigations, service de renseignement de l’USAF chargé de remplir des missions spéciales le plus souvent en rapport avec le contre-espionnage. C’est une sorte de FBI de l’armée de l’air des États-Unis. Les agents de l’AFOSI ne portent pas d’uniformes et leurs grades sont classés secrets.
Selon Jack Shulmann, si quelqu’un avait pu faire passer des informations sur l’acquisition de technologies en prove nance d’un ovni récupéré à Roswell, il s’agissait probablement de John (ou Jack) Morton, l’homme qui dirigea la division Recherche & Développement des semi-conducteurs de Bell. Étrange coïncidence : Morton fut assassiné en 1970, brûlé dans sa voiture. Suite à la publica tion des « révélations » sur Internet, des représentants du ministère de la Défense, de l’USAF et d’autres agences gouvernementales rencontrè rent Jack Shulmann et quelques-uns de ses collaborateurs à Princeton. Les conclusions de cette rencontre montrent que la société Bell aurait bénéficié d’une aide de l’armée, et qu’elle aurait déposé les brevets d’une découverte qui, en fait, ne lui appartenait pas.
Cette affaire de Jack Shulmann et de son « mystérieux contact » est reprise dans le Post-scriptum de la traduction française du livre du lieutenant-colonel Philip J. Corso, The Day After Roswell. Le texte du
Post-scriptum17 qui a été rédigé par Marc Vallée en personne, fondateur et direc teur des Éditions canadiennes, semble accréditer les propos de Jack Shulmann. Il confirme que « Pendant les vingt-cinq années suivantes, le seul témoin vivant de ce qui s’est réellement passé dans les laboratoires Bell en 1947 était Jack Morton lui-même, un résident de Neshanic Station, au New Jersey, qui fut assassiné au début des années 1970 dans des circonstances très étranges selon ACC. Dernier témoin oculaire, Morton était-il devenu trop gênant ? En savait-il trop ? »
Pour finir, je signale qu’en faisant des recherches sur le Net, je suis tombé sur un site américain qui publie un article stupéfiant datant de 2017, et dans lequel Jack Shulmann raconte en détail toute son aventure. Il explique notamment qu’il a eu entre les mains toute une série de documents déroutants, sous la forme de « 28 boîtes », provenant des Western Electric Laboratories à la fin des années 1940, 1947, au début de 1948, et même au-delà. Voici un extrait de cet article : « Les choses qui étaient décrites dans ce cahier de notes du laboratoire consistaient en des systèmes qui seraient aujourd’hui plus puissants que le processeur Intel Pentium, par exemple, ou le super calculateur Cray. Il y avait des descriptions d’appareils de communication. Il y avait des descriptions qui montraient comment prendre en sandwich des couches très minces et micrométriques de métaux spéciaux pour produire des pièces mobiles pour des choses comme… à partir des des criptions que j’ai lu, la chose la plus proche que je puisse décrire est une unité de propulsion anti-gravité pour un vaisseau spatial. Les documents décrivaient une technologie électronique de contrôle de puissance dynamique que nous n’avons pas encore développée à ce jour. Ils comprenaient des technologies de communication qui étaient décrites comme ayant été prises à partir d’un objet d’origine incon nue ou surnaturelle. Les documents ont été rédigés très soigneusement pour ne pas révéler ce qui se trouvait en réalité dans ces boîtes de documents. »
(Source Tall white aliens : http://tall-white-aliens.com/?p=1187)
Les déclarations du Président d’ACC sont loin de faire l’unanimité dans les milieux ufologiques. Son histoire de contact avec un mystérieux inconnu qui prétendait détenir des informations sensationnelles sur des transferts de tech nologies après le crash de Roswell, n’a pas été prise au sérieux. Pour de nombreux ufologues, la piste de Shulmann ne semblait pas plus crédible que celle de Corso. Il est néanmoins possible de tirer quelques leçons de ces deux affaires. L’expérience et la logique montrent que lorsqu’un inconnu prétend détenir des informations extraordinaires au sujet des ovnis, il faut pouvoir envisager les quatre cas de figure suivant :
1) Les informations qui sont divulguées sont fausses parce qu’inventées de toute pièce par un individu isolé qui cherche simplement à faire parler de lui. Le soi-disant informateur n’est en fait qu’un vulgaire faussaire ou un mythomane, dont l’objectif principal est de gagner de l’argent en se faisant de la publicité. Ce genre d’informations n’a évidemment aucun intérêt.
2) Les informations présentées sont fausses (totalement ou partiellement) mais elles renvoient, malgré tout, à une réalité cachée. Elles sont alors sciemment propagées par les autorités pour sensibiliser l’opinion publique (de façon indirecte et voilée) à cette réalité cachée. Dans ce cas, c’est de l’information étroitement mêlée à de la désinfor mation. Nous pouvons supposer que cette méthode est largement utilisée lorsqu’il s’agit d’informer le public tout en évitant un emballement médiatique incontrôlé.
3) Les informations sont totalement fausses et elles sont sciemment propagées par les autorités pour détourner l’attention du public d’une réalité cachée qui est toute autre. Dans ce cas c’est de la désinformation pure et simple.
4) Les informations sont vraies et correspondent à une réalité qui est soigneusement dissimulée au public. Dans ce cas il s’agit de « fuites », et leur auteur préfère générale ment garder l’anonymat.
Si les quatre catégories que nous venons de définir sont assez nettes d’un point de vue logique et théorique, il s’avère que dans la pratique, l’exercice qui consiste à vouloir classer telle affaire dans telle catégorie, se révèle en définitive moins aisé. Nous savons tous que la réalité est souvent beaucoup plus subtile que nos classifications abstraites. Notre schéma n’échappe pas à cette règle. Il est en effet très probable que de nombreux degrés intermédiai res doivent exister entre ces quatre cas de figure. Si nous devions nous prononcer sur les pistes Corso/Shulmann que nous venons d’évoquer brièvement, nous estimons qu’elles pourraient se situer quelque part entre les cas de figure n° 1 et n° 2, et plus proche de 2. Ni pures inventions de mythomanes ou de faussaires, ni divulgations savamment orchestrées par des agences gouvernementales, les infor mations que nous livrent ces pistes peuvent néanmoins renvoyer à une réalité cachée. Dans ce cas, il faut peut-être dépasser le premier niveau apparent d’information, qui correspond à l’information brute du premier degré et envi sager la possibilité d’un second niveau, plus profond et plus subtil, qui n’est pas directement accessible. J’insiste encore une fois sur le fait que si le crash de Roswell n’est pas une affabulation complète, la possibilité d’un transfert de technologie par récupération n’est pas entièrement nulle.