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Les civilisations d’amas galactiques de TypeIV
Les civilisations d’amas galactiques de
Type IV
Pourquoi s’arrêter au Type III de civilisation ? Ce type de civilisation serait-il le summum de l’organisation des sociétés intelligentes dans l’Univers ? Comme nous l’avons vu plus haut, il existe plus de galaxies dans l’Univers que d’étoiles dans la Voie Lactée, qui en compte pourtant entre 200 et 400 milliards. Alors ne pourrait-on pas imaginer des sociétés organisées regroupant des dizaines, des centaines, voire même des milliers de galaxies ? Si une civilisation de Type III a résolu le difficile problème des déplacements dans le continuum d’espace/temps à l’intérieur de notre Galaxie, pourquoi ne parviendrait-elle pas à quitter la Voie Lactée et à explorer les galaxies du Groupe Local ? Certes les distances intergalactiques sont beaucoup plus importantes que les distances interstellaires (la galaxie d’Andromède, qui est la plus proche, est située à 2,5 millions d’années-lumière de la Voie Lactée), mais si le principe de base des déplacements dans le continuum d’espace/temps est le même aussi bien pour les courtes et les longues distances, alors rien n’interdit de penser que de tels voyages entre les galaxies soit possibles. Après tout, si nous prenons l’exemple des avions à réaction civils qui sillonnent en tous sens les cieux de notre planète, le voyage Paris-Tokyo (9700 kilo mètres) ne pose pas plus de problèmes techniques qu’un vol entre Paris et Bordeaux (600 kilomètres). Ce trajet est accompli avec un avion utilisant la même technologie. Si une civilisation est capable de voyager d’un bout à l’autre de notre Galaxie, c’est-à-dire de franchir une distance égale à 100 000 années-lumière, elle devra franchir une distance 25 fois plus élevée pour rejoindre la galaxie d’Andromède (2 500 000 années-lumière). Est-il plus difficile à un éventuel vaisseau spatial d’une civilisation de Type III d’aller de la Voie Lactée vers Andromède, qu’à un avion de ligne commercial terrestre d’aller de Paris à Tokyo, sachant que la distance Paris-Tokyo est seize fois plus élevée que la distance Paris-Bordeaux ? Si la technique des voyages spa tiaux interstellaires est aussi bien maîtrisée que la technique des voyages aériens terrestres, la réponse est : non ce n’est pas plus difficile.
Un aspect très important de l’astronomie extragalactique est l’étude de la répartition des galaxies dans l’Univers. Dès les premières observations de nébuleuses, les astronomes se rendirent compte que la distribution des galaxies à grande échelle n’était pas du tout homogène. Au contraire, celles-ci ont une forte tendance à se regrouper pour former des ensembles dont la population et la taille sont très variables. On classe ces regroupements en deux catégories : on parle de groupe de galaxies lorsque l’ensemble comporte moins d’une centaine de membres, et d’amas de galaxies au-dessus de ce seuil, c’est-à-dire d’ensembles qui peuvent contenir plus de dix mille galaxies. Un amas de galaxies est donc l’association d’au moins une centaine de galaxies liées par la gravitation. La plupart des galaxies de l’Univers (environ 75 %) appartiennent à un amas. Le nombre de galaxies, la forme ou la répartition des galaxies, varient selon les amas considérés. La Voie Lactée est elle-même membre d’un groupe d’une trentaine de galaxies que l’on appelle le Groupe Local et dont la taille atteint le million de parsecs. Je rappelle brièvement que le terme parsec (nom masculin) est la contraction de parallaxe-seconde. C’est une unité astronomique de distance correspondant à l’éloi gnement d’une étoile dont la parallaxe annuelle est d’une seconde d’arc. Un parsec équivaut à 3,2615 années-lumière. Pour des raisons pratiques, les astronomes expriment les distances des objets astronomique en parsecs plutôt qu’en années-lumière. Le Groupe Local est dominé par deux galaxies spirales massives, celle d’Andromède et la nôtre, distantes d’environ 690 000 parsecs. La plupart des autres galaxies du Groupe Local se concentrent plus ou moins autour des deux premières, ce qui donne à l’ensemble une structure dipolaire. Près de la Voie Lactée, on trouve en particulier les Nuages de Magellan, deux galaxies irrégu lières respectivement à 50 000 et 60 000 parsecs. Du côté d’Andromède, apparaît une troisième spirale, celle du Triangle, à 720 000 parsecs de nous. En plus des cinq galaxies précédemment citées, on trouve plus d’une vingtaine de galaxies moins massives, donc moins faciles à observer, en particulier une grande proportion de galaxies elliptique naines et quelques irrégulières.
Si nous reprenons le système de classification des civi lisations élaboré par Kardashev et Dyson, une civilisation de Type IV devrait être théoriquement capable d’exploiter toute l’énergie d’un amas galactique (plus de cent galaxies). Si l’on conserve la même progression mathématique d’un Type à un autre dans la consommation de l’énergie, nous arrivons au chiffre faramineux de 10 56 watts pour une civilisation de Type IV.