Ovnis - Du secret officiel aux limites de la science

Nos microprocesseurs viennent-ils des étoiles

Même si de nombreux chercheurs estiment que The Day After Roswell comporte des erreurs et des maladresses, il n’en demeure pas moins que c’est un document incon tournable dans lequel Corso nous livre des informations précieuses sur le déroulement des événements qui furent à l’origine d’un véritable saut technologique. Ce qui frappe dans le récit de Corso, c’est la rapidité avec laquelle s’est effectuée la « découverte » du transistor tel que nous le connaissons aujourd’hui. Il fait remarquer à juste titre que « Toute la courbe de développement du tube radio, depuis les premières expériences d’Edison avec un filament pour son ampoule incandescente, jusqu’aux tubes à vide qui formaient les mécanismes de commutation d’ENIAC, a duré environ 50 ans. Le développement du transistor de silicium a semblé se réaliser en quelques mois. Si je n’avais pas vu de mes propres yeux les galettes de silicium provenant du vaisseau spatial de Roswell, si je ne les avais pas tenues entre mes mains […], j’aurais pensé que l’invention du transistor était un miracle. Je sais maintenant comment elle s’est produite ».

 

Nos microprocesseurs viennent-ils des

étoiles ?

 

Rappelons brièvement que le circuit intégré est une « puce » enrobée dans de la résine dont les contacts avec le milieu extérieur s’appellent des « pattes ». Tous nos ordinateurs modernes sont construits à partir de ces circuits intégrés encore appelés processeurs ou microprocesseurs. Le microprocesseur de votre ordinateur personnel (PC : personal computer) se présente sous la forme d’un petit morceau de silicium (tout simplement du sable raffiné et cristallisé) qui fait tout le travail, ou presque, au sein de votre machine. Le micoprocesseur est plus particulièrement chargé d’effectuer des calculs rapides et complexes. Il sert aussi à gérer les flux d’informations dans la machine et contient en général, dans un ordinateur moyen, plusieurs millions de transistors. À titre d’exemple, le Pentium IV, commercialisé par la firme américaine Intel Inside entre 2000 et 2008, est un microprocesseur composé de 42 millions de transistors. Les premiers ordinateurs fonctionnaient avec des lampes, c’est-à-dire des tubes à vide. À l’époque, le seul moyen connu pour amplifier un courant électrique était la lampe triode inventée par Lee de Forest en 1906. La lampe triode avait permis le développement du téléphone et de la radio. C’était le composant majeur de tous les cir cuits électroniques. Mais le filament utilisé dans la triode était fragile, il chauffait, et consommait beaucoup d’énergie. À peine plus puissants que nos calculettes d’aujourd’hui, les premiers ordinateurs avaient la taille d’une maison et tombaient souvent en panne en raison de l’utilisation du tube à vide qui n’avait qu’une durée de vie très limitée. Les premiers systèmes ne pouvaient pas comporter plus d’une centaine de lampes, car au-delà, la fiabilité de la machiné était très incertaine. Par comparaison, le transistor, qui par la suite supplanta la lampe, consommait un dix millionième de l’énergie nécessaire à la triode avec une durée de vie quasiment illimitée.

Ci-après : À gauche, une lampe à vide. La lampe à vide a atteint sa plus grande utilité au cours des années trente et jusqu’à la fin des années cinquante. Les découvertes faites à Roswell auraient rendu désuète la technologie de la lampe à vide. À droite, le Pentium IV commercialisé entre 2000 et 2008 par la firme américaine Intel Inside est un microprocesseur composé de 42 millions de transistors. Il est évident que l’écart technologique entre ces deux composants électroniques est considérable et que le passage de l’un à l’autre s’est fait très rapidement.

Nous savons que le physicien William Schockley travaillait depuis 1946 sur le transistor avec John Bardeen et Walter Brattain, mais l’apparition de cette nouvelle technologie en 1948 fit l’effet d’une bombe dans les milieux scientifiques. Schockley reçu le prix Nobel en 1956 pour ses travaux sur ce composant électronique révolutionnaire. Suite à ce saut technologique incroyable, de nombreux historiens des sciences se demandèrent comment une technologie aussi différente de toutes celles connues à l’époque avait pu émerger si soudainement. Le circuit intégré, composé de millions de transistors, fut mis au point, en 1959, par Jack Kilby (de Texas Instruments) et Robert Noyce (de Fairchild Semiconductor). La taille d’un circuit intégré a peu évolué depuis son invention. C’est l’accroissement du nombre de composants, c’est-à-dire de transistors, sur un même support qui permet d’aug menter la puissance du circuit intégré. Cette croissance de la puissance est principalement obtenue par une réduction significative de la taille des gravures sur les circuits impri més. Fin 2019, la miniaturisation des semi-conducteurs et des circuits intégrés atteignait 5 nanomètres (nm), et Samsung a même annoncé pouvoir descendre jusqu’à 3 nm. Il semble cependant difficile de descendre au-dessous de 2 nm pour la finesse de la gravure. Un nanomètre (noté nm) vaut un milliardième de mètre. À titre d’exemple, signalons qu’on est passé de 2 300 transistors pour un Intel 4004 en 1971, à 7,2 milliards pour un Intel Xeon E5 2699 V4 HLC, en 2016. Pour donner une idée de l’évolution de la miniaturisation des composants comparons la taille du super-ordinateur CRAY 1 (1980), capable de traiter cent millions d’instructions par seconde, qui occupait l’espace d’un très grand appartement et nécessitait d’importants équipements de climatisation, avec un micro-ordinateur de puissance égale à base de Pentium 100 ayant la même capacité de mémoire et que l’on pose simplement sur un bureau. Le nombre des composants par circuit est passé, de manière très régulière, de quelques composants à la fin des années cinquante, à plusieurs millions de composants dans les années 2000, et jusqu’à plusieurs milliards de composants aujourd’hui. Dès 1964, Gordon Moore, alors directeur de la recherche chez Fairchild, avant de créer la société Intel en 1968, fut le premier à prédire que le nombre de composants par circuit continuerait à doubler tous les deux ans, comme cela avait été le cas au cours des cinq années précédentes. Il n’y a pas eu, jusqu’à aujourd’hui, de déviation significative par rapport à la prédiction de Moore plus connue sous l’appellation de Loi de Moore.

Nous pensons tous que ces inventions extraordinaires ont été créées grâce à l’intelligence et au génie humain or, selon Corso, il n’en est rien. D’après lui, nos savants n’auraient fait que copier une technologie étrangère. Il suffit de réfléchir sur la soudaine apparition du transistor et du circuit intégré. Il n’y a pas eu (comme pour la plu part des grandes avancées technologiques) de tâtonne ments, d’échecs, et d’étapes intermédiaires. Ces découvertes se sont faites brutalement. Elles ne sont pas le fruit ou l’aboutissement logique de découvertes antérieures. Ces faits – aisément vérifiables selon Corso – seraient la preuve indirecte de ce qu’il avance. Alors qui faut-il croire : l’histoire officielle des sciences et des techniques, ou les révélations fracassantes d’un vieux lieutenant-colonel à la retraite ? En ce qui concerne l’ouvrage de Corso, The Day After Roswell, de nombreux chercheurs ont insisté sur les invraisemblances et les graves erreurs qu’il comporte. Sa parution en juillet 1997, n’a pas arrangé la polémique qui ne cessait de s’amplifier autour de l’affaire du crash de Roswell. Pourtant, si l’on accepte l’idée qu’un engin d’origine extraterrestre s’est bien écrasé dans le champ d’un fermier du Nouveau-Mexique en juillet 1947, et que les militaires américains ont récupéré l’épave pour l’étudier, la thèse de Corso n’est pas si absurde que cela. Même si son livre n’est pas très crédible dans la façon dont il présente l’enchaînement des événements, il n’en reste pas moins que la thèse qu’il défend doit être soigneusement examinée. En définitive, la seule question qui se pose est celle de savoir (en admettant que nous possédions des éléments matériels appartenant à une autre forme de technologie) si nous sommes en mesure de comprendre le fonctionnement de cette technologie étrangère et si nous sommes capables de la reproduire pour notre usage ? La réponse à cette question dépend étroitement de l’écart évolutif qui existe entre les deux types de technologie. Si la technologie extraterrestre est beaucoup plus évoluée que tout ce que nous savons faire sur Terre, alors il y a peu de chance pour que nous soyons en mesure de la comprendre, et encore moins de la reproduire. Si au contraire l’écart évolutif est faible, nos chances de la comprendre augmentent considérablement. C’est comme s’il y avait un rapport inversement proportionnel entre l’écart évolutif et nos possibilités de compréhension.

Philip J. Corso succomba en juillet 1998 à une crise cardiaque, emportant son secret dans la tombe, et laissant aussi sa famille dans l’embarras. Courageusement, son fils essaiera de réhabiliter l’œuvre de son père, en confirmant point par point toutes ses révélations. Nous disons seulement « en confirmant », et non pas en prouvant point par point les allégations de son père. En l’an 2000, il avait annoncé, par exemple, la publication sur Internet de ses dossiers personnels, qui allaient, selon lui, encore plus loin que les révélations faites dans The Day After Roswell. Il semblerait, cependant, que ce projet n’ait pas encore vu le jour. Dans le

tome II des 16 Révélations de Steven M. Greer M.D., nous trouvons son témoignage datant d’octobre 2000. Mais là encore, nos attentes seront déçues. Nous ne trou vons rien, en effet, dans les propos recueillis par Steven Greer qui pourrait « redorer » l’image de feu Philip J. Corso Sr. Au contraire, le fils idéalise l’action de son père et renforce son côté « éminence grise » qui partageait les plus lourds secrets du XXe siècle avec les « grands de ce monde ». Exemple de dialogue entre « un grand de ce monde » et Corso : « Il a dit qu’Eisenhower lui a demandé d’où venaient ces créatures – je parle des créatures récupérées à Roswell. Papa a dit comme ça : On n’en sait rien. Il a dit (Eisenhower) : Qu’est-ce qu’ils veulent ? Papa a répondu : On ne le sait pas non plus. Alors Ike a dit : Eh bien Corso, quel est votre avis ? Que faut-il penser de ça ? Et Papa a dit que sa réponse à Ike avait été : Écoutez, nous sommes de vieux soldats, contentons-nous de ne rien dire. Mais ils (les E. T) ont violé notre espace aérien et nous devons donc les traiter en ennemis. » Sans même préjugé de la réalité de cette conversation, il faut avouer que son contenu informationnel est particulièrement pauvre et qu’elle ne brille pas par la hauteur de ses vues. Il est possible, malgré tout, que Corso se soit entretenu avec Eisenhower (Ike) puisque de 1953 à 1957 il a bien été en poste à la Maison Blanche au Conseil National de Sécurité, mais nous voulons croire que leurs entretiens étaient plus « étoffés » si je puis dire. Autre exemple de relations que Corso prétendait entretenir avec les « grands de ce monde » : « Il m’a dit qu’il avait reçu les enseignements de deux papes sur la signification de l’argent. C’est le marché qu’il avait passé avec eux pour leur avoir rendu certaines faveurs. Le Père O’Flanety et deux des papes l’ont fait profiter de leurs enseignements. » À quand la béatification de Corso ? Plus sérieusement, il semble que le fils, qui s’était fixé comme objectif de donner une meilleure image de son père, ne soit pas parvenu à réaliser ses ambitions. Bien au contraire, ses interventions maladroites ne font que renforcer l’opinion (vraie ou fausse) de ceux qui pensent que Corso n’était qu’un mythomane assoiffé de reconnaissance. À mon avis, la vérité est plus subtile et nuancée que ce que voudraient nous faire croire ses détracteurs. Je pense que Corso a livré des informations importantes dans son livre, mais comme souvent avec les ovnis, l’information côtoie étroitement la désinformation.